Afrique de l’Ouest — Chaque année, des milliers de vies sont menacées par les morsures de serpents venimeux. Un risque bien réel, encore trop souvent sous‑estimé, aussi bien en zones rurales qu’urbaines. Les drames récents rappellent une vérité douloureuse : beaucoup de décès pourraient être évités si l’information, la prévention et la prise en charge d’urgence étaient effectives et équitables.
Pourquoi parler encore des morsures de serpent ?
Parce que le phénomène n’a ni disparu ni été éradiqué. Parce que les serpents cohabitent avec nos habitats, champs, chantiers et périphéries urbaines. Et surtout parce que l’ignorance des gestes élémentaires et l’indisponibilité des antivenins continuent de coûter des vies.
Plus jamais ça. La responsabilité est collective.
Conduite à tenir immédiatement en cas de morsure de serpent venimeux
Les gestes qui sauvent (à faire immédiatement)
Garder son calme et immobiliser la personne mordue.
Immobiliser le membre atteint (attelle improvisée si possible), en position basse.
Retirer bagues, bracelets, chaussures serrées avant l’apparition d’un œdème.
Conduire d’urgence la victime vers le centre de santé le plus proche disposant d’un antivenin.
Informer clairement le personnel soignant : heure de la morsure, lieu, symptômes.
❌ Gestes dangereux à ne jamais faire
❌ Ne pas inciser la plaie.
❌ Ne pas aspirer le venin.
❌ Ne pas poser de garrot.
❌ Ne pas appliquer de plantes, poudres ou produits chimiques.
❌ Ne pas faire boire d’alcool ou de décoctions.
Ces pratiques aggravent l’état du patient et retardent la prise en charge médicale.
Devoirs et responsabilités des centres de santé (publics et privés)
Les structures sanitaires doivent :
Disposer d’antivenins fonctionnels et adaptés aux espèces locales.
Former régulièrement le personnel à la prise en charge des morsures de serpent.
Mettre en place un protocole d’urgence clair et affiché.
Référer rapidement en cas d’insuffisance de moyens.
Informer les populations lors des campagnes de santé communautaire.
Un centre de santé sans antivenin est une urgence différée.
Responsabilité de la société : personne ne doit ignorer les gestes vitaux
Populations rurales
Porter des chaussures fermées.
Éclairer les abords des habitations la nuit.
Nettoyer les alentours des maisons.
Populations urbaines
Sécuriser les zones en friche.
Signaler toute présence de reptiles aux services compétents.
Écoles, médias et leaders communautaires
Intégrer l’éducation aux risques de morsures dans les programmes et émissions.
Diffuser des messages simples, répétés et pratiques.
Autorités et décideurs
Garantir l’accessibilité nationale des antivenins.
Financer la prévention et la formation.
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Interpellation finale : une information qui sauve est une obligation morale
Une morsure de serpent ne doit plus être une condamnation à mort. Informer, prévenir, équiper et soigner sont des devoirs partagés.
. Que chaque citoyen détienne l’information vitale. . .Que chaque centre de santé soit prêt.
. Que plus jamais une vie ne se perde par ignorance ou négligence.
La prévention commence aujourd’hui. Ensemble.















