CFOP: « Le MPP a laissé près de la moitié du pays aux mains des groupes terroristes en 5 ans »

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14 juillet 2020

  Le traditionnel point de  presse du Chef de file de l’Opposition politique au Burkina Faso(CFOP), a eu lieu ce 14 juillet 2020 à Ouagadougou. Les animateurs étaient :

-Victorien TOUGOUMA, Président du MAP ;
– Amadou Diemdioda DICKO, Vice-Président de l’UPC
Les sujets d’actualité ci-après étaient à l’ordre du jour:

– le rapport de Human Rights Watch sur des exécutions sommaires dans le Soum ;
– le conflit intercommunautaire dans le Poni ;
– le Congrès d’investiture du candidat du MPP à la présidentielle;
– l’enrôlement des électeurs dans les zones en crise ;
– et les examens scolaires du Primaire, session 2020.

A lire la déclaration liminaire

Bonjour, Mesdames et Messieurs les journalistes ! Nous sommes au 562ème jour des massacres de Yirgou. Par le rappel de ces évènements douloureux, nous souhaitons interpeller la conscience collective sur les dangers de la stigmatisation des communautés et du repli identitaire.

Chers journalistes, nous avons appris avec tristesse, l’attaque qui a visé le convoi du Président du Conseil supérieur de la communication (CSC), M. Mathias TANKOANO, le 12 juillet dernier dans la région de l’Est. Nous souhaitons un prompt rétablissement aux blessés, et le retour de la paix au Burkina.

Mesdames et Messieurs,

nous souhaitons également rendre hommage au défunt Premier ministre ivoirien, Son Excellence Amadou Gon COULIBALY, rappelé à Dieu le 8 juillet 2020.

L’Opposition politique présente ses condoléances à la famille éplorée, au peuple ivoirien et à Son Excellence Alassane Dramane OUATTARA, Président de la République de Côte d’Ivoire.
A la demande du Président du Faso, les deux co-présidents du Dialogue politique, Messieurs Zéphirin DIABRE et Simon COMPAORE, se joindront au Premier Ministre, Son Excellence Christophe DABIRE, afin de présenter les condoléances de la nation burkinabè au peuple frère de la Côte d’Ivoire.

Chers journalistes,
Dans un rapport daté du 08 juillet 2020, l’ONG Human Rights Watch (HRW) a accusé des éléments des Forces de défense et de sécurité burkinabè d’avoir porté atteinte aux droits humains dans la province du Soum.

Les événements dont Human Rights Watch parle se seraient déroulés entre novembre 2019 et avril 2020, et auraient causé la mort d’environ 170 personnes.

Comme explication, le Gouvernement, à travers son porte-parole, a dit, je cite : « Ces Groupes armés terroristes, après s’être emparés de certains matériels et tenues militaires des Forces armées, se sont spécialisés dans l’instauration de la confusion, en se faisant passer, auprès des populations pour des éléments des Forces de Défense et de Sécurité. »

Pour l’Opposition politique, toute la lumière doit être faite sur ces accusations.
En effet, le Gouvernement lui-même reconnait que la lutte contre le terrorisme ne saurait aboutir à des résultats probants dans la stigmatisation d’une communauté et encore moins dans un repli identitaire.
Les accusations d’exécutions sommaires sont répétitives, et elles sont de nature à diviser davantage les Burkinabè, et à créer un terreau fertile au recrutement des terroristes.

L’Opposition encourage donc nos FDS à respecter la vie des citoyens et les droits humains dans la lutte contre le terrorisme, ce, conformément aux textes internationaux auxquels notre pays souscrit.

Mesdames et Messieurs,
Nous avons appris par voie de presse qu’un conflit communautaire a opposé deux ethnies dans la commune de Loropéni, dans la nuit de vendredi à samedi derniers. Le bilan provisoire faisait état de trois morts et d’un disparu.

L’Opposition politique présente ses condoléances aux familles éplorées. Elle condamne fermement ces violences meurtrières, et invite d’une part la justice à faire toute la lumière sur ces évènements, et d’autre part le Gouvernement à travailler au renforcement de la cohésion sociale.
L’Opposition politique invite toutes les institutions républicaines de médiation, de réconciliation et de préservation de la paix, à mieux s’outiller pour prévenir et gérer les affrontements communautaires qui éclatent un peu partout dans notre pays.

Chers amis de la presse,
Nous avons suivi, comme tous les Burkinabè, le Congrès d’investiture du candidat du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) à la Présidence du Faso, M. Roch Marc Christian KABORE.

