Sous-représentativité des femmes dans le gouvernement : Les femmes du Sénégal comptent rencontrer le président Bassirou Diomaye Faye

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Le Caucus des femmes leaders en politique a été reçu en audience, jeudi, par le président de l’Assemblée nationale, Amadou Mame Diop, en 2023

Ceci est une analyse de Clémence Cluzel,  sur la réprésentativité des femmes du Sénégal  de son article « Sénégal, où sont les femmes » dans le gouvernement Sonko 1?. Pour elle la question mérite d’être posée. Plus d’un mois après la formation et l’annonce du gouvernement du Premier ministre Ousmane Sonko, la faible représentativité  des femmes fait vivement réagir.

Depuis l’annonce de la composition du nouveau gouvernement le 6 avril dernier par le Premier ministre Ousmane Sonko, la déception et l’inquiétude ne retombent pas au Sénégal.  Sur 25 ministères et 5 secrétariats d’État, seulement quatre(04), femmes ont été nommées par le nouveau pouvoir, pourtant pourfendeur de la rupture.

Le taux de représentation des femmes, déjà faible dans le dernier gouvernement de Macky Sall,  soit de 18 % – est désormais descendu à 13.3 %. « On s’attendait vraiment à ce qu’il y ait une rupture complète avec ce nouveau régime et qu’au moins les acquis puissent être préservés mais nous avons été très choqués », explique Arame Gueye Sene.

Spontanément, un groupe WhatsApp, composé majoritairement de femmes, mais aussi d’hommes, déçus par ces nominations, se crée pour réfléchir aux actions à entreprendre afin de « marquer leur désenchantement ». Leur déclaration, publiée le 7 avril, récolte plus de 1 200 signatures et le soutien d’une cinquantaine d’organisations, avant qu’un cadre de concertation citoyen pour le respect et la préservation des droits des femmes et des filles ne se constitue pour porter le message. La mobilisation, loin de faiblir, a lancé samedi 4 mai un manifeste pour dénoncer la sous-représentativité des femmes dans les instances de gouvernance et demander leur participation dans celles-ci ainsi que dans la prise de décision des politiques publiques. Le document a été remis au gouvernement et au ministère de la famille.

Manque de représentativité et inquiétudes

Toutes obédiences, milieux sociaux mais aussi d’un certain âgés, aussi bien femmes qu’hommes constituent ce mouvement car « cela dépasse largement les principes et valeurs féministes », précise Mme Gueye Sene.

Vue comme une « régression » par de nombreuses citoyennes sénégalaises, les critiques dénoncent un « manque de volonté politique ». « Il y a énormément de femmes compétentes dans tous les secteurs. L’argument d’absence de femmes compétentes pour occuper ces postes est une excuse.

Les compétences d’une femmes sont toujours questionnées, mais la question ne se pose jamais pour les hommes. Le fait d’être un homme semble suffisant ! » pointe Arame Gueye Sene. Elle souligne ainsi l’importance de déconstruire les clichés et stéréotypes, encouragés par les facteurs socioculturels, reflet du patriarcat de la société sénégalaise. « Certaines femmes ne voient pas le problème et trouvent des excuses… Il y a un manque d’informations évident, notamment sur les luttes qui ont permis d’acquérir les droits des femmes », développe-t-elle.

Nelessi

Fasoamazone.net.

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