À Matam, la découverte du corps sans vie de Djiby Hamady Dia, jeune diplômé de 30 ans, bouleverse la communauté. Derrière ce drame humain se profile une réalité plus large : la détresse psychologique et sociale de nombreux jeunes confrontés au chômage malgré leurs qualifications.
Les faits
Le corps du jeune homme a été retrouvé pendu à un arbre à Dabia, près du collège de Goudoudé. Disparu depuis plusieurs jours, il avait été aperçu pour la dernière fois après avoir passé la nuit sur la terrasse familiale.
Selon des témoignages recueillis auprès de proches, l’ancien étudiant en anglais multipliait depuis longtemps les demandes d’emploi sans succès. Déçu et affecté, il était revenu vivre dans son village natal.
Alertée, la gendarmerie locale a ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances exactes du décès.
Une tragédie révélatrice d’un malaise social
Au-delà de l’émotion, cette disparition met en lumière un phénomène préoccupant :
le désespoir silencieux des jeunes diplômés face au chômage.
Dans plusieurs pays africains, des milliers de jeunes :
obtiennent des diplômes,
nourrissent des ambitions légitimes,
mais se heurtent à l’absence d’opportunités professionnelles.
L’échec répété des recherches d’emploi peut entraîner :
perte d’estime de soi
isolement social
anxiété et dépression
sentiment d’inutilité
rupture familiale et sociale
Lorsqu’aucun accompagnement psychologique ou social n’existe, certains basculent dans une détresse extrême.
Les leçons à tirer
Ce drame rappelle que le chômage n’est pas seulement économique — il est aussi psychologique et existentiel.
1. Le travail donne une identité sociale
L’emploi ne sert pas uniquement à vivre, il permet :
d’exister dans la société
d’avoir une dignité
de construire un avenir
2. La pression sociale fragilise les jeunes
Comparaisons, attentes familiales et regard social peuvent devenir insupportables pour un jeune sans emploi.
3. La santé mentale reste taboue
Beaucoup souffrent en silence faute d’écoute, de suivi ou de structures d’accompagnement.
Implications pour la société
Ce drame interpelle plusieurs acteurs :
Les familles
Écouter sans juger
Valoriser la personne au-delà de la réussite professionnelle
Les autorités publiques
renforcer les politiques d’insertion professionnelle
développer l’entrepreneuriat jeune
intégrer la santé mentale dans les politiques publiques
La société civile
briser le tabou autour de la dépression
encourager la solidarité communautaire
accompagner psychologiquement les jeunes en difficulté
Un appel collectif
La disparition de Djiby Hamady Dia n’est pas qu’un fait divers.
Elle pose une question essentielle : que vaut un diplôme sans perspective ?
Prévenir d’autres drames nécessite :
des emplois,
mais aussi de l’écoute,
et surtout de l’espérance.
Chaque jeune découragé a besoin d’une oreille attentive avant qu’il ne soit trop tard.
Message de sensibilisation
Si une personne traverse une période de détresse, parler à un proche, un guide religieux ou un professionnel peut sauver une vie. La souffrance silencieuse ne doit jamais être ignorée.
Horossi















