Crise sécuritaire au Burkina Faso : le ministère de l’éducation nationale lance une collecte de fonds

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Le traditionnel point de presse du gouvernement s’est tenu le jeudi 6 février 2020 à Ouagadougou . Face à la presse, Stanislas Ouaro, ministre de l’Education nationale, de l’Alphabétisation de de la Promotion des Langues nationale( MENAPLN ) s’est prononcé sur la question de l’éducation nationale en situation d’urgence. 

Les ministres en charge de l’Education nationale  Stanislas Ouaro ( à gauche ), et celui de la communication Rémis Fulgance Dandjinou

2 369 établissements fermés affectants 325 245 élèves et 10 048 enseignants et 623 établissements endommagés. Tel est le triste bilan qui affecte le système éducatif suite attaques terroristes que subi le Burkina Faso. Outre cela, il faut ajouter la fermeture de 36 écoles primaires suite à l’attaque de Lamdamoal survenue le 3 février dernier dans la commune de Bani, province du Séno. A en croire Stanislas Ouaro, ministre de l’Education nationale, de l’Alphabétisation de de la Promotion des Langues nationale 10 enseignements ont perdu la vie depuis le début des attaques terroristes.

Ainsi, pour faire face à la situation de l’éducation dans les zones affectées par l’insécurité, le gouvernement a adopté le 21 février 2019, la stratégie de scolarisation des élèves dans les zones à fortes défis sécuritaires 2019 – 2024.

Cette stratégie dans sa mise en œuvre a permis de menées plusieurs actions dans le sens de la reprise des activités pédagogiques pour assurer la scolarisation des enfants des zones concernées. Aussi, entre autres, cela a permis le regroupement des élèves en classes d’examen en vue de leur administrer des cours de rattrapage suivi de l’organisation de la session spéciale des examens et concours scolaires.

Par ailleurs, il a été procédé à la formation des enseignants, des membres de la communauté, à savoir les AME, les APE, COGES et des agents de santé à l’approche « safe school » pour accroitre leur résilience face à la crise sécuritaire. De plus, il a été procédé à l’élaboration de programme d’éducation en situation d’urgence pour les enseignements du primaire, du post-primaire et du secondaire, l’inscription des élèves déplacés dans des établissements d’accueil et le redéploiement des enseignants des établissements fermés.
20 000 élèves réinscrits dans des établissements d’accueil

Selon Stanislas Ouaro, ces actions conjuguées aux succès enregistrés par les différentes opérations de sécurisation ont permis de réduire l’impact de la crise dans les zones concernées avec à la clef la réouverture de 824 établissements scolaire à la date du 30 janvier 2020. Toute chose qui a permis la réinscription de plus de 20 000 élèves des établissements fermés ou élèves déplacés internes dans les établissements d’accueil, la réhabilitation des établissements endommagés suite à leur occupation par les personnes déplacées internes, la réalisation d’infrastructures pour accueillir les élèves déplacés et les initiatives locales d’accueil et d’inscription des élèves des personnes déplacées.

Toutefois et en dépit de tous ces efforts, Stanislas Ouaro a laissé entendre qu’avec la persistance de la crise sécuritaire, le système éducatif continue d’être affecté dans 6 régions, notamment, la Boucle du Mouhoun, le Nord, le Sahel, l’Est, le Centre-nord, le Centre-est et s’est même étendue au Centre-sud et les Cascades.

Cependant une école reste ouverte au Centre-sud. « Nous enregistrons au stade actuel 27 communes où tous les établissements sont fermés, 54 communes où une partie des établissements scolaires est fermée avec une quinzaine où plus de la moitié des desdits établissements est fermé », a indiqué le ministre de l’Education nationale, de l’Alphabétisation de de la Promotion des Langues nationale.

Une collecte de fonds au département de l’éducation nationale pour soutenir les FDS

Face à cette situation, le département en charge de l’éducation nationale a tenu un conseil de cabinet extraordinaire élargi les 23 et 24 janvier 2020. Lequel conseil de cabinet qui avait pour objectif de mener la réflexion et faire une analyse objective et multidimensionnelle de la situation qui prévaut dans le secteur de l’éducation afin de prendre des décisions éclairées, appropriées et consensuelles pour une meilleure gestion de l’éducation dans les régions à fortes défis sécuritaires a recommandé des pistes de solutions.

Au nombre des recommandations formulées, on note entre autres, la mise en place d’un fond d’urgence au ministère de l’Education nationale, de l’Alphabétisation de de la Promotion des Langues nationale avec des procédures de gestion exceptionnelles pour une prise en charge des situations d’urgence. Ainsi, le ministère a procédé donc à un levé de fonds volontaires auprès des acteurs du ministère pour soutenir les forces de défense et de sécurité (FDS) dans leurs missions dans la lutte contre le terrorisme.

Autre objectif visé par cette collecte de fonds est de promouvoir une éducation à la solidarité et à la citoyenneté au sein de la communauté éducative. Outre cette décision, le ministère envisage l’enlèvement diligent des vivres et du mobilier dans les écoles fermées et dans les magasins de transit où les terroristes s’approvisionnent pour les acheminer dans les établissements d’accueil après leur immatriculation et cela avec l’appui des FDS. Il est aussi envisagé la mise en place d’un dispositif de retrait des ressources transférées aux communes où tous les établissements sont fermés au profit des communes d’accueil en tenant compte de l’évolution de la situation et en concertation avec toutes les parties prenantes.

Concernant les points de revendications Stanislas Ouaro a fait savoir que sur les 56 points, 39 points ont connu une satisfaction et le gouvernement travail à satisfaire tous les points.

Pour sa part, le ministre de la communication porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgence Dandjinou a expliqué que la convocation du corps électoral, décret pris en Conseil des ministres répond à la logique de ne pas ajouter une crise institutionnelle à la crise sécuritaire qui prévaut. Pour lui, la question des élections est un engagement pris par le président du Faso et il compte le tenir. Il a rassuré que les Burkinabè de l’étranger prendront part aux scrutins.

Sur la question des étudiants burkinabè qui sont coincés à Wuhan du fait de l’épidémie conrnavarus, Rémis Fulgence Dandjinou a rassuré que le Conseil des ministres a instruit le ministre des Affaires étrangères pour que ces étudiants reçoivent une aide financière afin de faire face à la situation.

Marcel Kaboré 

Faso Amazone.net 

 

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