Déchirure du périnée pendant l’accouchement : quel impact sur la femme ? ( Pr Charlemagne Ouedraogo)

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L’accouchement est une épreuve pour les femmes. Subir une déchirure périnéale ou une épisiotomie pendant l’accouchement n’a rien d’anodin pour la femme.  Un périnée traumatisé peut engendrer des conséquences qui vont mettre mal à l’aise la femme allant des fuites urinaires à la descente des organes ou prolapsus en passant par des douleurs pelviennes, sans oublier les troubles sphinctériens. Le Professeur Charlemagne Ouedraogo nous explique.

Lors d’un accouchement il est demandé à la femme de pousser lorsque la tête du bébé appuie sur les muscles du périnée.

Normalement, le périnée est suffisamment souple pour supporter la pression de l’accouchement mais certains facteurs peuvent créer une résistance. Sous les efforts répétés des poussées, les tissus musculaires finissent par céder : c’est la déchirure du périnée. Une blessure qui peut atteindre divers degrés de sévérité allant de la déchirure superficielle jusqu’à la déchirure complète touchant l’anus.

Pour éviter les déchirures, le professionnel de santé peut décider d’élargir lui-même le passage à travers une légère incision qu’il suture immédiatement après l’accouchement : c’est ce qu’on appelle l’épisiotomie. Une incision pratiquée dans le bas du vagin pour augmenter l’ouverture et faciliter le passage du bébé.

L’épisiotomie est envisagée lorsque la mère ou le bébé sont en détresse et qu’il faut accélérer la sortie de la tête, alors que celle-ci est bloquée par l’un des muscles du périnée.

Les déchirures périnéales et l’épisiotomie permettent de limiter la souffrance fœtale car aidant bébé à sortir rapidement, mais il faut savoir que ce sont des épisodes qui sont traumatisants et douloureux pour la femme. Déjà que la zone périnéale est sensible et affaiblie par la grossesse, ces nouvelles lésions fragilisent davantage les muscles du plancher.

L’épisiotomie peut provoquer une douleur et enflure à l’endroit où la coupure a été pratiquée, un risque d’infection, une perte de sang plus importante, un risque accru de déchirures profondes du périnée.

La jeune maman peut souffrir de dyspareunie, caractérisée par des douleurs vives pendant les rapports sexuels.

Le recours à l’épisiotomie ne doit pas être systématique. Il est important de discuter avec la patiente pour bien lui expliquer les circonstances qui justifient sa pratique. Une déchirure naturelle est toujours mieux.

Il faut éviter l’abus de l’épisiotomie qui ne doit être pratiquée que pour des indications précises.

Il est conseillé aux femmes enceintes de suivre des cours de préparation à l’accouchement.

Il faut aussi une rééducation du périnée après l’accouchement.

Toutefois, en cas de séquelles d’épisiotomie ou de déchirure, la réparation chirurgicale est possible par le gynécologue obstétricien et les résultats sont bons.

Pr Charlemagne Ouédraogo Gynécologue Obstétricien

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