Genre et métier: Quand le pinceau et le bic font bon ménage

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« Le métier de peintre n’est pas uniquement l’apanage des hommes » dixit Safouratou  Kaboré. Elles se nomment Safouratou Kaboré et Adjaratou Naba, deux jeunes filles qui ont déjà pris leur avenir en main. Désormais elles combinent le métier de peintre à leur vie scolaire. Nous les avons rencontrées en pleins travaux de peinture dans la matinée du samedi 15 octobre 2016 sur le chantier de M. P. K. Ce chantier est constitué d’une série de magasins en finition non loin du restaurant « La Consolatrice » sur la route de Fada N’gourma  à la sortie Est de Ouagadougou. Safouratou Kaboré, agée de 22 ans, est en classe de 1ère D, au collège Saint Viateur de Ouagadougou ; tandis que Adjaratou Naba, 21 ans, est en classe de 2nd C au collège Marie Curie de Ouagadougou. Inscrites toutes en cours du soir. Votre journal Faso Amazone (FAm) a voulu en savoir plus sur leur quotidien :

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–  FAm : Comment êtes-vous venues à la peinture ?

– Les filles : Nous sommes venues à la peinture par amour du métier !

FAm : Quand avez-vous appris ce métier ? Et depuis quelle année l’exercez-vous ?

– Les filles : C’est depuis 2011 avec des camarades sur le tas.

– FAm : Depuis 2011 jusqu’à nos jours combien de maisons avez-vous peintes ?

– Les filles : Beaucoup de maisons, une centaine (100) environ.

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– FAm : Comment organisez-vous votre temps entre les études et ce travail ?

– Les filles : Nous travaillons sur le chantier dans la matinée et nous suivons les cours dans la soirée.

– FAm : Vos parents sont-ils d’accord pour que vous exerciez ce métier ?

– Les filles : Bien sûr !  Ils sont d’accord.

-FAm : Combien de temps durera ce chantier ?

– Les filles : Un mois, c’est-à-dire tout le mois d’octobre ; car ce chantier comporte 22 magasins au total soit 11 à l’intérieur de la cour et 11 autres à l’extérieur, face au goudron.

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– FAm : Quels sont le matériel et les matériaux que vous utilisez ?

– Les filles :  s’agissant du matériel il y a le roulot, le pinceau, les badjoints, les grattoirs, les planches ; les échelles, les seaux, etc.
Quant aux matériaux, il y a la peinture, la faume, la chaux, la teinture, l’eau, l’essence, etc

– FAm :   Pouvons-nous avoir une idée du montant de votre paye ?

– Les filles : Cela dépend du travail abattu et des produits utilisés. Si c’est avec de l’enduit c’est 10.000 Fcfa pour la la journée de travail et 6000 Fcfa si c’est avec du marmorex ; par contre, si c’est avec de la peinture simple c’est 5000 Fcfa pour lajounrée de travail et 4000 Fcfa pour les ouvertures la journée 4000. Dès fois on gagne 35.000 Fcfa par semaine voire plus.

– FAm : Quels sont les difficultés que vous rencontrées dans l’exercice de ce métier ?

– Les filles : Nous avons parfois des difficultés pour entrer en possession de notre note paye avec certains employeurs qui nous font chanter. Il y a ceux aussi qui ne respectent pas le contrat, c’est-à-dire qu’ils nous payent mal. ; il arrive par moment que nous tombions de l’échelle par manque de précautions et que nous nous blessions.
Etant des filles, les gens nous assaillent de questions sur le comment nous avons appris ce métier, d’où provient notre technicité et notre savoir- faire, etc.

– FAm : Quels sont vos bons souvenirs ?

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– Les filles : C’est quand nous décrochons un bon marché, c’est à dire un contrat consistant ; car ces bons marchés nous ont permis d’acheter des moyens de déplacement (motos), de payer nos études, de financer les études de nos frères et sœurs, et aider nos parents dans l’entretien de la famille.

– FAm : Que conseillez-vous aux jeunes filles qui veulent s’adonner à ce métier comme vous ?

– Les filles : Nous les encourageons à venir dans ce métier, qui n’est pas uniquement réservé aux hommes, car de nos jours tous les métiers sont ouverts aux femmes aussi et il n’y a pas de sot métier.

– FAm : Votre dernier mot ?

Nous invitons les gens à nous faire confiance, à faire confiance à la femme, de nous soutenir à aller de l’avant et de ne pas hésiter à nous contacter pour d’éventuels travaux. Nous sommes disponibles et voulons faire plus.
Faire confiance à la femme c’est la société qui gagne ».

Interview réalisé par Kevin Sawadogo

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