C’est une Amazone que nous avons rencontrée à son siège sis au quartier Wentenga, de Ouagadougou en ce début du mois de décembre 2016. C’est avec un franc parler que Mme ZenabouSegda Présidente de Women Environnement Programme Burkina,nous éclaire davantage sur tous les aspects du genre, notamment sur le concept, l’approche genre, le niveau de compréhension des uns et des autres sur la question. En quoi consistent les inégalités et les vulnérabilités sociales Etc.

Mme Zenabou SEGDA, présidente de Women Environnement Programme Burkina
Mme Zenabou SEGDA, présidente de Women Environnement Programme Burkina

Présentez-nous votre ONG et quel est votre domaine d’intervention ?

Women Environnement Programme est une ONG nationale Burkinabé. Une ONG qui travaille dans le domaine de d’environnement et des changements  climatiques. Nous faisons la promotion et la protection de l’environnement à travers le plaidoyer mais également la mise en œuvre des projets sur le terrain.
Une organisation basée sur le genre de ce fait nous faisons attention que ça soit dans le plaidoyer ou dans la mise en œuvre de nos projets  sur le terrain.

Le genre fait partie de vos projets mais concrètement en quoi consiste le genre ? Quand on parle du genre l’on a tendance à se focaliser sur la femme, selon vous le genre renvoi-t-il exclusivement à la femme ?

Pour faire simple, le genre ou utiliser l’approche genre, c’est faire du détail, ne pas globaliser, ne pas généraliser. Faire du genre c’est s’intéresser aux préoccupations, aux besoins, aux caractères individuels, aux vécus quotidiens de l’homme et de la femme et surtout des structures sociales qui sont nées de ces deux individus là. Je veux parler des groupes sociaux, de l’organisation sociale, des États, des pays, tout cela découle de l’organisation sociale  bien-sur née de l’homme et de la femme.

Selon vous concrètement quelles sont les composantes du genre ?

Je ne dirai pas des composantes, mais le genre s’appuie sur la construction sociale, des constructions qui entrainent des inégalités, et l’approche genre cherche à corriger ces inégalités de sorte à pouvoir tirer profit, faire participer au développement que ce soit la femme et les hommes.
Il s’agit donc de faire une analyse de situations dans le cadre du genre, et dans le cadre de la mise en œuvre des projets pour voir quelle est la préoccupation de l’un ou les préoccupations de l’autre, quels sont leurs besoins spécifiques ? Quelle est leur situations et pouvoir donc partir de çà pour rétablir une sorte d’équité de sorte à ce que tous les deux et les autres groupes puissent de manière efficace utiliser leurs potentialités pour participer au développement.
Donc si on veut retenir dans l’utilisation de l’approche genre des mots clés, il s’agit d’inégalité, ou de réparation d’inégalités en passant par le moyen de l’équité.

Selon vous pourquoi l’opinion publique assimile le genre à la femme ?

C’est dommage, mais c’est un fait, et j’espère qu’on arrivera à inverser cela. Je vous parlais tantôt de l’analyse de situation de genre, alors jusque maintenant lorsque l’on fait une analyse des situations, en général dans le cadre de n’importe quel projet qu’on prend, on se rend compte que les inégalités pèsent plus que sur la femme que sur l’homme. Alors régler le problème, ou résoudre donc ces questions de genre dans le cadre de la mise en œuvre des projets, nécessite entre griffe « réparation », c’est-à-dire corriger l’inégalité qui existe. Et pour corriger l’inégalité qui existe cela amène tous le temps les gestionnaires de projets à faire une attention particulière à la femme. C’est pourquoi l’opinion publique en général quand ont dit genre voit la femme, parce qu’à la fin on s’appuie sur la femme pour amener une sorte de rééquilibrage.

Tous ces disfonctionnements n’entrainent –ils pas des conséquences sociales ?

Les conséquences sociales qu’il peut y avoir sont subjectives. Cela peut arriver si l’un ou l’autre n’a pas compris. De prime abord il y a des rejets par rapport à ce principe, à cette approche genre, en général les hommes se sentent menacés quand on introduit l’approche genre. Si les hommes ont compris, c’est eux- mêmes qui accompagneront l’approche. Parce que l’approche n’est pas juste introduite, elle est introduite après analyse de situations, des besoins spécifiques de l’un et de l’autre.

On entend souvent parler de vulnérabilité dans ce domaine, Que veut dire vulnérabilité de genre ?

Il faut distinguer Vulnérabilité de Genre. Mais dans le cadre de la mise en œuvre des projets en général, vous savez que la femme, est située dans la grande fourchette des personnes vulnérables. On dit souvent chez nous que la pauvreté à un visage féminin.
Ce qui fait qu’automatiquement elle se retrouve tout le temps dans le groupe des personnes vulnérables. Mais cela n’est pas automatique pour des questions de genre. Parce que ça dépend de ce qu’on veut analyser, ça dépend du type de projet que nous avons, et donc pas de confusion entre Genre et Vulnérabilité.
Maintenant Comme je vous le disais en introduction on a des groupes spécifiques comme les personnes âgées, vous savez que dans les personnes âgées il y a les femmes et il y a les hommes.
Dans les personnes handicapées, il y a les handicapés femmes et les handicapés hommes. Je le disais tantôt que tous ces groupes sociaux c’est-à-dire comme on pourrait dire marginalisés ou en tout cas minoritaires découlent tous de la femme et de l’homme, il y a l’homme il y a la femme, il y a la jeune fille, il y a le jeune homme, mais pour ne pas systématiquement ouvrir très large car de toute façon on y viendra, si le projet nécessite qu’on n’y arrive.
Mais Le genre s’analyse à partir de la femme et de l’homme, avec des constructions sociales qui sont sur des deux groupes d’individus bien sûr en extrapolant et en élargissant aux groupes que ces personnes génèrent suivant maintenant le cadre que l’on veut analyser.

Quelles sont les causes des inégalités sociales et comment peut –on faire pour y remédier ?

Les inégalités sociales, c’est vrai, se rencontrent partout; dans les bureaux, dans nos institutions. Dans le gouvernement, quand on parle du nombre de femmes ou nombre d’hommes, tout cela à une origine et une base fondamentale que sont nos ménages. Les inégalités naissent à la maison, dans les familles. Quand on choisit de soutenir plus un garçon qu’une fille, d’inscrire un garçon à l’école au lieu d’écrire une fille, de donner en héritage une terre à un garçon que de donner à une fille et enlever une fille très tôt à l’école pour le mariage, c’est tout ça qui amène à des inégalités, on condamne la fille, la femme à cette pauvreté structurelle. Donc il faut que les choses changent au niveau de nos ménage.

Par Grégoire Yameogo

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