Situation socio politique du Burkina Faso « si le gouvernement Rock s’acharne à vouloir voter ce projet de loi, ce qui est arrivé à Blaise sera moindre que ce qui va leur arriver » déclaration de la Coalition Bori Bana

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Les membres de la Coalition Bori-Bana
Ce jeudi 08 juin 2017 à Ram Hotel de Ouagadougou, la coalition Bori-Bana à tenu à se faire entendre  du  public sur  la situation socio politique du Burkina faso. Voici la substance
Les femmes et hommes de média
Les femmes et hommes de média

Déclaration liminaire

Mesdames et messieurs les journalistes,

Nous saluons votre constante disponibilité à faire échos des activités que nous organisons de façon générale, notamment celle de Bori-Bana depuis que ce mouvement a été porté sur les fonts baptismaux.

Comment pourrons-nous rester silencieux face au mutisme de nos gouvernants ? face aux multiples difficultés qui traversent les différents secteurs d’activités socio-économiques de notre pays ? La situation nationale va de mal en pis et, nous ne saurons fermer les yeux sans tirer la sonnette d’alarme face aux dérives graves, qui frisent le manque de volonté politique à apporter des solutions aux souffrances des populations.

Nous en voulons pour preuve la situation sécuritaire qui se dégrade dans le Nord notamment à Djibo avec ce dernier regain de violence causant des morts parmi nos concitoyens. Nous avons toujours décrié une sécurité qui ne rassure pas parce que, nos gouvernants au lieu de traiter avec toute la rigueur et l’engagement qui sied cette question d’insécurité en dotant de matériels adéquats nos vaillants hommes de sécurité, aiment plutôt à se contenter de poser des actions d’éclat dans le seul but de dérober le regard du peuple sur les véritables problèmes.

Le dernier rapport de l’Autorité supérieure de contrôle de l’Etat et de la lutte contre la corruption (ASCE-LC) a achevé de convaincre que l’administration publique est passée pour championne dans les détournements de deniers publics. Plus d’une trentaine de milliards de FCFA ont été détourné. C’est le lieu pour les dirigeants de faire montre de leur volonté de rupture d’avec les pratiques anciennes, qui consistent à protéger les coupables en engageant des actions judiciaires contre de telles sangsues de la république. C’est en cela, que ces actes non dignes du Burkinabè intègre, ne vont pas s’estomper comme d’habitude dans le registre d’impunité, qui ne fait que s’allonger dans notre pays.

L’impunité a pignon sur rue dans tous les secteurs d’activités. Que cela soit au niveau de la justice, des actions vigoureuses, sont en attente d’être posées pour assouvir la soif de justice du citoyen Burkinabè. L’impunité est devenue un terreau fertile de développement de la justice privée, qui est en passe d’être le mode de règlement prisé sous nos cieux. Comparaison n’est pas raison, a-t-on coutume de dire. Mais, l’inaction de nos gouvernants, face à certaines situations urgentes donnent à réfléchir.

Par exemple au Ghana, le lynchage d’un capitaine a donné lieu à des arrestations promptes et à des actions expéditives afin que justice soit rendue. Cela devrait inspirer nos gouvernants et surtout notre justice à poser des actions pour apaiser la rancœur sociale et les cœurs meurtris. Une fois de plus, nous ne nous lasserons pas de citer le cas de l’artiste Adja divine qui a subi la furie des groupes de personnes épris de violence. Dans un Etat de droit démocratique, issu d’une insurrection populaire telle que menée par nos vaillantes populations, ces genres d’actes n’ont pas droit de cité.

Mesdames et messieurs,

Au plan énergétique, la fourniture de l’énergie a été promise lors des élections, pour booster le développement de notre pays. Jusqu’à présent, rien n’y fit, parce qu’au contraire, les coupures intempestives sont devenues le lot quotidien du Burkina surtout dans la capitale, vitrine du pays. Cette situation dissimule moins l’incapacité de la société nationale Burkinabè d’électricité (SONABEL) à satisfaire le besoin énergétique de notre pays. Il faut, sans doute une meilleure gestion de cette société qui est restée longtemps la vache laitière des gouvernants. Il faut que cela cesse définitivement et que les efforts soient conjugués dans le sens l’intérêt unique du peuple pour que l’électricité soit la chose la mieux partagée. Comment envisager un développement sans des services d’électricité adéquats et performants ?

