Rapport 2020 du REN-LAC : « La corruption demeure un fléau général qui mine la société burkinabè »

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Le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) a publié son rapport 2020 sur l’état de corruption au Burkina Faso le jeudi 11 novembre 2021 à Ouagadougou. Le sondage a porté sur un échantillon de 2000 personnes dont 48,3% de femmes enquêtées. Il ressort de ce rapport que la corruption demeure un fléau général qui mine la société burkinabè. La police municipale garde encore la 1ère place comme en 2019 en matière de corruption.

Le rapport de REN-LAC est le résultat d’une enquête d’opinion des populations urbaine et semi-urbaine sur la fréquence de la corruption au Burkina et sur ses facteurs déterminants.

Presque 82% des enquêtés estiment que les pratiques de corruption sont très fréquentes dans le pays. Les cinq (5) premiers services les plus corrompue sont la police municipale (75,21%), la police nationale (28,96%), la douane (27,63%), la direction générale des transports terrestres et maritimes (22,14%) et la gendarmerie (20,28%).

Selon le secrétaire exécutif du REN-LAC Sagado NAKANABO, ces services les plus corrompus ne semblent pas prendre la mesure de la situation afin d’améliorer leurs prestations et leurs images auprès des usagers. « La plupart des citoyens interrogés lors du sondage 2020 pointent le laxisme de l’Etat face à la montée du phénomène », peut-on constater dans le rapport.

L’Exécutif, le Parlement et la Justice sont accusés de faire le lit de la corruption dans la mesure où les scandales de corruption se multiplient sans que des mesures vigoureuses ne soient prises contre les auteurs.

Une situation qui interpelle les acteurs non étatiques, à renforcer leurs actions de veille et de mobilisation citoyenne pour lutter contre la corruption.

Il faut noter que dans ce rapport, le genre est faiblement impliqué dans les pratiques de corruption. Cependant, la femme demeure la plus frappée par les méfaits de ce fléau. 38,9% des enquêtés estiment que les femmes sont plus vulnérables à la corruption dans le domaine de la recherche d’emploi et dans la santé.

Le REN-LAC propose donc qu’une attention particulière doit être apportée dans l’analyse des interactions entre le genre et la corruption, afin de mieux les prendre en compte dans la lutte anti-corruption.

Il recommande à l’adroit des acteurs étatiques, le devoir d’exemplarité et la reddition des comptes au cœur de l’action gouvernementale. L’Etat doit travailler à l’application effective et systémique des différentes décisions de justice rendues dans les affaires de corruption, veiller à l’ouverture des frontières pour réduire les opportunités de corruption et rackets routiers afin de soulager la souffrance des populations

 

Zonouhan LAYA/www.fasoamazone.net

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