Nigeria : 82 lycéennes de Chibok libérées des mains de Boko Haram

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Plusieurs dizaines de jeunes filles ont recouvré la liberté, samedi. Quelque 200 lycéennes ont été kidnappées par le groupe terroriste en 2014.

C’est la fin de plus de trois ans de captivité. Quatre-vingt-deux lycéennes de Chibok ont été libérées, samedi 6 mai, des mains du groupe djihadiste nigérian Boko Haram, ont fait savoir un ministre, des sources de sécurité, le père de deux filles, et la présidence nigériane elle-même. Les quatre-vingt-deux lycéennes ont été échangées contre des membres de Boko Haram détenus, a expliqué la présidence.

« Le président est heureux d’annoncer que les négociations pour la libération d’autres filles de Chibok ont porté leurs fruits, avec cette fois, quatre-vingt-deux d’entre elles libérées », a déclaré Garba Shehu, porte-parole de la présidence, dans un communiqué publié dimanche.

« Les filles sont attendues à Abuja, et seront reçues par le président », qui « a exprimé sa profonde gratitude envers les agences de sécurité, l’armée, le gouvernement de la Fédération suisse, la Croix-Rouge, ainsi que les ONG locales et internationales », a-t-il ajouté.

L’annonce de leur libération, samedi, avait été confirmée par des sources militaires. Enoch Mark, père de deux jeunes filles enlevées, a déclaré en avoir été informé : « Nous avons été tenus au courant par le mouvement Bring Back Our Girls [BBOG, qui manifeste pour la libération des lycéennes depuis leur enlèvement] et par un officiel de l’Etat du Borno. C’est une excellente nouvelle pour nous. »

BBOG a déclaré, samedi, sur Twitter, que « les attentes sont grandes. Nous nous réjouissons d’entendre de manière officielle que cette nouvelle est confirmée et vraie ».

Flou sur l’état de santé des jeunes filles

On ignore encore l’état de santé des quatre-vingt-deux victimes. « Ça a l’air d’aller, mais elles ont l’air très maigres », a dit à l’AFP un membre d’un groupe d’autodéfense de Banki à propos des jeunes filles, dont l’une est, selon lui, accompagnée d’un enfant de moins de deux ans. Deux d’entre elles ont été amputées. L’une d’une jambe, à la suite d’un bombardement de l’armée nigériane sur des postes de Boko Haram, l’autre de la main, à cause d’une blessure infectée pendant sa détention, a-t-il expliqué à l’AFP.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) n’a pas souhaité commenter cette annonce de libérations, mais selon les témoignages obtenus par l’AFP, il a de nouveau apporté un important soutien logistique à cette libération. « Neuf véhicules du CICR sont arrivés à Banki par camion vendredi soir », a raconté une source militaire basée dans cette localité proche de la frontière avec le Cameroun. « Ils sont ensuite partis dans la forêt sans escorte et ont ramené les filles à 17 h 30 à Banki. »

Les anciennes captives ont passé la nuit dans des baraquements militaires de Banki, avant de partir pour Maiduguri (capitale de l’Etat de Borno) à 6 heures dimanche matin. Elles devaient y prendre un avion pour Abuja, la capitale fédérale, où elles étaient attendues dans la journée.

Vingt et une jeunes filles libérées en 2016

Après cette libération, il reste encore cent treize lycéennes de Chibok aux mains de Boko Haram. A la mi-avril, le Nigeria avait célébré avec tristesse le troisième anniversaire de l’enlèvement des deux cent soixante-seize jeunes filles kidnappées par le groupe djihadiste en 2014.

Relayé par les médias du monde entier, l’enlèvement de masse de ces deux cent soixante-seize adolescentes – dont cinquante-sept avaient réussi à s’échapper juste après le rapt – avait alors provoqué une vague d’indignation à laquelle de nombreuses célébrités mondiales avaient participé à coups de hashtags #bringbackourgirls (« Ramenez-nous nos filles »).

En octobre 2016, vingt et une jeunes filles avaient été libérées, pour certaines avec des enfants nés lors de leur captivité, après des négociations entre Boko Haram et le gouvernement, avec l’aide du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et de la Suisse. Le porte-parole de la présidence, Garba Shehu, avait alors affirmé que la libération de quatre-vingt-trois autres jeunes filles était en négociations, mais qu’elles étaient détenues par d’autres factions du groupe.

Source: MondeAfrique

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