L’un des aspects de la cérémonie qui n’aura pas passé inaperçu, c’est l’absence du candidat Roch Marc Christian KABORE au Palais des Sports de Ouaga 2000. Le candidat KABORE a-t-il si honte de son MPP ?
En tout cas, le bilan du Président KABORE et de son parti à la tête de notre pays est plus que chaotique. En 5 ans de pouvoir, le MPP et ses alliés ont réussi la triste prouesse d’activer tous les leviers de corruption et de pillage. Ils n’ont pas pu empêcher l’assassinat de 2000 Burkinabè, l’occupation de près de la moitié du territoire, l’abandon de plus d’un million de Burkinabè qui sont devenus des réfugiés dans leur propre pays, et la fermeture de 4000 écoles.

Au regard de ce mandat jonché de morts et d’odeurs de corruptions, le MPP devrait avoir simplement la décence de faire un second mea culpa, et de s’éclipser avec ses multiples malédictions.

Au lieu de cela, ce parti ose affirmer avec arrogance que le bilan du Président KABORE est inattaquable, qu’il est positif, et qu’il faut lui donner un autre mandat.
Les Burkinabè sont prévenus.

Si le MPP a laissé près de la moitié du pays aux mains des groupes terroristes en 5 ans, il peut nous faire perdre tout le pays si par malheur ils leur donnaient 5 autres années.

Bouter le MPP hors de Kossyam est une question de survie nationale, et les Burkinabè doivent le faire dans les urnes le 22 novembre prochain.

Mesdames et Messieurs les journalistes,
Depuis ce matin, et ce, jusqu’au 28 juillet prochain, certains de nos enfants passent les examens du CEP, du CAP, du BEPC, et le concours d’entrée en 6ème.

Au conseil des ministres passé, le ministre de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales (MENAPLN) a fait le point de la mise en œuvre du Plan de riposte pour la continuité éducative dans le contexte de la COVID-19.

Il en ressort, entre autres, que le nombre de candidats au CEP est de 446 000 élèves, dont 54% de filles, contre 419.000 élèves en 2019.

Nous souhaitons beaucoup de chance et plein succès à tous les candidats.
Dans son rapport, le Ministre de l’Education n’indique pas clairement le sort des élèves déplacés internes et ceux en classe d’examens dont les cours ont été fortement perturbés par les attaques terroristes.

Aussi, l’Opposition voudrait-elle inviter le Gouvernement à bien vouloir rendre publique ces informations, et à dire au peuple ce qu’il entreprend pour pouvoir sauver l’année scolaire de ces enfants en difficulté.

Au-delà de ces questions, l’Opposition demande au Gouvernement DABIRE de mettre tout en œuvre, avec anticipation et engagement, pour que le maximum d’enfants retourne en classe à la rentrée prochaine.

Mesdames et Messieurs,
Vous-vous rappelez, les équipes de la CENI n’avaient pas pu se rendre dans certaines provinces pour l’enrôlement biométrique, à cause de l’insécurité.

Depuis quelques temps, ce problème est en phase d’être résolu, grâce au soutien des Forces de défense et de sécurité.

L’organisation du vote dans ces provinces a été demandée et obtenue par la délégation de l’Opposition au Comité de suivi du Dialogue politique. Il convient donc de féliciter la délégation de l’Opposition et celle de la Majorité pour avoir trouvé une solution permettant l’implication de l’ensemble des provinces dans le processus électoral.

Mais il reste entendu que de sérieux problèmes demeurent. Par exemple, le Président du CDP, M. Eddie KOMBOIGO, a révélé qu’à Bobo-Dioulasso, certains partis de la Majorité ont fait venir des non nationaux, en l’occurrence des Nigérians et des Libériens, pour leur faire confectionner des Cartes nationales d’identité burkinabè avant de les faire enrôler sur le fichier électoral.

Ces informations viennent s’ajouter à celles relatives à l’arrestation de plusieurs cadres de la Majorité pour tentative de fraudes électorales.

Tout cela convainc une fois de plus l’Opposition qu’il faut un audit international et indépendant du fichier électoral, afin de lever tout doute concernant l’intégrité dudit fichier.

Aux dernières nouvelles, Opposition et Majorité sont toutes d’accord pour cet audit international et indépendant. L’auditeur sera choisi de manière consensuelle par le Dialogue politique, une fois que la CENI aura fini l’enrôlement, et avant qu’on aille aux élections.

Mesdames et Messieurs, c’est tout pour la déclaration liminaire.

Nous vous remercions pour votre constante attention !

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