Travail domestique: Les «filles de ménage», entre la croix et la bannière

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24 février 2021

Les employés de maison sont particulièrement nombreux en Afrique. Une tradition culturelle, mais aussi une nécessité avec l’accroissement du travail des femmes. Au Burkina Faso, ce secteur est particulièrement opaque et les abus à l’encontre de mineurs sont fréquents. Souvent, à peines âgées de 10 ans, les filles de ménage en Afrique en général et au Burkina en particulier traversent un véritable chemin de croix. Faute de législation claire à ce sujet, elles sont pour la plupart sujettes aux pires traitements dans l’exercice de leur métier. Lisez le constat fait par Faso amazone.net

Nafi en plein nettoyage du salon

Nafi n’avait que 10 ans lorsqu’elle a été envoyée par sa mère dans une agence de placement de personnel domestique dans la ville de Bobo-Dioulasso.

La gamine est envoyée dans une famille où elle subira des horreurs. “J‘étais tout le temps battue par ma patronne, même pour avoir cassé une assiette”, nous raconte-t-elle.Même si aujourd’hui, à 14 ans, elle estime avoir été employée par une famille “plus gentille”, elle continue de travailler 18 heures par jour dans le nettoyage, la cuisine et la garde des enfants.

Sans les coups de ceinture.

Une charge de travail disproportionnelle au salaire qu’elle reçoit : 10 000 F CFA par mois, sans primes ni autres avantages.

Comme Nafi, elle sont nombreuses au Burkina Faso, ces filles de ménages qui subissent un véritable enfer chez leurs employés.

Mariatou est employée depuis deux ans dans une famille moyenne dans un quartier populaire de Sya.

Alors qu’elle a en charge le ménage, la lessive, la garde des enfants et toutes les courses de la maison, elle ne reçoit par mois que 15 000 francs de salaire. Pourtant, cette somme s’avère parfois plus élevée que ce que reçoivent certaines filles de ménage.

En dépit du Smig (Salaire moyen interconventionnel) fixé à 32.218 FCFA /mois, peu sont celles qui peuvent se targuer d‘être payées à ce salaire.

Pour les plus chanceuses, elles doivent obtenir un emploi chez les expatriés et autres cadres pour espérer prétendre à ce salaire.

Tout comme à Bobo, Ouagadougou, la capitale, les réalités sont les mêmes. Les salaires oscillent eux-aussi entre 5 000 et 15 000 chez la classe moyenne tandis que les plus aisés déboursent entre 15 000 et 25 000 francs pour s’offrir les services d’une fille de ménage.

Défaut de législation et d’organisation.

Les exemples en Afrique sont légions. Car, en plus du manque de législation encadrant le travail des filles de ménage, ces dernières sont pour la plupart analphabètes et issues de milieux défavorisés.

Elles sont du coup mal informées sur leurs droitsmais aussi mal organisées.

Pourtant il y a des associations pour la défense de leur droit.

En attendant, dans d’autres pays où la pratique se mêle au travail des enfants, des ONG luttent pour que les employées de maison soient informées de leurs droits et puissent les revendiquer.

Mami O.

Faso amazone.net

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