Burkina Faso : les anciens talibés de Burkind Gouelé à l’école des valeurs de Thomas Sankara

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À l’école des idéaux de Thomas Sankara. Une soixantaine d’anciens talibés de Burkind Gouelé en immersion au Mémorial pour apprendre, se construire et croire en un avenir loin de la mendicité.

OUAGADOUGOU, 10 septembre 2026 — Une soixantaine d’enfants accompagnés par l’association Burkind Gouelé, engagée dans la lutte contre la mendicité et la réinsertion des anciens talibés, ont visité ce jeudi le Mémorial Thomas Sankara à Ouagadougou. Une immersion placée sous le signe de la transmission des valeurs, de la dignité et de la construction d’un avenir par le travail.

Pour ces enfants, la visite du Mémorial Thomas Sankara n’était pas une simple sortie pédagogique. Elle se voulait une véritable leçon de vie. Encadrés par leurs éducateurs et le président de l’association, Mahamadi Ouangrawa, les pensionnaires de Burkind Gouelé ont découvert l’histoire, le parcours et l’œuvre du capitaine Thomas Isidore Noël Sankara.

De la rue à la dignité, une nouvelle génération se lève. 🌹
Réunis au Mémorial Thomas Sankara, les enfants de Burkind Gouelé découvrent les valeurs qui peuvent changer une vie. Soutenons leur avenir : partageons, encourageons et agissons pour nos enfants.

De son engagement pour un Burkina Faso libre, digne et souverain à son sens du devoir, sa modestie et son humilité, les enfants ont été invités à puiser dans cet héritage des repères pour leur propre parcours.

Le Mémorial, une « école à ciel ouvert »

Pour Mahamadi Ouangrawa, président de Burkind Gouelé, le choix du Mémorial Thomas Sankara répond à une volonté claire : associer l’apprentissage d’un métier à l’éducation citoyenne.

« En venant ici, les enfants viennent se ressourcer, pour s’armer de valeurs, pour continuer à bien apprendre dans les différents ateliers », a-t-il expliqué.

Une démarche qui traduit la vision de l’association : sortir les enfants de la mendicité ne consiste pas uniquement à leur apprendre un métier, mais également à leur transmettre des valeurs susceptibles de les aider à construire leur avenir et à devenir des citoyens responsables.

« Il n’y a pas d’avenir dans la mendicité »

Présent lors de cette visite, Etienne Lompo, coordonnateur du projet de construction du Mémorial Thomas Sankara, a salué l’engagement de Burkind Gouelé en faveur de la réinsertion des enfants en situation de mendicité.

Étienne Lompo, coordonnateur du projet de construction des infrastructures du Mémorial Thomas Sankara, venu spécialement saluer les enfants.

Il a particulièrement apprécié la démarche consistant à conduire ces enfants sur ce lieu de mémoire afin qu’ils puissent s’imprégner des « valeurs cardinales » incarnées par Thomas Sankara.

« L’association a récupéré les talibés dans la rue et a décidé de leur donner une nouvelle vie, une nouvelle dignité en leur apprenant des métiers », a-t-il souligné.

S’adressant directement aux enfants, il les a également exhortés à persévérer dans leur apprentissage et à sensibiliser leurs anciens camarades encore dans la rue.

« J’encourage ces enfants à persévérer et à conseiller leurs camarades à abandonner la mendicité pour aller apprendre un métier, car il n’y a pas d’avenir dans la mendicité. »

De la rue aux métiers : une nouvelle trajectoire

Créée en 2023, l’association Burkind Gouelé accompagne aujourd’hui plus de 85 enfants sur trois sites implantés à Ouagadougou, notamment à Toudoubweogo, Tampuy et Pissy.

Son approche a progressivement évolué. Alors qu’à ses débuts l’association allait directement à la rencontre des enfants en situation de mendicité, elle travaille désormais avec des maîtres coraniques afin d’identifier et d’accompagner les enfants vers la formation professionnelle.

Selon Mahamadi Ouangrawa, 674 enfants issus de la mendicité ont déjà été formés à différents métiers, parmi lesquels la menuiserie bois, l’aluminium, la vitrerie, la cordonnerie et la coiffure.

Mahamadi Ouangrawa, président de Burkind Gouelé, engagé pour sortir les enfants de la mendicité et leur ouvrir la voie vers un métier et la dignité. Il lance un appel aux bonnes volontés à soutenir ces enfants en voie d’insertion professionnelle durable

Apprendre, travailler, retrouver sa dignité

À travers cette visite au Mémorial Thomas Sankara, Burkind Gouelé entend ainsi prolonger son action sociale par une dimension citoyenne et mémorielle.

Pour ces anciens talibés, le message est désormais clair : apprendre un métier, travailler avec ses mains et construire son avenir constituent des alternatives concrètes à la mendicité.

Au-delà des murs du Mémorial, c’est donc une autre forme d’héritage de Thomas Sankara que ces jeunes ont été invités à découvrir : celui d’une jeunesse appelée à croire en elle-même, à travailler, à prendre ses responsabilités et à contribuer à la construction d’un Burkina Faso plus digne.

✍️ Pascal K.

RédactionFasoAmazone.net

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