C’est pourquoi, notre coalition exige un audit de la SONABEL et la publication de la liste des débiteurs. Le délestage côtoie la mauvaise qualité de services offerts par les sociétés de téléphonie mobiles, qui n’ont d’égard que d’engranger de gros profits au détriment de la satisfaction de la clientèle. Dans ce contexte, nous nous demandons ce qu’attend l’ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes) pour mettre de l’ordre dans ce désordre instauré comme la règle de principe dans le secteur des télécommunications ? A moins d’être complice de cette situation, des actions doivent être engagées sans délai pour résoudre le problème.

Mesdames et messieurs les journalistes, le centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo, qui est le baromètre des centres sanitaires de notre pays, est malheureusement en proie d’être le mouroir de nos populations tant les conditions de travail des agents et de soin des patients ne sont pas au rendez-vous des exigences du moment. En effet, cet hôpital a une capacité d’accueil dépassée et en dépit des promesses électorales d’améliorer les conditions sanitaires, c’est le statuquo dans cet hôpital qui devrait pourtant être un hôpital de référence. La santé est le premier trésor de l’homme et il n’y a pas de raison que le domaine sanitaire soit abandonné à un triste sort.

C’est dans ce contexte national empreint de difficultés de toute nature, qu’un nouveau code électoral est en cours d’élaboration alors que les dispositions de ce nouveau code constituent un condensé qui remet en cause les acquis et les libertés démocratiques chèrement acquis par nos vaillantes populations à travers des luttes héroïques. Parlant de mise en cause des libertés, cela est perceptible à plusieurs niveaux à savoir sur le plan syndical avec la proposition de loi visant à réduire voire retirer le droit de grève aux agents publics. Ce n’est pas fortuit si cette proposition de loi a été purement et simplement rejetée par l’Unité d’action syndicale. Les mêmes actions liberticides sont développées par nos gouvernants à l’endroit des organisations de la société civile, qui, pourtant, devraient jouer pleinement leur partition en mettant le doigt sur les problèmes afin que leurs résolutions puissent apporter une plus-value nationale.

Nous déplorons les actions actuellement planifiées par certains envoyés de nos gouvernants dont nous tairons les noms. Lesquelles actions à desseins funestes visent à intensifier leur plan de menaces, de pressions et de sabotage des organisations de la société civile depuis la création de Bori Bana. Nos membres sont courtisés par les gouvernants à travers les propositions de toutes sortes, mais, la détermination et l’engagement sans faille des uns et des autres mettront toujours à échec ces initiatives de sabotage des actions de nos OSC (Organisations de la société civile).

D’autres envoyés des gouvernants seraient dans l’attente du président de l’Assemblée nationale pour recevoir de l’argent afin de faire des sorties médiatiques pour ternir l’image et dénigrer les OSC patriotes qui ne jouent simplement leurs rôles de veilles citoyennes. Nous avons également échos que certains auraient reçu des dizaines de millions de FCFA, qui, au lieu d’être investies dans le sens de l’assouvissement des besoins de nos populations, seraient détournées pour saper nos actions que nous menons pourtant, dans l’intérêt supérieur du peuple.

Ceux qui mènent ces actions ont certainement oublié le passé récent. Il vous souviendra que le président du Faso, lui-même quelques semaines après son élection, s’est rendu à une de nos activités. Il a salué l’engagement de la jeunesse et a exhorté nos structures à jouer leur mission sans ambages. Aujourd’hui qu’a-t-il changé pour que les OSC fassent l’objet de traque de nos gouvernants ?

Mesdames et messieurs les journalistes,

Depuis le lancement de la Coalition Bori Bana, le 28 mai 2017 à la maison du peuple, notre Coalition fait l’objet de plusieurs attaques sur les réseaux sociaux et dans les médias tendant à discréditer notre coalition. Notre sortie médiatique de ce jour a pour objectif de dénoncer ces allégations mensongères orchestrées par le parti au pouvoir et ses OSC satellites. Ces Individus mal intentionnés véhiculent des messages insolites dont eux seuls connaissent leurs sources et disposent des preuves matérielles. Ce sont ces mêmes griots spécialisés dans la diffamation, la délation qui ont monté un mensonge grotesque comme quoi notre coalition a reçu de l’argent de l’extérieur pour déstabiliser le Burkina Faso, notre chère patrie que nous aimons tant.

