De la rue à la culture maraîchère : à Ouagadougou, d’anciens talibés cultivent leur avenir

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Au site maraîcher de Bassinko. Des outils en main, les jeunes apprennent à cultiver leur avenir grâce à l'Association Burkind Gouelé dont le président est Mahamadi Ouangrawa

OUAGADOUGOU, 10 août 2026 

Ils ont troqué la rue et la mendicité contre les outils de travail et la terre. À Bassinko, dans l’arrondissement 9 de Ouagadougou, une quarantaine d’enfants et de jeunes accompagnés par l’association Burkind Gouelé ont donné, ce lundi 10 août 2026, le coup d’envoi des activités maraîchères de l’année.

Machettes, coupe-coupe et râteaux en main, ces jeunes en rupture avec la mendicité ont travaillé pendant près de sept heures, de 9 h à 16 h, pour désherber, nettoyer et préparer les parcelles destinées à la nouvelle campagne agricole.

Derrière cette journée de travail se dessine un objectif plus grand : transformer des parcours marqués par la rue en trajectoires fondées sur l’apprentissage, le travail et l’autonomie.

La terre comme outil de réinsertion

À Bassinko, un quartier de Ouagadougou, l’agriculture et le maraîchage deviennent des outils de formation et de réinsertion. Les jeunes y apprennent progressivement à cultiver, à entretenir une parcelle et à participer à une activité productive.

Après l’effort, le partage : un repas pris ensemble dans la convivialité et la fraternité grâce à l’Association Burkind Gouelé

Pour l’association Burkind Gouelé, cette approche vise à apporter une réponse durable à la problématique de la mendicité infantile.

Il ne s’agit plus seulement de sortir les enfants de la rue, mais de leur offrir des compétences et des perspectives leur permettant de construire progressivement leur avenir.

Une mobilisation qui redonne confiance

Sur le terrain, la motivation des jeunes a particulièrement retenu l’attention de Mahamadi Ouangrawa, président de l’association Burkind Gouelé. « Nous sommes très contents de la motivation des enfants. Vous voyez, c’est en quelques heures seulement qu’ils ont rendu le site cultivable. »

Au-delà de l’efficacité du travail accompli, le responsable associatif a également salué l’esprit de solidarité qui a marqué la journée. « Ces enfants viennent d’horizons divers. Mais dès qu’il s’agit de travailler, c’est comme s’ils étaient les membres d’une seule et même famille. »

Une cohésion qui témoigne, selon lui, du potentiel de ces jeunes lorsqu’ils bénéficient d’un cadre favorable à leur reconstruction.

Former plutôt que tendre la main

L’action de Burkind Gouelé ne se limite pas au maraîchage. L’association accompagne les enfants talibés et les jeunes en situation de rupture vers différents métiers porteurs.

La menuiserie bois, l’aluminium, le bâtiment et les travaux publics, l’agriculture et le maraîchage font notamment partie des domaines de formation proposés.

Le pari est celui de l’insertion par les compétences : apprendre un métier, acquérir de l’expérience et pouvoir, à terme, subvenir à ses propres besoins.

Pour Mahamadi Ouangrawa, les efforts observés sur le terrain sont porteurs d’espoir : « Si ces enfants continuent sur cette lancée, ils seront demain parmi les meilleurs du pays et participeront activement à la construction de cette nation. »

❤️ Une famille en construction
Au-delà du travail, le partage et la solidarité renforcent les liens.

Cultiver aujourd’hui pour récolter demain

Le lancement des activités maraîchères à Bassinko constitue ainsi bien plus qu’une simple opération de nettoyage de parcelles.

Chaque outil pris en main, chaque parcelle préparée et chaque geste appris participe à un processus de réinsertion sociale et professionnelle.

Pour ces jeunes, la terre devient progressivement un espace d’apprentissage, de responsabilité et d’espoir.

À Bassinko, leur histoire change de décor : hier dans la rue, aujourd’hui dans les champs, demain peut-être entrepreneurs, agriculteurs ou professionnels qualifiés.

Le message porté par cette initiative est simple : « Donner un métier à un jeune, c’est aussi lui donner les moyens de construire sa dignité et son avenir ».

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