
Parents africains et entrepreneuriat : comment la pression familiale freine le développement économique en Afrique
Par la rédaction
En Afrique, une idée persiste avec force dans de nombreuses familles : la réussite passerait exclusivement par la fonction publique ou par un emploi dit « stable », avec badge, bureau et salaire mensuel. Toute autre voie est souvent perçue comme une perte de temps, une errance, voire une honte sociale. Cette vision, bien qu’héritée de contextes historiques compréhensibles, devient aujourd’hui un véritable frein au développement du continent.
Pourtant, l’histoire économique mondiale est formelle : les plus grandes entreprises d’aujourd’hui sont nées dans l’esprit de rêveurs, souvent sans salaire, sans reconnaissance familiale, mais avec une vision claire et une détermination sans faille.
Entrepreneuriat : un choix courageux, pas un échec.
Contrairement aux clichés, l’entrepreneur n’est pas quelqu’un qui refuse de « chercher travail ». Il est celui qui crée le travail, pour lui-même et pour les autres. Là où certains voient l’insécurité, il perçoit des opportunités. Là où beaucoup attendent une affectation ou un recrutement, il bâtit sa propre voie.
En Afrique, l’entrepreneuriat est au cœur des solutions durables :
Transformation locale des produits agricoles (cacao, manioc, anacarde, karité, sésame)
.Innovation numérique et applications adaptées aux réalités locales
.Création d’ateliers, de fermes modernes, de PME industrielles et de services
.Développement de l’économie sociale, culturelle et créative.
Nos pays ne se développeront pas uniquement par le salariat, mais surtout par des femmes et des hommes audacieux, capables d’innover, de prendre des risques, d’échouer et de recommencer.
Les implications sociales et économiques du rejet de l’entrepreneuriat
La pression familiale a des conséquences profondes :
Découragement des jeunes talents, souvent contraints d’abandonner leurs projets
.Chômage prolongé, faute de création d’emplois locaux
.Fuite des cerveaux, lorsque les jeunes cherchent ailleurs la reconnaissance absente chez eux
.Reproduction de la dépendance économique, vis-à-vis de l’État ou de l’étranger.
À l’inverse, soutenir l’entrepreneuriat favorise :
La création d’emplois durables
L’autonomisation des femmes et des jeunes
La résilience économique des communautés
Le développement local et inclusif.
Parents : quel soutien concret apporter à vos enfants entrepreneurs ?
Soutenir un enfant entrepreneur ne signifie pas financer aveuglément tous ses projets. Cela commence par des gestes simples mais puissants :
1. Changer de discours
Remplacer :
.« Tu perds ton temps »
par
.« Explique-moi ton projet »
.« Comment puis-je t’aider ? »
2. Offrir un soutien moral
.Encourager plutôt que comparer
.Valoriser les efforts, même avant les résultats
.Accepter les échecs comme des étapes normales.
3. Accompagner intelligemment
Faciliter l’accès à la formation
Mettre en relation avec des mentors ou des réseaux
.Autoriser un temps raisonnable pour tester et structurer un projet.
4. Soutenir sans étouffer
.Respecter l’autonomie et la vision de l’entrepreneur
.Éviter le contrôle excessif ou les jugements permanents
.L’Afrique a besoin d’esprits libres
L’Afrique de demain n’appartient pas seulement aux diplômes encadrés au mur, mais à celles et ceux qui osent penser autrement, créer autrement et agir autrement.
L’entrepreneur critiqué aujourd’hui peut devenir demain celui qui :
.paie des salaires,
.construit des écoles,
.soigne des familles,
.fait vivre toute une communauté.
Hommage et encouragement Respect à toutes celles et tous ceux qui entreprennent malgré les doutes, la pression familiale et les critiques sociales. Continuez à apprendre, à vous former, à persévérer. Vous êtes les bâtisseurs silencieux de l’Afrique nouvelle.
Texte inspiré de la tribune de Cahie Kunta,
La rédaction