Mesdames et messieurs les journalistes,

Il vous rappelle que depuis la prise du pouvoir du MPP, toute association ou leaders d’opinion qui dénoncent la mal gouvernance et l’amateurisme de ce pouvoir est taxé de putschiste ou de complotiste. Il vous rappelle que ce même pouvoir habitué aux média-mensonges et à la désinformation a qualifié l’opposition politique, les syndicats et mêmes certains leaders d’opinions d’avoir des velléités de déstabilisation du pouvoir actuel.

Aujourd’hui, c’est notre coalition qui subit cette stratégie machiavélique et dépassée du parti au pouvoir. C’est pourquoi, nous disons qu’en dehors des accusations non fondées, ce pouvoir n’a rien à proposer comme projet de développement à ce peuple. Si ce n’est pas faire sortir des OSC pro parti au pouvoir pour déranger ceux qui portent des critiques objectives à la gouvernance, c’est acheté des jeunes désœuvrés et affamés pour insulter les honnêtes citoyens sur les réseaux sociaux.

Nous leur disons qu’ils peuvent continuer leurs sales boulots ténébreux et digne d’une époque connue de tous les burkinabè, mais nous allons continuer à dénoncer les tares de la mal gouvernance, de la duperie du parti au pouvoir. C’est notre rôle premier qui est d’interpeller le gouvernement sur les dérives n’en déplaisent aux griots et autres coursiers hostiles aux dénonciations.

Nous n’allons pas attendre la fin du mandat du président Rock Marc Christian KABORE pour le juger car lui-même et son équipe de campagne ont dit partout « donnez-nous le pouvoir et en cent jours, le MPP transformera le Burkina Faso ». L’heure du bilan à mi-parcours est là et têtu, plus d’une année et demi après sa prise du pouvoir, la gestion se limite aux activités quotidiennes de gestion du pouvoir d’Etat, laissant le pays dans une situation économique inquiétante et désolante.

Mesdames et messieurs,

Ce n’est pas la Coalition Bori Bana qui dit que rien ne va dans ce pays. Lors du passage du premier ministre à l’hémicycle, voilà ce que le chef du parlement disait à ce dernier que je cite : « Aujourd’hui, quand on dit que le taux de croissance est à 7,8%, cela ne dit rien au paysan de Logobou quand il n’a pas de route, d’école ; mais votre taux de croissance ne signifie absolument rien » et d’ajouter : « … Donc, il ne faut pas balayer des revers de la main les critiques de l’opposition aujourd’hui, les gens souffrent dans certaines parties du pays à cause du manque d’eau, de routes, d’écoles, de centres de santé. » Ces propos ont été tenus à l’hémicycle, mais, nous n’avons pas une OSC pro pouvoir hostile aux critiques faire une sortie médiatique sur les propos du PAN. Raison pour laquelle, nous leur disons qu’ils peuvent sortir, louer le prince, dire que le pays se porte bien, mais la réalité est toute autre chose.

Le dernier acte en date est la visite du premier ministre au Centre Hospitalier Universitaire Yalgado OUEDRAGO, où ce dernier a été hué devant la presse nationale et internationale. Est-ce un fait de notre Coalition ? Non ! Le peuple a une conscience éveillée, est conscient de ses aspirations, et refuse désormais la démagogie et le populisme à outrance, et pour cela nos dirigeants doivent comprendre que les périodes d’achat de conscience et de mensonges dans la gouvernance sont révolues. Tout ce que le peuple demande, c’est le respect strict des engagements pris devant le peuple. Ce qui est arrivé au premier ministre doit amener nos dirigeants à la réflexion et aux actions concrètes.

Mesdames et messieurs les journalistes, au regard des multiples difficultés que vivent les Burkinabè, notre engagement demeure sans faille et ne peut faire l’objet de marchandage pour quelque raison que ce soit.

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