
Les autorités policières sénégalaises ont procédé au démantèlement d’un réseau présumé d’avortement clandestin dans la banlieue de Dakar. L’opération, menée entre le 13 et le 14 mars 2026, a permis l’interpellation de quatre personnes soupçonnées d’être impliquées dans la vente illicite de médicaments abortifs et dans des pratiques mettant en danger la vie de jeunes femmes.
Selon un communiqué de la police publié ce lundi 16 mars 2026, l’intervention a été conduite par le Commissariat d’arrondissement de Yeumbeul (COMICO). Les personnes interpellées sont poursuivies pour tentative d’avortement, vente illégale de médicaments, mise en danger de la vie d’autrui et exercice illégal de la pharmacie.
Une opération déclenchée après un signalement de pratiques suspectes
L’intervention des forces de l’ordre fait suite à un signalement faisant état d’un réseau de distribution de produits abortifs visant notamment de jeunes femmes.
Les éléments recueillis indiquaient qu’une transaction devait avoir lieu à proximité du rond-point « Dibiterie », situé à Keur Massar, dans la grande banlieue de Dakar.
Afin de vérifier ces informations, les éléments de la Brigade de recherches ont mis en place un dispositif de surveillance discret dans la zone.
Interception d’un suspect et saisie de produits pharmaceutiques
Au cours de l’opération, les policiers ont intercepté un individu circulant sur une moto de marque Jakarta. La fouille corporelle effectuée sur place a permis de découvrir six tablettes de comprimés abortifs ainsi que plusieurs autres produits pharmaceutiques.
Un second individu, soupçonné d’être l’acheteur, a réussi à prendre la fuite en profitant de l’obscurité, compliquant momentanément l’intervention.
L’enquête révèle l’existence d’un réseau structuré
Les investigations se sont poursuivies avec l’exploitation du téléphone portable du suspect interpellé. Les enquêteurs ont notamment découvert des échanges avec une jeune femme affirmant souffrir de fortes douleurs abdominales et d’hémorragies persistantes après avoir consommé les produits fournis.
Grâce aux informations obtenues, les forces de l’ordre ont pu localiser et interpeller cette dernière dans le cadre de l’enquête.
La poursuite des investigations, le 14 mars 2026, a également permis l’arrestation de deux autres femmes dans les secteurs de Malika et de Mbao, dans la banlieue dakaroise.
Placés en garde à vue, les suspects auraient reconnu leur implication lors des interrogatoires.
Selon les premiers éléments de l’enquête, l’un des principaux acteurs du réseau aurait indiqué s’approvisionner sur un marché clandestin à Dakar, après avoir été mis en relation avec un fournisseur via les réseaux sociaux.
L’analyse des téléphones portables saisis par les enquêteurs confirme l’existence d’une organisation facilitant des avortements clandestins.
Les médicaments saisis, la moto Jakarta utilisée pour les transactions ainsi que les téléphones portables ont été placés sous scellés dans le cadre de la procédure judiciaire.
Les quatre suspects sont actuellement en garde à vue, tandis que l’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels complices et de remonter la chaîne d’approvisionnement de ce trafic.
Les dangers graves pour la santé des femmes
Cette affaire met en lumière les risques sanitaires extrêmement graves liés aux pratiques clandestines d’avortement et à l’utilisation de médicaments provenant de circuits illégaux.
Les produits vendus en dehors des structures médicales reconnues peuvent provoquer de sévères complications, notamment des hémorragies, des infections graves ou même des décès.
Les autorités appellent ainsi les populations, en particulier les jeunes femmes, à éviter les médicaments provenant de circuits informels ou promus sur les réseaux sociaux, et à se tourner vers les structures sanitaires habilitées pour toute prise en charge médicale.
La lutte contre ces réseaux clandestins demeure essentielle pour protéger la santé publique et préserver la vie des femmes, souvent premières victimes de ces pratiques dangereuses.














