Cité villa Universitaire des étudiants handicapés de Zogona : les étudiants demandent un cadre plus spacieux

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Entreprendre des études universitaires, n’est pas une sinécure. Cela peut même être une pénitence lorsqu’on se retrouve, une vingtaine d’étudiants dans une villa.
 C’est le cas des étudiants ayant un handicap, vivant dans la cité villa universitaire de Zogona que nous avons rencontré pour vous. Dans les lignes qui suivent KIEMA Boukary le Président de l’Association des élèves et étudiants handicapés du Burkina, étudiant en année de Master option Gestion des Projets nous relate les conditions parfois difficiles auxquelles sont confrontés ces amis et cela pour pouvoir se faire une place au soleil.
Cité villa des étudiants et étudiantes vivant avec un handicap
Cité villa des étudiants et étudiantes vivant avec un handicap

Présentez- vous svp

Je m’appelle Kiema Boukary. Je suis le président de l’association des élèves et étudiants handicapés du Burkina(AEEHB). Cette association a vu le jour le 30 juin 1995. Nous œuvrons à l’amélioration des conditions de vie et d’études de nos membres.

M. Boukary KIEMA, Président de l'association des étudiants handicapés
M. Boukary KIEMA, Président de l’association des étudiants handicapés

Quelles sont vos conditions de vie et d’études ?

Ici à la cité – villa, nos conditions de vie sont lamentables. Au départ, il existait 2 cités, l’une a été fermée pour impayés de loyer. Ceux qui y habitaient, ont été dirigés vers la 2ème qui était déjà remplie. Cela fait qu’aujourd’hui les étudiants dorment à 4 ou 5 et certains sont obligés de dormir au salon par manque de place.

Nous avons entrepris des demandes avec le centre National des œuvres universitaires (CENOU) pour qu’on nous trouve un local, plus spacieux. Ici, les étudiants sont au nombre de 24. Au départ, ils étaient 12, et ceux qui étaient dans l’autre cité sont venus les rejoindre.

Est- ce que la question du genre est respectée ?  

Étudiantes et étudiants vivants avec un handicap
Étudiantes et étudiants vivants avec un handicap

Depuis l’année passée la question du genre n’est plus respectée. La chambre réservée pour les filles s’est vue occupée parce qu’une seule fille l’habitait.

Elle a été priée à partir afin que des garçons prennent sa chambre. Cette année, il y a des étudiantes qui ont voulu venir habiter à la cité villa mais par manque de place elles ont été dirigées vers les autres cités universitaires.

Après 20 ans d’existence quel bilan peut faire l’association des élèves et étudiants handicapés du Burkina ?

Les étudiants handicapés à l'issue d'une formation avec les encadreurs en janvier 2017
Les étudiants handicapés à l’issue d’une formation avec les encadreurs en janvier 2017

Nous pouvons mettre à notre actif le recrutement de 96 diplômés handicapés dans la fonction publique grâce à nos plaidoyers continus. Nous avons également obtenu des partenaires comme l’UNICEF, Handicap International, Light For The World, FEBAH, ReNOH, UN-ABPAM, CEFISE… qui œuvre en faveur des personnes handicapées, et qui nous accompagnent. Il y a également l’Etat Burkinabè qui nous soutien techniquement mais l’heure actuelle la subvention financière a été suspendue. Actuellement nous avons obtenu des bourses pour des étudiants handicapés. L’un de nos membres est en France ou il suit des cours en sciences juridiques. Nous avons aussi des camarades que nous avons pu placer, à l’université nous payons la moitié de la scolarité. Nous avons pu doter le maximum de nos membres de cannes blanches, des fauteuils roulants médicalisés, des fauteuils roulants électriques, des verres correcteurs et des motos…

Les étudiants vivant avec un handicape ont posé pour la prospérité
Les étudiants vivant avec un handicape ont posé pour la prospérité

 Il y a également des bourses intermédiaires que nous avons pu avoir grâce à la journée internationale de la solidarité organisée chaque année par le ministère en charge de l’action sociale. Nous assurons chaque année au minimum 50 étudiants à la Mutuelle Nationale de Santé des Etudiants Burkinabè (MUNASEB), achetons également des coupons de tickets de restauration que nous distribuons de temps en temps.

Nous travaillons aussi à la prise en charge des besoins spécifiques de nos membres et à la sensibilisation sur toute l’étendue du territoire et notons qu’à ce jour nous disposons de 9 sections.

 

Propos recueillis par Mamadou Koné

www.fasoamazone.net

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