
Il est 17h30 à Ouagadougou. Sous la chaleur encore présente, les parasols colorés s’alignent le long des artères. Dans de grands bidons soigneusement fermés, du bissap rouge rubis, du téôdo clair et sucré, du gnamakoudji au gingembre relevé et du tamarin acidulé attendent patiemment l’heure de la rupture.
Pendant le mois de Ramadan, ces jus naturels deviennent incontournables. Vendus à 500 FCFA le bidon, généralement accompagnés de glace, ils sont consommés chaque soir pour rompre le jeûne musulman.
Une forte demande à l’approche du Maghrib
À mesure que l’heure de la prière approche, les clients affluent. Moto en stationnement rapide, sachets en main, chacun s’assure de ne pas rentrer les mains vides.
« Pendant le Ramadan, je peux vendre deux à trois fois plus que d’habitude », confie une vendeuse installée au bord de la route. Pour beaucoup, cette période représente une véritable bouffée d’oxygène financière.
Un levier économique pour les femmes
Derrière ces bidons glacés se cache un secteur informel dynamique. La production et la vente de jus naturels constituent une activité génératrice de revenus essentielle, notamment pour les femmes.
Le Ramadan devient ainsi une période stratégique où l’organisation, l’hygiène et la fidélisation de la clientèle jouent un rôle clé.
Le retour au local
Le bissap reste le favori des consommateurs, suivi du gnamakoudji, réputé pour son goût énergisant après une longue journée d’abstinence. Le tamarin et le téôdo complètent l’offre, illustrant un attachement fort aux saveurs locales.
Dans un contexte de cherté de la vie, le prix accessible de 500 FCFA permet à toutes les familles de maintenir cette tradition quotidienne.
Plus qu’une boisson, un symbole
Au-delà de leur aspect rafraîchissant, ces jus incarnent un moment de partage. Dans les concessions, les verres se remplissent dès l’appel à la prière, marquant la fin de la journée de jeûne dans un esprit de foi et de convivialité.
Pendant le Ramadan au Burkina Faso, les jus naturels ne sont pas seulement une tendance commerciale. Ils sont devenus un symbole vivant de tradition, de résilience économique et de solidarité.
Horossi











