Burkina: L’Oppostion politique demande au Gouvernement de prévoir une rentrée scolaire anticipée en septembre 2020

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Mardi 12 mai 2020

Point de presse du Chef de file de l’opposition politique  (  CFOP )/ Burkina Faso 

Animateurs :
– Dr Alain ZOUBGA, Président de l’Autre Burkina / Parti pour le Socialisme et la Refondation (L’Autre Burkina / PSR);
– M. Carlos TOE, Président du Mouvement pour le Changement et la Renaissance (MCR).

Déclaration liminaire
Bonjour, Mesdames et Messieurs les journalistes !

Soyez les bienvenus au siège du CFOP pour le point de presse hebdomadaire !

Nous sommes au 497ème jour du massacre de Yirgou. L’Opposition politique continue de réclamer justice pour l’ensemble des citoyens massacrés.

Nous attirons également l’attention de nos compatriotes sur le danger que court notre Nation du fait de l’ethnicisme et du communautarisme.
Les sujets inscrits au point de presse de ce jour sont les suivants :

les dernières décisions du Gouvernement allégeant les restrictions relatives au Covid-19;

– les tergiversations autour de la réouverture des classes

– et la reprise de l’enrôlement des électeurs par la CENI.

Mesdames et Messieurs les journalistes,
Par décret datant du 30 avril 2020, le Premier ministre a pris un certain nombre de mesures portant sur la restriction des libertés suite à la pandémie du Covid-19.

Dans la forme, ce décret a été fortement décrié, parce qu’en lieu et place du cachet de la Primature, c’est le cachet de la Présidence qui avait été initialement utilisé.

Un manque de sérieux que nous a habitués le régime du MPP.
Les décisions prises par le Premier ministre sont de deux ordres :

Premièrement, il s’agit des décisions restrictives qui prolongent en réalité d’anciennes mesures de fermeture des frontières et des aéroports, et qui interdisent les regroupements de plus de 50 personnes, et diverses manifestations.

Deuxièmement,  il s’agit des décisions qui assouplissent certaines restrictions : conditions de reprise du transport urbain, péri-urbain et rural des personnes ; l’annonce de la reprise, pour le 15 mai prochain, des activités de commerce concernant les restaurants, cafés, bars, débits de boisson et autres lieux de collation, cinémas, salles de spectacles et de sport, salles de jeux.

Pour l’Opposition politique, ces mesures sont en soi, une bonne chose. Mais il convient de relever que de fait, certaines activités frappées d’interdictions se déroulent normalement. Il s’agit de certaines catégories de débits de boisson, de restaurants, de lieux de loisirs, etc.

Ce fut aussi le cas pour les marchés et yaars où des  commerçants  ont rouvert de force certains  marchés, contraignant l’Etat et les collectivités territoriales à se précipiter  pour  rattraper les choses par des décrets et arrêtés.

De ces faits, nous faisons les observations ci-dessous :

– D’abord, l’Etat burkinabè n’a jamais été aussi impuissant que sous le régime du MPP.

Ainsi,  au lieu que ce soit le Gouvernement qui imprime le rythme à suivre par les citoyens, ce sont les citoyens qui, par la rue, les réseaux sociaux et les émissions interactives, imposent leur volonté en tirant le Gouvernement selon leur bon vouloir.

Un tel Etat impuissant représente  un danger pour tout le peuple, parce qu’en cas de situation de catastrophe naturelle, sanitaire, de conflit généralisé ou d’invasion ennemi (que Dieu nous en garde), les citoyens seront abandonnés à leur propre sort.

– Ensuite, à cause des contre-vérités répétées du Gouvernement et des manipulations qui entourent la gestion de la pandémie, la majorité des citoyens ne croient plus en l’existence du Covid-19.

Cela est extrêmement dangereux,  parce qu’une négligence des gestes barrières peuvent faire resurgir la maladie.

– Enfin, les tâtonnements et les incohérences juridiques qui entourent ces mesures causent d’énormes pertes aux entreprises, et peuvent susciter des procès contre l’Etat pour réparation de préjudices.

Mesdames et Messieurs,

Toujours dans le registre des restrictions consécutives au Covid-19, nous avons appris comme tous les Burkinabè, à travers un communiqué du Ministère de l’Education nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales (MENAPLN) que la reprise des classes d’examen, initialement prévue pour le 11 mai, a été reportée au 1er juin 2020. La rentrée des classes intermédiaires, elle, a été reportée à une date ultérieure.

En vérité, ce nouveau report cache l’incapacité du pouvoir MPP à négocier une trêve avec les partenaires sociaux,  et une désorganisation au sommet de l’Etat.

Pour les classes d’examen, les cours auront lieu en pleine saison hivernale. Ce qui n’a pas été bien pensé, car de nombreux villages et communes sont enclavés pendant l’hivernage, en plus du fait que plusieurs zones sont confrontés à l’insécurité.

Il est absolument  indiqué que la réouverture des classes d’examen intervienne plus tôt, et qu’une décision définitive soit prise concernant les classes intermédiaires, après concertation avec tous les acteurs.

