Leadershif féminin: Des femmes burkinabè rejoignent un programme pour promouvoir des systèmes et politiques agroalimentaires équitables

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 Onze Burkinabè font partie des 50 femmes africaines sélectionnées pour la deuxième cohorte du programme de formation GRASP (Gender Responsive Agriculture Systems Policy), une initiative d’African Women in Agricultural Research and Development (AWARD) financée par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).

Ce programme d’AWARD promeut l’émergence d’un réservoir de femmes africaines pour catalyser la conception et la mise en œuvre de politiques agricoles sensibles au genre à travers l’Afrique.« À l’époque de nos grands-parents, il y avait tellement d’espace que lorsque le sol était épuisé, il suffisait d’aller défricher ailleurs. Aujourd’hui nous n’avons plus ce privilège, notamment à cause de la spéculation foncière », explique Servienne Sebgo, directrice régionale des Ressources Agricoles, Animales et Halieutiques du Centre au Burkina Faso et bénéficiaire du programme d’AWARD.

« Au Burkina Faso, les femmes rurales n’ont pas accès aux terres fertiles. Elles héritent le plus souvent des terres les plus pauvres et dégradées, d’où l’importance de les former pour mettre en valeur leurs terres », ajoute-t-elle.

Pour relever les défis auxquels les petits exploitants sont confrontés et réduire les disparités entre les sexes dans les systèmes agroalimentaires, un changement politique transformateur est nécessaire – un objectif clé du programme de formation sur les systèmes agricoles et politiques sensibles au genre (GRASP).

Pour sa deuxième phase, l’initiative GRASP a ciblé six nouveaux pays : le Burkina Faso, l’Éthiopie, Madagascar, le Mozambique, le Rwanda et le Sénégal. Les candidats sélectionnés ont au moins 10 ans d’expérience dans les politiques agricoles et alimentaires aux niveaux national, régional ou continental, la plupart travaillant dans les sciences sociales.

Dans le cadre de leur formation, les bénéficiaires du programme GRASP (encore appelés “GRASP Policy Fellows” ou “AWARD Policy Fellows”) apprennent à devenir des négociateurs efficaces, à perfectionner leurs compétences pour concevoir des politiques sensibles au genre et à établir des relations de collaboration avec diverses parties prenantes de ces politiques.

Ils reçoivent également un financement catalyseur et un accès à des réseaux pour leur permettre de conduire des processus de politique agricole intégrant le genre.

Innovations agricoles« J’ai des oncles qui pratiquent l’agriculture dans des zones arides, où la saison des pluies peut être très courte. Leur production était rarement suffisante pour les nourrir », raconte Irène Baowendsom Ouédraogo, ingénieure de recherche et agroéconomiste à l’Institut de l’Environnement et de la Recherche Agricole du Burkina Faso et et bénéficiaire du programme d’AWARD.

« Il était souvent question des maladies qui avaient détruit les cultures ou le manque de pluies », se souvient-elle. Voir sa famille lutter a motivé Irène à trouver des solutions en matière de développement agricole, et elle travaille actuellement avec les producteurs pour déterminer leurs besoins et recommander des innovations afin d’améliorer la productivité.

Particulièrement soucieuse de promouvoir l’inclusivité, elle confie : « Je veux appliquer une approche genre et pouvoir tenir compte par exemple des caractéristiques souhaitées par les femmes, afin que les variétés proposées conviennent à tous.».

Kadidia Dao Doro, agronome au Secrétariat Permanent pour la Coordination des Politiques du Secteur Agricole et AWARD Policy Fellow, s’efforce également de promouvoir la transformation agricole.

Elle a passé une grande partie de sa carrière à conseiller les producteurs sur des questions telles que l’irrigation, la production céréalière et le maraîchage – et, suite à un stage de formation en Israël en 2014, Kadidia a co-fondé une association de femmes pour le développement rural.

Cette initiative aide les coopératives dirigées par des femmes à fertiliser les sols grâce au compostage et à la gestion des ressources en eau pour le maraîchage. « Malgré des ressources en eau limitées, il y en a assez pour l’agriculture et pour d’autres usages.

J’ai compris qu’il était possible d’avoir des activités agricoles même dans le désert si on sait bien gérer l’eau », affirme-t-elle.

Autonomisation des femmes,

Laetitia Rahamata Koudougou, présidente d’un consortium d’organisations de femmes rurales de premier plan au Burkina Faso et bénéficiaire du programme d’AWARD, estime que les politiques de soutien aux femmes rurales dans l’agriculture sont essentielles à la transformation du secteur.

Depuis plus de 20 ans, elle se concentre sur l’autonomisation des femmes et des filles en zones rurales et péri-urbaines qui subissent des violences basées sur le genre et se voient refuser l’accès à leur propre terre.

« Mon but est de permettre aux femmes des zones rurales de comprendre les politiques foncières et les systèmes agricoles, ainsi que le rôle qu’elles jouent dans leur mise en application, de sorte qu’elles puissent contribuer à résoudre les problèmes qu’elles rencontrent pour avoir accès aux terres », dit-elle.

« Au Burkina Faso, la commercialisation et la transformation sont souvent l’affaire des femmes. Mais malheureusement, elles ont difficilement accès au crédit et manquent souvent de connaissances et techniques pour leurs activités. », explique Carine Alexandra Marlyne Sédogo, AWARD Policy Fellow et Ingénieure de recherche et spécialiste en agroéconomie à l’Institut de l’Environnement et de la Recherche Agricole (INERA).

Carine s’intéresse à la transformation et à la commercialisation des produits agricoles – un domaine qui, selon elle, « ne reçoit pas autant d’attention » que la production. Elle espère que le programme de formation GRASP améliorera son expertise et lui permettra de prendre en compte le genre dans ses activités.

Apprentissage transformateur,

Dans le cadre du programme de mentorat du GRASP – qui associe chaque boursier à un professionnel senior des politiques – Laetitia a été associée au Dr Pascaline Coulibaly-Lingani, sociologue de l’environnement à l’INERA.

Laetitia espère acquérir des connaissances pratiques auprès de son mentor sur l’élaboration de politiques sensibles au genre ciblant le secteur agricole – des compétences pertinentes qu’elle pourra appliquer dans son poste actuel.

« En tant que consortium, nous voulons effectuer des recherches à l’échelle du pays sur les femmes dans l’agriculture, et je pense que ce programme renforcera ma capacité à diriger une telle étude», dit-elle.

Irène a entendu parler du programme GRASP grâce à un groupe de femmes scientifiques qui partagent des opportunités entre elles et affirme: « J’ai tout de suite pensé que c’était une bonne occasion pour renforcer mes capacités et apprendre davantage sur la thématique du genre en rapport avec les politiques agricoles ».

Elle espère que cette initiative lui permettra d’acquérir les compétences dont elle a besoin pour mieux analyser les solutions et les politiques agricoles – des compétences utiles dans ses projets participatifs avec les agriculteurs.

Pour plus d’informations sur le programme GRASP, cliquez ici.

Vous pouvez également contacter J.Onyango@cifor-icraf.org pour plus de détails.

Nelessi

FASOAMAZONE.NET

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