Diabo : le maraîchage féminin, moteur d’autonomie économique et de résilience alimentaire dans le Gulmu

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À Diabo, le maraîchage porté par les femmes renforce l’autonomie économique, nourrit les familles et consolide la résilience communautaire, même en saison sèche.

Diabo (Gulmu) 

Dans la commune rurale de Diabo, l’activité agricole ne s’éteint pas avec la fin de la saison des pluies. Bien au contraire. Lorsque les champs céréaliers entrent en repos, des parcelles maraîchères verdoyantes prennent le relais, portées par l’énergie, la détermination et le savoir-faire des femmes.

Ici, le maraîchage n’est pas une simple activité de contre-saison. Il constitue un levier stratégique d’autonomie économique, un bouclier contre l’insécurité alimentaire et un vecteur puissant de dignité pour les femmes, véritables piliers de la résilience communautaire.

Produire local, consommer sain, vivre digne.
Les légumes de Diabo, fruits du courage féminin.

Quand la saison sèche devient une opportunité
Après les travaux champêtres de la saison pluvieuse, les femmes de Diabo ne connaissent ni répit prolongé ni oisiveté. Conscientes que « la faim est une autre forme de maladie », elles s’organisent autour de leurs planches maraîchères pour assurer la survie et le bien-être de leurs familles.

Aubergines, tomates, choux, poivrons et autres légumes frais poussent sous leurs mains expertes, alimentant les marchés locaux et garantissant une pitance quotidienne saine et accessible aux ménages.

« Grâce au maraîchage, nous arrivons à nourrir nos enfants, acheter les fournitures scolaires, contribuer aux dépenses familiales et consommer des légumes frais », confie une productrice, les mains encore couvertes de terre fertile.

Un espace d’inclusion pour les femmes déplacées internes
Parmi ces maraîchères figurent également des femmes déplacées internes, pour qui cette activité représente bien plus qu’un revenu. Le maraîchage devient un espace d’ancrage social, de reconstruction identitaire et d’intégration active au sein de la communauté d’accueil.

À travers la terre cultivée, elles retrouvent une dignité, une utilité sociale et une autonomie financière, éléments essentiels à la résilience individuelle et collective.

Le forage, un tournant décisif grâce au PAM
Conscient du potentiel transformateur de cette dynamique locale, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a apporté un appui structurant à travers l’aménagement et l’équipement d’un site maraîcher d’un demi-hectare, doté notamment d’un forage fonctionnel.

Cette infrastructure essentielle a levé la principale contrainte des productrices : l’accès à l’eau.
« Aujourd’hui, avec le forage, nous avons l’eau à volonté. Cela a complètement changé notre production et nos revenus », témoigne une maraîchère, visiblement soulagée.
Grâce à cette sécurisation hydrique, les femmes produisent désormais en toute saison, réduisent les pertes et investissent avec plus de sérénité dans leurs activités.

Quand la terre est bien accompagnée, elle nourrit toute une commune.
Maraîchage féminin et résilience alimentaire en action.

🇧🇫 Une contribution concrète à l’Offensive agro-pastorale
L’expérience des femmes de Diabo s’inscrit pleinement dans la dynamique nationale de l’Offensive agro-pastorale et halieutique, lancée par les autorités burkinabè pour atteindre l’autosuffisance alimentaire.

En transformant de simples lopins de terre en micro-entreprises agricoles génératrices de revenus, ces femmes démontrent que l’agriculture familiale, lorsqu’elle est soutenue et valorisée, reste un pilier fondamental de l’économie locale et de la cohésion sociale.

Cultiver la résilience, récolter l’espoir
À Diabo, chaque légume récolté est une victoire sur la précarité. Chaque sac vendu au marché est un pas de plus vers l’autonomie économique.

Chaque femme engagée dans le maraîchage est une actrice de la sécurité alimentaire nationale.
L’oasis maraîchère de la commune est bien plus qu’un champ cultivé :
c’est un symbole d’espoir, de travail acharné et de la capacité des femmes à bâtir, par la terre, un avenir plus nourricier, plus digne et plus serein pour leurs familles et leurs communautés.

Pascal K.

FasoAmazone.net

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