SOCIETE: Les «garibous» errent et continuent d’errer

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Au Burkina des centaines de milliers d’enfants que des chiffres élèvent à plus de 50.000 errent quotidiennement à la recherche de leur pitance, parfois, très loin de leur domicile familiale. En échangeant avec eux, on constate que certains ne se souviennent plus très exactement de leur lieux de provenance. Ils semblent perdus dans la rue qu’ils parcourent seul ou en groupe. On les appelle les enfants de la rue ou les enfants dans la rue. Cependant pour la majorité de burkinabè ce sont les garibous que certains confondent avec les talibés qui sont des élèves des écoles coraniques qui ont des maîtres. Le phénomène des enfants de la rue qui circulent dans toutes les artères de la capitale, prolifère, un peu partout dans notre pays et au délà. Les gouvernements semblent ne pas avoir des remèdes  pour le contrer ou le diminuer. Des garibous  rencontrés dans la rue s’adonnent à la mendicité presque par nécessite.

En effet ayant quittés leurs parents(si ceux-ci vivent encore) ou leur grande famille oů ils étaient accueillis pour divers raisons. Soit donc sans tuteur à cause de leur très jeune âge, ils ne peuvent travailler. C’est à la belle étoile qu’ils dorment ou sur des cartons, des bancs dans des recoins ou à la devanture des magasins, des boutiques ou ateliers. Ils sont donc à la merci des moustiques et de tout éventuel danger nocturne. En tentant de s’organiser, ils arrivent parfois que de bonnes volontés-leur donnent des taudis ou ils s’entassent. Faméliques et souvent en haillons, ils semblent vivre malgré leur innocence d’enfant, dans un monde, ou la loi du plus fort domine. Des querelles de chiffonnier sont courantes entre eux, il demeurent toutefois soudés, car il n’est pas rare de les voir partager leur repas. Chercher dans la rue  ses moyens de subsistances avec des personnes innocentes ou toujours sollicitées n’est pas chose aisée.

Dans les concessions ou services dans lesquelles ils se présentent, ils n’ont pas forcément  bon accueil, à cause de leur accoutrement et de leur apparence misérables. A dire vrai, il y a des garibous qui regardent avec dédain la nourriture qu’on leur offre. Préférant des espèces sonnantes  et trébuchantes. Mais ne dit-on pas que c’est celui qui paie l’orchestre qui écoute sa musique ? celui qui demande ne doit pas refuser ce qu’on lui donne. Les mauvaises fréquentations corrompent les bonnes mœurs. Le risque pour les garibous de basculer dans la délinquance juvénile est  très élevé. Ils manquent crucialement d’éducation. Pourtant notre armature juridique stipule que tout enfant à droit à l’éducation.

A Orodara dans la province du Kénédougou un centre ()André  Duppont) avait vu le jour pour tenter d’accueillir  ces enfants en difficulté et  leur apprendre un métier. Certains sont devenus aujourd’hui des entrepreneurs. Il  faudra une batterie de mesure sociale pour atténuer ce phénomène,. Ce qui semble actuellement semble ne pas être actuellement à l’ordre du jour. Sans assistance sociale les enfants de la rue vivent comme dans des gangs. Ce qui est un terreau fertile ou va germer forcément les vices comme le vol, l’alcoolisme, la consommation de la drogue, de la cigarette et même peut-être la prostitution. L’attrait d’une vie meilleure est une illusion  poussant beaucoup d’enfants vers les villes, ou finalement, ils ne trouveront la rue comme refuge. Il faut donc les rencontrer dans les rues pour les aider, les conseiller, afin qu’ils rejoignent si c’est encore possible leur famille ou certains ont été rejetés ou bannis. C’est ce que tentent de faire certaines ONG comme la SAMU- SOCIALE SOCIALE, Burkina REMAR, l’Ordre de Malte ou la Croix rouge. L’action d’éducation en milieu ouvert(AEMO) est une structure étatique dont les éducateurs sociaux  vont à la rencontre de ces enfants  marginalisés ou abandonnés pour les socialiser un tant soit peu. Mais à leur grand dam la croissance des enfants de la rue dans nos villes est indéniable. A y penser on peut à juste raison avoir des motifs d’inquiétude sur l’avenir de ses gosses qui n’ont pas connus de chaleur familiale. Comment pourront-ils faire leur insertion sociale pour être demain des hommes responsables ?

Mamadou KONE  

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