
Le Ghana franchit un nouveau cap dans la valorisation de son identité culturelle. Désormais, chaque mercredi, le pays encourage officiellement le port du Fugu – aussi appelé Batakari – dans les administrations, entreprises et espaces publics. Une initiative à la fois économique, culturelle et politique.

Le Fugu, du vêtement royal à la tenue professionnelle
Longtemps associé aux chefs traditionnels et aux grandes cérémonies, le Fugu est une tunique ancestrale tissée à la main, principalement dans les régions du Nord du Ghana, notamment à Tamale.

Aujourd’hui, cette tenue emblématique quitte les palais royaux pour investir les bureaux, les institutions et les rues, chaque mercredi.
À travers ce geste symbolique, le gouvernement ghanéen envoie un message clair :
« Consommons ce que nous produisons. »
Un levier puissant pour l’économie locale
L’initiative dépasse largement le simple cadre vestimentaire.
En encourageant le port du Fugu :
Les tisserands locaux voient leur activité dynamisée.
Les ateliers artisanaux bénéficient d’une demande accrue.
Les jeunes trouvent un intérêt renouvelé dans les métiers traditionnels.

Dans un contexte africain où l’importation textile domine encore les marchés, cette politique participe à une relocalisation de la consommation et à la création d’emplois durables.

Chaque motif raconte une histoire
Le Fugu n’est pas qu’un habit.
Chaque bande tissée, chaque couleur, chaque motif véhicule un message : bravoure, royauté, sagesse, unité.
Porter le Batakari, c’est porter une mémoire collective. C’est affirmer une identité culturelle forte dans un monde globalisé.

Une élégance africaine assumée
Face au costume-cravate hérité de l’époque coloniale, le Ghana affirme que :
L’élégance africaine n’a rien à envier aux standards occidentaux.
Cette démarche s’inscrit dans une dynamique plus large de décolonisation culturelle, où l’Afrique redéfinit ses propres codes de modernité, de professionnalisme et de prestige.

Une inspiration pour le reste de l’Afrique ?
Cette initiative pose une question essentielle :
Pourquoi ne pas instaurer, dans d’autres pays africains, une journée nationale du pagne, du Faso Danfani, du Kente ou de la tenue traditionnelle ?

Au-delà du symbole, cela pourrait :
Soutenir les filières textiles locales
Renforcer la fierté identitaire
Promouvoir le leadership culturel africain
Stimuler l’économie artisanale
Le Ghana montre la voie.
Et si le mercredi devenait, partout en Afrique, la journée de la fierté textile ?














