
Ouagadougou, 8 septembre 2026 – Le Burkina Faso renforce son dispositif de prévention et de gestion des conflits liés à l’exploitation minière. L’Office national de sécurisation des sites miniers (ONASSIM), en collaboration avec le ministère des Mines et des Carrières et le ministère de la Sécurité, a ouvert ce mardi 8 septembre 2026, à Ouagadougou, un atelier de renforcement des capacités des gouverneurs de région et des directeurs régionaux des mines.

La cérémonie d’ouverture s’est tenue dans la salle de conférence de la Direction générale des douanes, sous la présidence du ministre de la Sécurité, le Commissaire divisionnaire de police Mahamadou Sana, en présence notamment du ministre des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, ainsi que de plusieurs gouverneurs de région.
Prévue sur 72 heures, cette session de formation entend renforcer l’approche préventive dans la gestion des tensions et des conflits susceptibles de naître autour de l’exploitation des ressources minières.
Le secteur minier, un levier majeur de l’économie nationale
Dans son discours d’ouverture, le ministre de la Sécurité a rappelé l’importance stratégique du secteur minier pour l’économie burkinabè.
« Le Burkina Faso dispose d’importantes ressources minières, qui constituent un levier important de développement économique et social », a déclaré Mahamadou Sana, soulignant la contribution du secteur à la mobilisation des ressources de l’État, à la création d’emplois et à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Mais cette contribution économique s’accompagne également de défis en matière de gouvernance et de cohésion sociale.

Selon le ministre, lorsque l’exploitation des ressources minières n’est pas suffisamment encadrée et ne respecte pas les règles et textes en vigueur, elle peut devenir une source de tensions entre les différents acteurs, compromettre la paix sociale et perturber les activités économiques.
« Prévenir un conflit », une priorité
Pour le ministre de la Sécurité, la prévention doit donc occuper une place centrale dans la gestion des activités minières.
« Prévenir un conflit, c’est savoir écouter, analyser les signaux précurseurs, comprendre les préoccupations des différentes parties, favoriser le dialogue et intervenir le plus tôt possible », a insisté le Commissaire divisionnaire de police Mahamadou Sana.
Cette approche vise notamment à permettre aux autorités locales d’identifier suffisamment tôt les facteurs de tensions et d’apporter des réponses adaptées avant que les différends ne dégénèrent.

Gouverneurs et directeurs régionaux, « maillons essentiels »
Le ministre a également salué la participation des gouverneurs et des directeurs régionaux des mines, qu’il considère comme des acteurs essentiels du dispositif de prévention.
En tant que représentants de l’État dans les régions et responsables de la mise en œuvre des politiques publiques, ces autorités jouent un rôle de premier plan dans l’anticipation, la prévention et la gestion des conflits liés aux activités minières.

L’objectif de la formation est ainsi de leur fournir des outils pratiques leur permettant de mieux accomplir leurs missions sur le terrain.
Yacouba Zabré Gouba : « nous avons besoin d’un climat apaisé »
Intervenant à son tour, le ministre des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, a insisté sur la diversité du secteur minier burkinabè, qui comprend notamment les mines industrielles, les exploitations semi-mécanisées et l’orpaillage artisanal.
Pour lui, la contribution des ressources minières au développement national passe nécessairement par un environnement social stable.
« Pour que l’exploitation puisse profiter à tous, nous avons besoin d’un climat apaisé », a-t-il expliqué, estimant que ce climat nécessite des actions anticipées afin de prévenir les difficultés rencontrées sur les différents sites.
L’atelier permettra ainsi d’aborder plusieurs thématiques destinées à renforcer les compétences des acteurs chargés de la gestion des activités minières au niveau régional.
Anticiper les tensions entre communautés, industriels et orpailleurs
Pendant les trois jours de travaux, les participants seront appelés à réfléchir sur différents mécanismes de prévention et de gestion des conflits.
L’un des enjeux majeurs sera notamment d’améliorer l’anticipation des tensions pouvant opposer les communautés riveraines, les sociétés minières et les exploitants artisanaux.
Pour les organisateurs, le renforcement des capacités des autorités déconcentrées doit contribuer à une meilleure coordination de l’action publique et à une gestion plus efficace des situations conflictuelles dans les zones minières et aurifères.
Des conclusions attendues sur le terrain
En clôturant son intervention, le ministre de la Sécurité a appelé les participants à faire de cet atelier un véritable espace d’échanges et de partage d’expériences.
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