« Mon père m’a inscrite au collège de son lit de malade, malheureusement… » Dr Mamounata Belem/ Ouedraogo

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Dr Mamounata Belem Ouedraogo, la native du Yatenga, région du nord, chef lieu Ouahigouya, nous relate ce 4 mai 2024, à Ouagadougou, sa vie de jeune fille. Par déla rend un hommage bien mérté à son père, qui pour elle a été un parent exemplaire, un père de famille qui a su inculquer amour des études à ses enfants. Un éducateur hors pair.

Parlez-nous de Mamounata, en tant que jeune fille et de ses rêves !

Jeune élève au primaire, je jouais tantôt à l’infirmière, tantôt à l’institutrice qui étaient mes métiers de rêve. Et c’est à juste titre car à Ouahigouya je ne connaissais que des institutrices et des matrones, infirmières et Sage femmes.Au collège, c’était le métier de Professeur qui m’épatait, quand je voyais les jeunes filles françaises venir nous enseigner comme des volontaires. Au lycée on parlait plus d’orientation et de carrière. C’est là que les choses se clarifient. J’hésitais entre la Médecine et l’Industrie Alimentaire et finalement j’ai opté pour l’Industrie Alimentaire. Pour ce faire je me suis orientée en CBBG. Par la suite et avec mes performances je me suis retrouvée en Botanique et Ecologie végétales qui m’ont conduites à la recherche.

Aujourd’hui Vous êtes docteur d’État ès Sciences, qu’est-ce qui vous a motivée à vous lancer dans les études scientifiques ?

Quand je suis rentrée d’Abidjan avec mon DEA en novembre 1988, je me suis inscrite au Service National de Développement (SND), où j’ai fait la phase production au laboratoire de Biologie et Ecologie Végétale dirigé par le professeur Sita GUINKO. Lorsque j’ai fini mon SND, j’ai postulé à une offre de bourse de jeune scientifique de l’UNESCO/MAB et je l’ai obtenue pour travailler à la Réserve de la Biosphère de la Mare aux Hippopotames du Burkina Faso, dans la région des Hauts Bassins. Cette bourse a été un vrai déclic pour moi. J’ai produit un rapport pour l’UNESCO qui a été très satisfaite et m’a recommandée d’intégrer le comité National MAB. A partir de là, mon carnet d’adresses scientifiques a été enrichi. Je pense sincèrement que c’est ce déclic qui a contribué à mon succès. Surtout que le Professeur GUINKO me faisait confiance et comptait beaucoup sur moi pour ouvrir la porte aux autres jeunes filles qui seraient intéressées par la recherche. J’ai été la première femme doctorante du laboratoire.

L’éducation familiale que vous reçue a-t-elle influencé votre choix ?

Je dirais oui.  Mon père était infirmier, quoique je ne l’ai pas trop vu en activité. Il a pris sa retraite quand j’étais enfant. Il nous encourageait à travailler. Nous récitions nos leçons chaque soir devant lui. Ma nièce au collège et mon neveu au cours normal de Ouahigouya étaient des modèles que nous devions suivre pour Papa.

Il m’a inscrite au collège de son lit de malade et malheureusement il est décédé une semaine avant que je n’entre à l’internat au collège.

Je lui rends un hommage mérité

Par Karen Ouedraogo

FASOAMAZONE.NET

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