
À Dédougou, YARO Salimata, enseignante et responsable d’un jardin potager biologique, veut faire de son activité agricole un moyen de renforcer ses revenus et de soutenir d’autres femmes. Après sa participation à la SECOD 2025, elle poursuit ses cultures, vend une partie de sa production et nourrit l’ambition de développer une activité durable. Mais entre le manque de financement, les besoins en matériel et les difficultés de commercialisation, le chemin vers le changement d’échelle reste exigeant.
Une enseignante qui entreprend aussi
Dans le parcours de YARO Salimata, l’enseignement et l’agriculture ne s’opposent pas. Ils se complètent.
Enseignante de CM2 à Dédougou, elle est également responsable du jardin potager biologique de son école.
Ce projet lui permet de mettre en pratique ses connaissances, de travailler avec les élèves et de développer une activité productive.
Son engagement repose sur une idée simple : la production maraîchère peut contribuer à l’alimentation familiale et, lorsque les récoltes le permettent, générer des revenus.
Elle souhaite aller plus loin en faisant grandir son jardin, en diversifiant ses cultures et en améliorant ses possibilités de vente.
La SECOD 2025, un tremplin pour progresser
La SECOD 2025 a constitué une étape importante dans son parcours.
La formation lui a permis de renforcer ses connaissances en culture hors-sol, en production biologique et en organisation du travail agricole.
Depuis, elle a entrepris des plantations, développé ses pépinières et mis en place un cahier de bord pour suivre les activités du jardin.
Cette organisation lui permet de mieux observer les cultures et de planifier les différentes tâches.
Elle souhaite désormais consolider ces acquis grâce à des formations complémentaires et à un accompagnement technique.
De petites ventes à une ambition entrepreneuriale
Salimata indique que son activité lui procure déjà un petit revenu.
Elle vend une partie de ses récoltes et souhaite développer davantage ses débouchés à Dédougou et à Boromo.
Son objectif est d’augmenter la production , de diversifier les légumes cultivés et d’épargner une partie de ses recettes.
Mais pour y parvenir, plusieurs difficultés doivent être surmontées : l’achat des semences, le renouvellement du matériel, l’accès à l’eau, le financement du cycle de production et la recherche de clients réguliers.
L’accès au marché est particulièrement important. Une activité agricole ne peut devenir durable que si elle trouve des débouchés permettant de couvrir les coûts de production et de dégager une marge.
Pourquoi les femmes doivent-elles pouvoir produire ?
Pour Salimata, la culture hors-sol peut offrir des possibilités aux femmes qui ne disposent pas de grandes superficies agricoles.
Une cour, un espace aménagé ou une petite parcelle peuvent parfois suffire pour démarrer, selon les cultures choisies et les moyens disponibles.
La production peut contribuer à réduire certaines dépenses alimentaires, tout en ouvrant la possibilité de vendre les surplus.
Mais elle insiste aussi sur la transmission des compétences.
Elle souhaite apprendre à d’autres femmes les techniques qu’elle expérimente, afin qu’elles puissent développer leurs propres initiatives.
Cette ambition suppose de disposer de méthodes adaptées, de formations pratiques et de ressources accessibles.
Du jardin individuel à un réseau de femmes productrices
À moyen terme, Salimata souhaite combiner trois activités : produire des légumes, former des femmes et accompagner les écoles.
Ce modèle pourrait lui permettre de diversifier ses sources de revenus tout en renforçant l’impact social de son initiative.
Pour y parvenir, elle recherche des partenaires capables de l’accompagner sur les plans financier, technique et commercial.
Elle a notamment besoin de semences, de contenants de culture, d’arrosoirs, de matériel de jardinage et de formations complémentaires.
Son ambition est claire : faire de son expérience un point de départ pour une activité plus solide, capable de soutenir son foyer et d’inspirer d’autres femmes à entreprendre.
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