À Kaya, dans la région du Centre-Nord, l’histoire de Saïdou Sawadogo illustre la résilience des personnes déplacées internes. Contraint de fuir l’insécurité, cet agriculteur a relancé une exploitation prospère grâce à la solidarité familiale et à l’appui du Programme alimentaire mondial.
Un déplacement interne forcé, mais un nouveau départ
Affecté par la crise sécuritaire, Saïdou Sawadogo a quitté son village d’origine pour trouver refuge à Goragui, localité située à quelques kilomètres de Kaya. Accueilli par sa famille maternelle, il aurait pu sombrer dans l’inactivité.

Mais très vite, il choisit de reprendre ce qu’il sait faire depuis toujours : cultiver la terre.
Ses oncles lui cèdent des parcelles et, avec l’aide de ses deux épouses, il remet la houe à la main. L’objectif est simple : nourrir sa famille et retrouver sa dignité par le travail.
L’appui technique qui change tout
Le bureau régional du Programme alimentaire mondial apporte un encadrement agricole aux producteurs déplacés. Formation sur les techniques culturales, choix de semences adaptées et conseils pratiques permettent d’améliorer les rendements.
« Avec l’appui technique, la saison a été bonne. J’ai même rempli un grenier de sorgho blanc », se réjouit l’agriculteur.
Grâce à cet accompagnement et à une pluviométrie favorable, la récolte dépasse les attentes.
Une production diversifiée et abondante
Dans ses champs prospèrent désormais :
sorgho rouge et blanc
maïs
petit mil
sésame
arachide
Au-delà de la consommation familiale, cette production assure une sécurité alimentaire et ouvre des perspectives économiques.

Un message d’espoir pour les déplacés internes
Pour Saïdou Sawadogo, cette réussite n’est pas seulement personnelle. Elle porte une portée sociale : montrer que l’activité agricole peut redonner autonomie et confiance même en situation de déplacement.
« Il ne faut pas rester sans rien faire. Je conseille aux autres déplacés d’apprendre un métier en attendant de retourner chez eux. »
L’agriculture, pilier de résilience nationale
Au Burkina Faso, l’agriculture demeure le principal pourvoyeur d’emplois, mobilisant plus de 80 % de la population active. Malgré l’insécurité, elle reste un levier essentiel :
sécurité alimentaire
stabilité sociale
reconstruction économique
L’exemple de Goragui prouve que l’accompagnement technique et la solidarité communautaire peuvent transformer la vulnérabilité en opportunité.
Pascal K













