Selon le milieu dans lequel nous évoluons, nous pouvons avoir le sentiment que les mentalités ont changé, que les femmes sont plus libres, mieux protégées et davantage écoutées.
Mais attention à ne pas faire de notre réalité une généralité.
Derrière cette impression de progrès, combien de femmes continuent de subir en silence, par peur du rejet familial, de l’exclusion sociale ou des conséquences d’une dénonciation ? Combien de jeunes filles voient encore leurs ambitions sacrifiées au nom du mariage ou d’une certaine conception de l’autorité conjugale ?
Et rappelons-le : les violences ne sont pas uniquement physiques. Elles peuvent être psychologiques, verbales, sexuelles ou économiques. Humilier, menacer, contrôler, isoler ou priver une personne de son autonomie sont aussi des formes de violence.
Engagée depuis des années sur ces questions, je sais combien certaines réalités sont graves, complexes et parfois invisibles.
Ce lundi, j’ai pris part à Saaba à un atelier de plaidoyer sur la prévention et la prise en charge des violences basées sur le genre, organisé par l’Association Soutien aux Enfants et Femmes Vulnérables (ASEFV).
Les échanges avec les membres de la Délégation spéciale, les autorités coutumières et les autres acteurs présents ont également rappelé une réalité essentielle : tout ne relève pas de la tradition ni de la religion. Derrière certaines pratiques se cache parfois un besoin presque viscéral de domination, comme si certaines personnes ne pouvaient se sentir pleinement respectées, légitimes ou en équilibre qu’en exerçant un pouvoir sur l’autre.
Je tiens à saluer particulièrement ces femmes de l’ASEFV qui, loin des projecteurs, travaillent auprès des communautés pour prévenir les violences, accompagner les survivantes et mobiliser les acteurs. Leur engagement mérite reconnaissance et soutien.
Les violences peuvent toucher les femmes comme les hommes. Personne ne devrait les subir.
Notre défi n’est pas seulement de faire connaître les lois, mais de transformer les mentalités qui permettent encore à la violence d’être tolérée, justifiée ou passée sous silence.
Car une société ne change pas seulement lorsque la violence est punie, mais lorsqu’elle cesse d’être considérée comme normale.
Et cela exige l’engagement de tous.
#VBG #Prévention #ChangementDeMentalités #Saaba #EngagementCommunautaire















