
C’est dans une atmosphère de communion artistique et de célébration identitaire que le Jardin de la Musique de Reemdogo a vibré, dans la soirée du dimanche 08 février 2026, au rythme de la dédicace des deux nouveaux albums de Tim Winsey, monument vivant de la musique burkinabè.
Entouré d’amis, de mélomanes avertis et d’acteurs majeurs du monde culturel, l’artiste-musicien, de son vrai nom Timbiri Wensé, a levé le voile sur deux œuvres profondes et complémentaires, confirmant une fois de plus son statut d’instrumentaliste d’exception et de conscience artistique engagée.
Après une carrière riche jalonnée de plusieurs albums marquants, Tim Winsey signe un retour fort sur le marché du disque, avec deux projets qu’il qualifie lui-même d’« œuvres de belle facture », porteurs de messages puissants à destination de la nation burkinabè.
« Mandjeli », quand les instruments parlent à l’âme
Le premier album, « Mandjeli », qui signifie griot en langue san, est une œuvre entièrement instrumentale de 14 titres. À travers la kora, le lologo et l’arc à bouche, instruments qu’il manie avec une rare virtuosité, Tim Winsey invite l’auditeur à un voyage introspectif au cœur des valeurs fondamentales.

Sans paroles, mais d’une éloquence saisissante, l’album explore des thèmes universels tels que la foi, la solidarité, l’unité nationale et la résilience. Chaque mélodie devient un langage, chaque vibration un message, faisant de Mandjeli une véritable ode à la sagesse ancestrale et à la mémoire collective.
« Waddamana », la musique comme cri citoyen
À l’opposé du premier opus par sa forme mais complémentaire par son essence, le second album, « Waddamana » (tam-tam de la mère patrie), se veut court, direct et résolument engagé. Composé de quatre titres, il plonge au cœur de l’actualité nationale, notamment la crise sécuritaire que traverse le Burkina Faso.
Parmi les morceaux phares figure « Massa Traoré », un titre poignant dans lequel Tim Winsey rend hommage au Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré. L’artiste salue « son héroïsme et son combat pour libérer le pays des terroristes et tracer les sillons du développement, de la dignité et de la souveraineté », inscrivant ainsi sa musique dans une démarche de soutien moral et patriotique.

Quand l’art devient un acte de construction nationale
Pour Tim Winsey, ces deux albums dépassent largement le cadre de la création artistique. Ils relèvent d’un engagement citoyen profond.
« Proposer une œuvre artistique, c’est interpeller, éveiller les consciences et participer à l’enracinement ainsi qu’au rayonnement de la culture burkinabè », a-t-il confié lors de la cérémonie.
Une vision assumée où la musique devient outil de réflexion collective, vecteur d’identité et levier de résilience nationale.
Une diffusion innovante et accessible
Fidèle à son esprit d’innovation, Tim Winsey a fait le choix de ne pas proposer ses albums en CD classique. « Mandjeli » et « Waddamana » sont plutôt gravés sur des clés USB, vendues au prix unitaire de 5 000 FCFA, une option moderne qui facilite l’accès à la musique et s’adapte aux nouveaux usages numériques.

Pour assurer la promotion de ces œuvres, l’artiste compte sur le soutien des médias et envisage, en collaboration avec d’autres musiciens, une tournée de concerts live dans des espaces publics, afin d’aller à la rencontre directe du public.
Deux albums, deux visages d’un même maître
Avec « Mandjeli » et « Waddamana », Tim Winsey offre au public burkinabè et africain deux facettes majeures de son génie :
.celle du sage, qui parle à l’âme par la musique instrumentale,
.et celle du citoyen engagé, qui accompagne son peuple dans l’épreuve et l’espérance.
Deux albums à écouter, à méditer et à soutenir.
Pascal K.














