Paul Kaba Thiéba : dépité ou convaincu de sa mission

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Le Premier ministre burkinabè Paul Kaba Thiéba
Deux ans après sa nomination le Premier ministre burkinabè Paul Kaba Thiéba multiplie les sorties médiatiques sur fond de polémiques. Panne d’inspiration d’un chef de gouvernement sans autorité réelle ou amateurisme, donnant la preuve des propos qui affirmeraient que le Chef de l’exécutif burkinabè ne sait vraiment pas de quoi il parle. Sa méconnaissance du pays semble se confirmer. En tout cas les qualificatifs sont ouverts.

« Il est intelligent, dynamique mais handicapé par sa méconnaissance du pays et surtout pris au piège par le MPP ». Ces propos sont de Tahirou Barry, ministre démissionnaire du gouvernement et sont destinés à son ex patron. Cela résume tout. C’est un euphémisme de dire que la machine du gouvernement Paul Kaba Thiéba est bloquée. L’émérite banquier ne parvient même pas assurer le service minimum depuis sa nomination au poste. Lui qui a été tiré de sa planque dakaroise pour prendre en mains les destinées d’un pays dont il ne maîtrisait que très peu les réalités (sociales, économiques et politiques).

Manque d’autorité, de fermeté de clairvoyance et d’anticipation. Autant de qualificatifs qui collent parfaitement à la peau de M. Thiéba. Sa stratégie communicationnelle est dépassée. La preuve, sa dernière sortie médiatique sur la grève des syndicats de l’Education, ressemble à un Amat de mots sans objectif.

La tentative d’émouvoir la population en évoquant l’évaluation chiffrée (50 milliards), concernant la revendication des enseignants n’a pas marché. Ca pouvait l’être, si le même exercice avait été fait pour les magistrats, le syndicat des douaniers, le syndicat des Contrôleurs de travail et même pour celui des médecins. Qu’est-ce que 50 milliards devant l’avenir d’un pays d’autant plus que les agents du Trésor affirment qu’il y a suffisamment d’argent pour satisfaire nos braves enseignants ?

Plus de vingt-quatre mois, l’apprentissage laisse toujours à désirer pour l’ancien cadre de la Banque centrale des Etats de l’Afrique centrale, BCEAO.  De toute évidence les lignes ont du mal à bouger. Les réponses promises ne sont pas toutes au rendez-vous : création  d’emplois décents,  amélioration de la gouvernance sanitaire et éducative, lutte contre le chômage, pouvoir d’achat, revalorisation des conditions de vie et de travail des populations, lutte contre la corruption et moralisation de la vie publique, autant de secteurs dont les indicateurs  n’ont pas évolué dans le bon sens…

Sur le plan de la relance économique les résultats se font toujours attendre et suscitent l’impatience chez les Burkinabè. Concernant les relations avec les partenaires sociaux, elles ont pris une tournure polémique avec les propos de leaders de la majorité présidentielle.

Contraint de se justifier, le chef du gouvernement n’a de cesse de botter en touche : quand ce ne sont pas les syndicats qui seraient manipulés par des forces tapies dans l’ombre, ce sont les anciens dirigeants du pays qui auraient mis le pays à genoux. Oui sans doute. Mais ce qu’il oublie de noter c’est que ce sont parfois ces mêmes ex-dirigeants qui gravitent aujourd’hui dans les cercles concentriques autour du nouveau pouvoir. Parfois en toute impunité et sans que leur responsabilité ne soit engagée.

La sortie serait-elle proche pour Kaba ? Une chose est sure, lui-même ne donne plus l’impression d’être près a quitter le poste s’il affirmera lors de sa dernière sortie que même si on le remplaçait par un sorcier, il ne pourra pas faire mieux que lui. En laissant entendre par exemple que son limogeage ne serait pas forcément la solution aux difficultés actuelles du pays, il se prépare à toute éventualité. Car  de toutes les manières après deux ans voire plus à ce niveau de responsabilités c’est toujours bon à prendre pour le CV.  Humblement quoi !!!!!

JUSTINO

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