Au lieu de cela, le MENAPLN a voulu ruser avec les travailleurs de l’Education, en inventant des cours à distance totalement inadaptés, tant du point de vue pédagogique que didactique.

En effet, ces cours excluent l’écrasante majorité des enfants qui n’ont pas accès à internet et à la télévision, et qui peuvent difficilement suivre des cours à la radio.

En tout état de cause, ce  n’est certainement pas après avoir coupé abusivement  des salaires d’enseignants et provoqué un bras de fer inutile avec les travailleurs du département, que le Ministère de l’Education nationale peut  espérer une reprise sereine des cours.

Si rien n’est fait, nous allons droit vers une année blanche, au détriment de nos chers enfants, ce qui pourrait hypothéquer sérieusement  leur avenir. Pour éviter cela, l’Opposition politique demande au Gouvernement :

– de réparer les injustices commises sur le personnel de l’Education, notamment les coupures et suspensions illégales de salaires ;

– d’annuler la mesure d’extension de l’IUTS décidée par le Gouvernement ;

– de reprendre langue rapidement avec tous les syndicats de l’Education, avec des gages de sincérité ;

– d’impliquer tous les acteurs concernés dans la recherche de solutions adéquates ;

et de permettre aux classes intermédiaires de calculer leurs moyennes de l’année sur la base des deux trimestres, quitte à prévoir une rentrée scolaire anticipée en septembre pour des cours de mise à niveau ou de rattrapage.

L’Opposition politique demande aux partenaires sociaux de faire preuve  de solidarité et de sacrifices, comme par le passé,   non pas pour ce Gouvernement qui a perdu toute crédibilité, mais pour les enfants de la Nation dont l’avenir risque d’être compromis.

Chers amis de la presse,

Le vendredi 08 mai dernier à Tenkodogo, la Commission électorale nationale indépendant (CENI) a lancé officiellement la reprise de l’opération de révision des listes électorales.

Cette étape de l’enrôlement, la 5ème depuis le début du processus, concerne 05 provinces : le Boulgou, le Koulpélogo, le Gourma, le Namentenga et le Zoundwéogo. La CENI a prévu dans ces provinces 1810 points d’enrôlement.

L’Opposition politique se réjouit de la reprise de l’enrôlement des électeurs.

Elle invite l’ensemble des citoyens des zones concernées, qui n’ont pas leurs cartes d’électeurs, de même que ceux qui auront 18 ans ou plus le 22 novembre 2020, à se faire enrôler pour pouvoir voter.

L’élection est la voie pacifique,  démocratique et constitutionnelle qui nous permet de placer  des dirigeants compétents et soucieux de notre avenir,   à la tête du pays.

A cette 5ème étape de l’enrôlement, des responsables locaux de l’Opposition nous ont alertés de ce qu’il y a des difficultés dans certaines zones :

– dans les communes de Tougouri et de Yalgo dans le Namentenga, les appareils de la CENI ne fonctionnent pas comme il faut.

Dans ces deux communes, depuis le début de l’enrôlement, à peine une dizaine de personnes ont été enrôlées pour cause de défection des machines.

– Dans le Gourma, sur les 34 villages rattachés à Fada N’Gourma, il y a des points d’enrôlement dans seulement 2 villages.

Sur 101 sites d’enrôlement prévus dans la commune, seulement 51 sont finalement ouverts (et ce, après un plaidoyer), à cause des problèmes sécuritaires.

Dans d’autres communes rurales, l’insécurité perturbe le processus d’enrôlement.

– Dans le Boulgou, les machines ne fonctionnent pas correctement par endroit.

Ainsi, à Garango, une dizaine de CNIB de personnes souhaitant se faire enrôler affichent des données de personnes résidant à Pouytenga.

D’autres CNIB nouvellement établies n’apparaissent pas dans la base de données de l’Office national d’identification (ONI).

A Béguedo, les représentants locaux du MPP ont tenté d’empêcher les militants d’autres partis, surtout ceux de l’Opposition, de se faire enrôler. L’arrivée des autorités administratives et des représentants de l’Opposition a permis que les choses rentrent dans l’ordre.

– Dans le Koulpelogo, l’enrôlement a timidement débuté sur certains sites à cause des appareils dont le chargement des batteries était difficile.

Dans les communes en proie de terrorisme, plusieurs sites d’enrôlement ont été supprimés.
Beaucoup d’électeurs qui avaient fait leur CNIB avant la quarantaine ne l’ont pas encore reçue.

Par contre des responsables du MPP distribuent des CNIB à leurs militants puisqu’ils avaient pris le soin d’établir les listes. Or, beaucoup d’habitants détiennent des CNIB expirées et veulent s’enrôler.

En outre, nombreux sont les déplacés qui souhaitent se faire enrôler mais n’ont pas de Carte nationale d’identité.

Au regard de ces faits constatés, l’Opposition politique invite la CENI à corriger ces graves anomalies pour une poursuite sereine de l’enrôlement des électeurs.

Chers journalistes,

Tel est le contenu de notre déclaration liminaire. Merci pour votre constante attention ! A présent, nous sommes disposés à répondre à vos questions.

CFOP / Burkina 

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