
Une opération inopinée de la police municipale à Tampouy a conduit à l’interpellation d’une vingtaine d’adolescents âgés de 14 à 18 ans, impliqués dans des faits de consommation de chicha et de troubles nocturnes. Une affaire qui relance le débat sur la délinquance juvénile et la responsabilité parentale à Ouagadougou.
Ouagadougou, 25 mars 2026
La Direction de la Sécurité Publique (DSP) de la police municipale de Ouagadougou a mené, dans la nuit du dimanche 22 mars, une descente ciblée dans le quartier Tampouy (Arrondissement 3), aboutissant à l’interpellation d’environ vingt adolescents.
Selon des informations officielles rapportées par l’Agence d’Information du Burkina (AIB), ces jeunes, âgés de 14 à 18 ans, se retrouvaient dans une maison de location où ils s’adonnaient à la consommation de chicha et à des tapages nocturnes, en violation des règles de bienséance et de l’ordre public.

L’opération fait suite à une dénonciation citoyenne, illustrant le rôle croissant des populations dans la prévention de l’insécurité urbaine. La rapidité d’intervention des agents a permis d’appréhender l’ensemble des mis en cause, conduits au poste de police pour les besoins de l’enquête.
Sur les lieux, plusieurs engins à deux roues vélomoteurs et cyclomoteurs ont également été saisis par les forces de l’ordre.
Dans le cadre des mesures prises, les adolescents devront exécuter des Travaux d’Intérêt Général (TIG) pour répondre de leurs actes. Par ailleurs, leurs parents ont été convoqués afin d’être informés et sensibilisés sur la conduite de leurs enfants. Le propriétaire de la villa louée a lui aussi été interpellé pour s’expliquer sur l’usage fait de son bien.
Extension des contrôles dans les zones sensibles
À la suite de cette opération, la police municipale annonce un renforcement et un élargissement des opérations d’interpellation et de recherche, notamment dans les quartiers périphériques, enclavés et/ou insuffisamment éclairés, souvent identifiés comme des zones favorables aux regroupements nocturnes et aux comportements à risque.

Cette stratégie vise à anticiper la propagation de tels phénomènes et à renforcer la présence sécuritaire dans les secteurs les plus exposés.
La Direction générale de la police municipale a, à cette occasion, renouvelé son appel à la collaboration citoyenne pour lutter efficacement contre la délinquance et la dépravation juvéniles dans la capitale.
Que retenir ?
Cette affaire met en lumière plusieurs enjeux majeurs :
Montée des comportements à risque chez les mineurs : la consommation de chicha et les regroupements nocturnes non encadrés traduisent une évolution des pratiques juvéniles en milieu urbain.
Responsabilité parentale engagée : la convocation des parents souligne leur rôle central dans l’éducation et la surveillance des mineurs.
Encadrement des locations : les propriétaires sont appelés à plus de vigilance quant à l’usage de leurs biens, notamment face à des locataires mineurs.
Renforcement du renseignement communautaire : la dénonciation citoyenne apparaît comme un levier clé dans l’action sécuritaire.

Problématique de l’éclairage public : les zones mal éclairées facilitent certains comportements déviants et compliquent les contrôles.
Approche pédagogique de la sanction : le recours aux TIG plutôt qu’à des sanctions pénales lourdes traduit une volonté de réinsertion et de responsabilisation.
À retenir
Cette opération à Tampouy s’inscrit dans une dynamique de fermeté des autorités municipales face aux dérives juvéniles, tout en privilégiant une réponse éducative. Elle rappelle également que la sécurité urbaine repose sur une responsabilité partagée entre familles, autorités et citoyens, avec un accent particulier sur la surveillance des zones périphériques et insuffisamment éclairées.
FasoAmazone.net
Source : AIB














