Abidjan, Lundi 8 décembre 2025
Réélu à la magistrature suprême(89, 77%), le Président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Dramane Ouattara, a été officiellement investi ce lundi 8 décembre 2025, ouvrant ainsi un nouveau quinquennat stratégique, présenté comme celui de la consolidation, de la transformation structurelle et de la transmission générationnelle.
Dans un discours solennel et programmatique, le Chef de l’État a dévoilé les priorités majeures qui guideront son action au cours des cinq prochaines années, avec une ambition clairement affichée : faire émerger une Côte d’Ivoire plus souveraine, plus compétitive et durablement prospère.
Une économie tournée vers la transformation locale et la souveraineté
Au cœur de cette nouvelle vision, Alassane Ouattara a réaffirmé sa volonté de rompre avec la dépendance aux exportations de matières premières brutes, en accélérant la transformation locale des produits agricoles et miniers.
« Notre ambition est de bâtir une économie forte, résiliente, créatrice de valeur et d’emplois », a-t-il souligné.
Cette orientation vise à renforcer l’industrialisation du pays, à augmenter la valeur ajoutée nationale, et à positionner la Côte d’Ivoire comme un hub économique régional.
Jeunesse, créativité et innovation au centre du développement
Le Président réélu a également mis l’accent sur la jeunesse ivoirienne, qu’il considère comme le principal moteur de croissance et d’innovation.
Formation, entrepreneuriat, économie numérique, industries culturelles et créatives feront l’objet d’investissements ciblés afin de libérer le potentiel créatif et productif des jeunes.
Infrastructures compétitives et secteur privé renforcé
Dans la continuité des précédents mandats, le nouveau quinquennat entend consolider des infrastructures modernes, performantes et inclusives : routes, ports, énergie, télécommunications et logements.
Le Président Ouattara a insisté sur la nécessité de renforcer le secteur privé, levier essentiel de la création d’emplois et de la croissance durable, en améliorant le climat des affaires et en soutenant les PME et les champions nationaux.
Une agriculture moderne, souveraine et durable
Autre pilier majeur : l’agriculture. Le Chef de l’État a plaidé pour une agriculture moderne, productive et souveraine, capable de garantir la sécurité alimentaire, d’améliorer les revenus des producteurs et de soutenir l’industrialisation.
La transmission générationnelle, défi central du mandat
Moment fort de son allocution, Alassane Ouattara a de nouveau souligné que ce nouveau mandat est aussi celui de la transmission.
Lors de son discours d’investiture, le président Alassane Ouattara a accordé une place appuyée aux femmes, les présentant comme des actrices centrales du développement et de la stabilité de la Côte d’Ivoire. Il a réaffirmé sa volonté de renforcer leur participation à la vie politique et économique, notamment à travers l’accès aux postes de décision, la promotion de l’entrepreneuriat féminin et la lutte contre les inégalités et les violences basées sur le genre.
Sa vision s’inscrit dans la continuité de ses engagements précédents : faire de l’autonomisation des femmes un levier de croissance inclusive et de cohésion sociale, en rappelant que le progrès du pays ne peut se faire sans leur pleine implication.
« Il s’agit de gouverner en ayant à l’esprit de finaliser la préparation, la formation et l’élévation d’une élite politique, administrative et économique intègre, compétente et attachée à l’intérêt général. »
Cette déclaration consacre la volonté du Président de préparer la relève, d’assurer la continuité de l’État et de renforcer durablement les institutions ivoiriennes.
Un quinquennat charnière pour l’avenir de la Côte d’Ivoire
Avec cette investiture, Alassane Ouattara engage un quinquennat charnière, à la croisée de la performance économique, de la justice sociale et du renouvellement générationnel.
Entre ambitions économiques, cohésion nationale et préparation de l’avenir, le Président réélu affiche une feuille de route claire : faire de la Côte d’Ivoire une puissance africaine moderne, inclusive et souveraine.
Une cérémonie officielle, une opposition absente
Qualifiée d’« anticonstitutionnelle » par l’opposition, cette élection s’est déroulée sans la présence de Laurent Gbagbo, ancien président et figure majeure de l’opposition ivoirienne, absent de la cérémonie d’investiture d’Alassane Ouattara. Un contraste saisissant avec la tribune officielle, où onze chefs d’État africains, anciens et nouveaux, avaient fait le déplacement, illustrant le fossé persistant entre reconnaissance diplomatique régionale et contestation politique intérieure.














