
À Ouagadougou, dans le quartier Kaboinsin, une femme transforme le Faso Danfani en levier d’autonomisation économique et de résilience sociale pour les veuves, orphelins et femmes déplacées internes.
Une cour modeste devenue un espace d’espoir et de solidarité
Dans la cour d’un logement simple mais animé du quartier Kaboinsin, arrondissement 09 de Ouagadougou, l’ambiance est studieuse et fraternelle. Ici, Rasmata Sawadogo, affectueusement appelée « Maman Africa », consacre son quotidien à une mission profondément humaine : redonner dignité, autonomie et perspectives d’avenir aux veuves, aux orphelins et aux femmes déplacées internes, durement éprouvés par l’insécurité.
Son engagement est né d’un vécu et d’une observation lucide des réalités sociales.
« Je sais que le veuvage n’est pas facile, et l’orphelinat encore moins », confie-t-elle avec émotion.

Ouagadougou, Rasmata Sawadogo, « Maman Africa », transforme le Faso Danfani en levier d’autonomisation pour les veuves, orphelins et femmes déplacées internes.
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À cet élan de compassion s’ajoute une forte conscience citoyenne. Rasmata Sawadogo inscrit son action dans l’appel à la solidarité nationale lancé par le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, exhortant chaque Burkinabè à soutenir les plus vulnérables dans ce contexte difficile.
Le Faso Danfani, un savoir-faire ancestral au service de l’autonomie des femmes
Plutôt que l’assistanat, « Maman Africa » a fait le choix de l’autonomisation par le travail. Son initiative repose sur la formation au filage et au tissage du Faso Danfani, symbole fort de l’identité et de la résilience burkinabè.
Depuis le lancement de son action, 477 femmes ont été enregistrées, cherchant un appui et une nouvelle chance. Aujourd’hui, 70 femmes assidues constituent le noyau actif de l’atelier. Chaque jour, elles rejoignent le site depuis Yagma, Pazani, Pabré ou Marcoussi, témoignant de leur détermination.

Le modèle économique est clair et solidaire :
« Les femmes tissent le pagne, je le dépose dans la boutique pour la vente. Après avoir prélevé une part pour le fonctionnement, le reste est redistribué aux femmes, chaque jour », explique-t-elle.
Un système transparent qui garantit des revenus directs, favorise l’indépendance financière et restaure la confiance en soi.
Une chaîne de solidarité soutenue par des cœurs généreux.
L’impact de l’action de Rasmata Sawadogo dépasse les murs de son atelier. Des citoyens et des bienfaiteurs anonymes se mobilisent régulièrement pour soutenir son œuvre : vivres, vêtements, aides financières.
« Je remercie du fond du cœur tous ceux qui pensent à ces femmes. Chaque geste compte », souligne-t-elle avec gratitude.

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Des défis persistants et un appel aux partenaires
Malgré les résultats encourageants, les besoins restent importants. Le manque de métiers à tisser, l’insuffisance de vivres et l’exiguïté du local loué freinent l’expansion de l’initiative.
« Si nous pouvions avoir une cour plus vaste et plus de matériel, cela changerait beaucoup de choses », lance-t-elle à l’endroit des institutions, ONG et partenaires au développement.
Une action complémentaire aux efforts de l’État
Rasmata Sawadogo salue également les efforts du gouvernement burkinabè, notamment ceux du Ministère de l’Action humanitaire, en faveur des femmes et des personnes vulnérables. Son engagement citoyen vient ainsi renforcer et compléter les politiques publiques en matière de solidarité et d’inclusion sociale.
Quand le fil du Faso Danfani devient fil de dignité
À travers le Faso Danfani, Rasmata Sawadogo tisse bien plus qu’un tissu. Elle crée des liens de sororité, restaure la dignité humaine et ouvre des chemins durables vers l’autonomie économique.
« Maman Africa » incarne une figure inspirante du leadership féminin burkinabè, prouvant que la solidarité, portée par des femmes engagées, demeure l’un des piliers les plus solides pour reconstruire l’espoir et bâtir un avenir inclusif.
Pascal K.














