Le burkinabè vit au-dessus de ses moyens : chronique d’un faux débat

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Le Premier ministre burkinabè, Paul Kaba Thiéba, a sacrifié à la tradition ce jeudi 12 avril 2018. Il s’est adressé à la Nation sur la situation nationale a l’Assemblée nationale. Dans son discours sur la situation de la nation, il a affirmé plusieurs choses notamment « le Burkina Faso is back » ainsi que : « Nous vivons au-dessus de nos moyens », notant que c’est « insoutenable ».

« Nous voulons un Burkina responsable », a dit le chef du gouvernement lors de son adresse à la Nation le jeudi 12 avril 2018 devant les honorables députés. D’après lui, le Burkina vit au-dessus de ses moyens. À cet effet, il laisse entendre que les dépenses en personnel sont passées de 332,34 milliards FCFA en 2012 à 618 milliards FCFA en 2017, soit une variation de plus de 86%. Par contre, selon M. Thiéba, la richesse nationale, sur la même période n’a augmenté que de 5% et la masse salariale de 11% .Pour le Premier ministre, ce n’est pas ainsi qu’on pourra financer les investissements.

C’est dans le but de résoudre ce problème et de réconcilier les Burkinabè avec leur fonction publique que le gouvernement a lancé la conférence sur le système de rémunération des agents de l’État. Pour lui, l’objectif de cette conférence est de « rétablir les fondements d’équité, de justice et d’égalité ». Également cette conférence vise à « dégager une épargne budgétaire pour pouvoir financier l’investissement prioritaire du Plan national de développement économique et social (PNDES) et (garantir) la soutenabilité des finances publiques ».

Si le Burkinabè moyen vit au-dessus de ses moyens comme le prétend le Premier ministre, que dire du luxe insultant dans lequel est le gouvernement qu’il dirige. La ceinture doit être serrée par tous. Si un effort doit être fait, il le doit par l’ensemble des burkinabè et non par groupe. C’est ce que l’honorable Tahirou Barry a une fois de plus dénoncé lors de sa prise de parole en ces termes. « Je remarque un train composé de 2 wagons, l’un dans un luxe insultant et l’autre gisant dans la pauvreté et l’indifférence ». Aussi vrai que le poisson pourrit par la tête, l’exemple aussi doit venir d’en haut c’est-à-dire des autorités.

Justin Ouattara/www.fasoamazone.net

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