
OUAGADOUGOU, 7 octobre 2026 — La 15e édition des Universités Africaines de la Communication de Ouagadougou (UACO) a officiellement ouvert ses travaux ce mercredi 7 octobre 2026, sur le campus de l’Université Joseph Ki-Zerbo. Placée sous le signe de la souveraineté informationnelle et de la maîtrise des récits africains, cette édition réunit journalistes, communicateurs, chercheurs, enseignants et étudiants autour d’un défi devenu stratégique : quelles attitudes et aptitudes pour les acteurs africains de l’information et de la communication dans un contexte de guerre communicationnelle ?

Présidée par le Premier ministre, chef du gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, représentant le président du Faso, la cérémonie inaugurale a rassemblé plusieurs membres du gouvernement, professionnels des médias, universitaires et acteurs de la société civile.

Pendant trois jours, du 7 au 9 octobre, les participants vont réfléchir aux mutations de l’écosystème informationnel africain et aux moyens de renforcer les capacités des professionnels face à la multiplication des sources, à l’accélération des contenus numériques et aux nouvelles stratégies d’influence.

Claude Wilfried Ekanga : « Il m’appartient de définir ma vérité »
La communication inaugurale a été livrée par le politologue, essayiste et militant panafricaniste camerounais Claude Wilfried Ekanga.
Dans son intervention, il a replacé les enjeux de l’information dans le contexte géopolitique mondial, estimant que le Burkina Faso, au-delà des défis sécuritaires auxquels il est confronté, fait également face à une bataille sur le terrain communicationnel.

Pour l’orateur, l’Afrique doit être capable de produire et de défendre ses propres récits.
« La vérité des autres n’est pas forcément la nôtre. D’ailleurs, la première victime de la guerre, c’est la vérité. À partir du moment où l’adversaire écrit sa vérité, il m’appartient de définir la mienne », a-t-il déclaré.
Une interpellation qui place les professionnels africains de l’information au cœur de la bataille des récits et de la construction d’une parole africaine autonome.
Basolma Bazié : « L’information et la communication sont des balles »
Parrain de cette 15e édition des UACO, Basolma Bazié, président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (CN-CES), a également insisté sur la responsabilité particulière des journalistes et communicateurs dans le contexte actuel.

Après avoir rendu hommage aux journalistes morts dans l’exercice de leur métier, il a appelé les professionnels des médias à faire preuve d’excellence, de responsabilité et de vigilance.
« Les crayons, les stylos, les micros, les caméras, les claviers qui sont dans vos mains […] sont des armes de différents calibres. L’information et la communication sont des balles, vous êtes des tireurs », a-t-il lancé.

Son intervention a également été marquée par un appel à la vigilance face aux opérations de désinformation susceptibles, selon lui,
d’affecter l’espace confédéral de l’Alliance des États du Sahel.
Prenant la parole au nom du président du Faso, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a rappelé que la souveraineté ne saurait désormais être pensée uniquement sous l’angle territorial, économique ou militaire.
Elle est également informationnelle et communicationnelle.
Le chef du gouvernement a exhorté les professionnels des médias à renforcer leur professionnalisme et à contribuer à la diffusion d’une information fiable et rigoureuse. Il a notamment estimé que l’Afrique a longtemps été racontée depuis l’extérieur, avec des grilles de lecture qui ne correspondaient pas toujours à ses réalités.

Pour lui, le continent doit désormais prendre davantage en main la production de ses propres récits. « L’Afrique doit désormais apprendre à parler d’elle-même, elle doit apprendre à raconter son histoire, à expliquer ses choix, à défendre ses intérêts, à produire et diffuser ses propres récits. Parce qu’un peuple qui ne maîtrise pas ses récits est un peuple vulnérable », a-t-il déclaré.

Les médias au cœur de la souveraineté africaine
Au-delà des discours, les UACO 2026 entendent ouvrir un espace de réflexion sur les compétences dont les professionnels de l’information et de la communication ont besoin pour évoluer dans un environnement profondément transformé par le numérique.

Désinformation, intelligence artificielle, réseaux sociaux, multiplication des sources, accélération de la production de contenus et influence géopolitique constituent désormais autant de défis pour les médias africains.
La question centrale demeure donc celle de la capacité du continent à produire, vérifier, contextualiser et diffuser ses propres informations, tout en préservant les exigences professionnelles et éthiques du journalisme.

FasoAmazone.net au rendez-vous de la communication africaine
Acteur engagé dans la valorisation des initiatives, des femmes, des territoires et des dynamiques de transformation au Burkina Faso et en Afrique, FasoAmazone.net était de la partie pour assurer la visibilité de cette importante rencontre.
À travers sa couverture des UACO 2026, le média numérique burkinabè à vocation panafricaine entend contribuer à la circulation des réflexions et des initiatives issues du monde des médias, de la communication, de la recherche et de la société civile.

Cette présence s’inscrit pleinement dans la ligne éditoriale de FasoAmazone.net : « Informer • Valoriser • Inspirer », avec la volonté de participer à une information africaine produite depuis le continent et destinée au continent et au monde.

Les travaux des UACO se poursuivent jusqu’au 9 octobre 2026.
Trois jours de débats, d’échanges et de propositions pour tenter de répondre à une question devenue incontournable : comment les professionnels africains peuvent-ils reprendre pleinement la plume, le micro, la caméra et le clavier pour raconter l’Afrique par elle-même ?

Pascal K.
FasoAmazone.net — Informer • Valoriser • Inspirer | « Du Faso à l’Afrique, de l’Afrique au Monde ».














