Les fidèles chrétiens, à l’instar des chrétiens du monde entier ont célébré hier 14 février, le mercredi des cendres. Ce jour marque le début du carême, période de 40 jours qui se termine par la Passion et la Résurrection célébrée à Pâques.

La Paroisse St Albert le Grand de la Rotonde a sacrifié à la tradition. Ils étaient des milliers à s’y rendre pour recevoir de la cendre en croix sur leurs fronts. Le prêtre célébrant a invité

à la prière, au jeune, au partage et surtout au pardon.« C’est le moment pour tous, d’implorer le pardon du Seigneur, pour nos fautes et nos manquement », indique Abbé Anatole Tiendrébéogo , vicaire général de la Paroisse St Albert le Grand lors de son homélie ce mercredi 14 février 2018 a l’occasion du mercredi des cendres.Cette demande de pardon pour Abbé Anatole passe nécessairement parla prière et le jeûne. Il laisse entendre que le jeûne ne doit pas être un poids pour le chrétien. D’après lui, notre mine et le comportement ne doit pas présager que nous sommes à jeun. « Nous devons être joviale et être discret et ne pas se montrer en spectacle», soutient le vicaire général de la paroisse. Il a appelé également au partage car pour lui,c’est la seule Voix du Salut. Ces propos de Jean Paul II, qu’il a rappelé est très illustratif : « Le bien que l’on fait, le ciel le rend. Le bien que l’on garde, le terre le prend. On ne donne jamais rien sans l’avoir reçu et tout ce qui n’est pas donné est perdu ». Mercredi, pourquoi les cendres ? Quel symbolique ?Le Carême s’ouvre avec la célébration des Cendres.
Un rite à forte symbolique biblique, qui s’est imposé tardivement dans la liturgie. Dans la Bible, les cendres sont le signe qui exprime la tristesse de l’homme devant le malheur. «Me voici pareil à la poussière et à la cendre», crie Job après avoir tout perdu (Jb 30, 19) tandis que Tamar, fille de David, «répandit de la cendre sur sa tête» après avoir été violée (2S 13,19). Se couvrir de cendre, voire se rouler dans la cendre, est donc logiquement devenu aussi le symbole du
deuil : «Ô fille de mon peuple,revêts-toi de sac et roule-toi dans la cendre ! Prends le deuil», demande Jérémie à Jérusalem (Jr 6, 26).
Plus profondément, la cendre est indissociable de la poussière les traducteurs grecs de la Bible emploient souvent un mot pour l’autre renvoyant à celle d’où l’homme a été tiré avant que Dieu ne lui insuffle la vie. «Tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière», chante ainsi le psalmiste (Ps 103, 29) alors que Dieu met en garde Adam : «Tu es poussière, et à la poussière tu retourneras» (Gn 3,19).La cendre symbolise ainsi le néant de l’homme devant l’absolue transcendance du Dieu qui se révèle à Moïse à travers un buisson ardent qui, lui, ne se consume pas.
Elle est donc, logiquement, l’état auquel retourne le pécheur qui se détourne de Dieu. Ainsi l’idolâtre «qui se repaît de cendre» (Is 44,20) et dont le «cœur n’est que cendre» (Sg15, 10). C’est aussi la cendre que les prophètes promettent aux pécheurs : «Sur la terre, je te réduis en cendre», prévient Ézékiel (Ez 28,18) ; «les méchants (…) seront de la cendre sous la plante de vos pieds», annonce Malachie (Ml 3, 21). Par analogie, c’est donc en se couvrant la tête de cendre que les pécheurs reconnaissent leur état et deviennent des pénitents : le roi de Ninive après la prédication de Jonas «se couvrit d’une toile à sac, et s’assit sur la cendre» (Jon 3, 6).Mais, pour la Bible, ce geste de pénitence anticipe aussi la victoire pour qui s’engage à faire confiance à Dieu.
C’est le cas pour Judith qui, pour prier Dieu avant de combattre le Babylonien Holopherne, «répandit de la cendre sur sa tête et ne garda que le sac dont elle était vêtue» (Jdt 4,11). D’ailleurs, pour Isaïe, le Messie se manifestera en venant «consoler tous ceux qui sont en deuil» et «mettre le diadème sur leur tête au lieu de la cendre» (Is 61, 3).
Justin Ouattara/fasoamazone.net