Embargo de la CEDEAO contre le Mali :des gorges chaudes sur le continent africain

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Le sommet des chefs d’Etats de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) tenu à Accra le 10 janvier 2022, a statué sur la situation du Mali. Cette rencontre a abouti à des sanctions sévères à l’encontre de ce pays.

Les sanctions prononcées par l’institution sous régionale(CEDEAO) à l’encontre de la République malienne n’a cessé de faire des gorges chaudes sur le continent africain. En terme de sanctions, on note :

la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre les pays de la CEDEAO et le Mali,

-la suspension de toutes les transactions  commerciales et financières entre les pays de la CEDEAO et le Mali, à l’exception des produits pharmaceutiques, des équipements médicaux y compris le contrôle du Covid ; les produits pétroliers  et électriques et des produits alimentaires de grande consommation,

le gel des avoirs du Mali dans les Banques Centrales et Commerciales de la CEDEAO

-la suspension du Mali de toute aide financière des institutions financières de la CEDEAO

Des sanctions qui interviennent après la décision des autorités maliennes à prolonger la transition de cinq (05) ans.

   La communauté internationale divisée sur la question
Si une telle sanction est du goût de la France à travers son ambassadeur à l’ONU Nicolas de Rivière qui a souligné que les autorités maliennes n’ont pas respecté une fois de plus les exigences de la CEDEAO et leur propre engagement à l’égard d’un retour rapide à un processus démocratique au Mali. Pour ce faire, il a apporté le soutien de la France aux « efforts de la CEDEAO ».

Pour sa part, l’ambassadeur russe adjoint à l’ONU Dmitry Polyanskyi a appelé à plus la compréhension à l’égard des autorités maliennes. « Faisons preuve du respect nécessaire pour nos collègues maliens. Appuyons leurs efforts compréhensibles visant à rétablir l’ordre dans leur pays et les partenaires les plus adéquats pour cela », a déclaré lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. Bien sûr nous voudrions que les délais pour les élections ne soient pas reportés. Mais nous comprenons les difficultés auxquelles se heurtent les autorités maliennes pour la préparation des élections », a soutenu l’ambassadeur russe adjoint à l’ONU au cours du Conseil de sécurité de l’ONU.

Richard Mills, l’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU a indiqué que son pays avait pris note des décisions de la CEDEAO en cours d’examen à Washington. Il poursuit que son pays est profondément préoccupé par l’absence de progrès au Mali. Il exhorte donc les autorités maliennes à revenir à la démocratie en temps opportun.

   Les sanctions de la CEDEAO désavouées

Du côté du continent, des voix de leaders d’opinions comme des activistes africains se sont élevées pour condamner ces sanctions « très sévères » sur le Mali. De nombreux appels à la solidarité contre ce « syndicat de chefs d’Etats » de la CEDEAO qui obéissent au ordre des puissances occidentales. Aussi, des déclarations de disparition de l’institution qui selon les africains est instrumentalisée par l’Occident au détriment du peuple africain.

Lazare Koffi Koffi, un proche de Laurent Gbagbo a dénoncé les sanctions du sommet de Accra. « On ne doit pas se taire sur des mesures qui tendent à étouffer tout un peuple au nom de je  ne sais quel principe pour résoudre des problèmes politiques », a-t-il déploré. Pour lui, rien ne peut justifier les décisions d’Accra. « Ces décisions préparent au contraire une planification de tueries en masse pour atteindre les objectifs cachés que les djihadistes n’ont pu réaliser jusque-là », a signalé Lazare Koffi Koffi.

Le leader de Pastef Ousmane Sonko, un politicien sénégalais, a de son côté précisé qu’il faudra tôt ou tard remettre à plat ou dissoudre tout simplement la CEDEAO. « La CEDEAO veut substituer une souveraineté communautaire fausse à une souveraineté légitime du peuple malien qu’elle n’a jamais pu aider ni dans sa lutte contre le terrorisme, ni contre les dérives politiques du président déchu », a-t-il regretté. Il a appelé les autres pays frontaliers non concernés par la CEDEAO, à faire preuve d’humanité et assister autant qu’ils peuvent, leurs voisins maliens.

Le feuilleton malien est loin d’être terminé puisqu’au  moment où nous traçons ces lignes, le Conseil de l’ONU tient sa réunion régulière sur la situation du Mali.

La Redaction

Faso amazone.net

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