L’artiste Pam Luster et l’UNHCR luttent pour le droit à la nationalité

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Ceci est un communiqué de presse du Haut Commissariat des Nations Unis pour les Réfugies indiquant que l’artiste musicienne burkinabè, Pam Luster, prête sa voix au Haut-commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), organisation mandatée par les Nations Unies pour la protection des réfugiés et des apatrides. Ensemble, ils souhaitent sensibiliser les personnes vulnérables sur l’importance d’avoir des documents d’état civil et la preuve de la nationalité.

Connue de ses mélomanes sous le pseudonyme de Pam Luster, musicienne depuis l’âge de 8 ans, Patricia Minoungou, lauréate à Faso Académie et à Castel Live Opéra, a été sélectionnée par le siège de l’UNHCR à Genève, comme « UNHCR Statelessness High Level Supporter ». Ce titre désignant les sympathisants de haut niveau dans la lutte contre l’apatridie, est attribué par l’UNHCR à toutes les personnes qui, par leur engagement, leurs actions, ou leur lutte au quotidien encouragent le droit à la nationalité.

« Les apatrides sont des personnes qui ne possèdent la nationalité d’aucun pays. Un apatride n’a souvent pas le droit d’aller à l’école, de consulter un médecin, d’occuper un emploi, d’ouvrir un compte bancaire, d’acheter une maison ou même de se marier » nous explique l’artiste musicienne burkinabè Pam Luster.

Pam Luster a consacré un album à la lutte pour le droit à la citoyenneté dans son pays. Avec le soutien de l’UNHCR, elle a enregistré une chanson sur l’apatridie, intitulée « Rogm Sebre » qui signifie en français « acte de naissance ». Aujourd’hui, Pam est ambassadrice de la campagne #IBelong de l’UNHCR au Burkina Faso. Cette campagne a pour objectif de mettre fin à l’apatridie d’ici à 2024.

Pour la Représentante de l’UNHCR au Burkina, Madame Ioli Kimyaci, cette sélection donne l’occasion de mettre en exergue les efforts de l’UNHCR et des Etats en Afrique de l’Ouest dans la lutte contre le phénomène. En 2015, tous les chefs d’Etat Ouest-africains ont signé la Déclaration d’Abidjan qui vise à trouver des solutions aÌ la grande vulnérabilitéì des apatrides d’ici à 2024, à travers vingt-cinq mesures majeures. « Nous estimons qu’un million de personnes sont apatrides ou à risque d’apatridie en Afrique de l’Ouest. Ce document souligne l’importance pour les Etats de faire leur possible pour que chacun dans la région ait une nationalité reconnue » selon la Représentante.

« La situation géographique du Burkina Faso au cœur de l’Afrique de l’Ouest fait de lui un pays carrefour. Partageant six frontières avec ses voisins, le pays connait un flux élevé de migrants, soit en transit, soit pour s’installer » explique Madame Kimyaci. Elle ajoute que « la difficulté pour les populations, est qu’en général, les individus qui résident dans les villes comme dans les milieux ruraux n’ont pas la culture de la documentation. Ainsi, beaucoup ne disposent d’aucun acte d’état civil et ne peuvent pas se prévaloir d’appartenir à un Etat quelconque ».
Ce contexte est aggravé par l’existence d’autres facteurs qui favorisent l’apparition des cas d’apatridie. Il s’agit, entre autres, des migrations, des difficultés de gestion des frontières, de la marginalisation des groupes minoritaires, des défaillances administratives, des abandons d’enfants, etc.

Néanmoins, selon M. Bassirou Nignan, chargé de la lutte contre l’apatridie auprès de l’UNHCR Burkina Faso « le Burkina Faso peut être fière des progrès réalisés à six années de la date butoire pour l’éradication de l’apatridie ». En effet, en 2017, une stratégie a été élaborée en collaboration avec le Ministère de la justice, des Droits Humains et de la Promotion Civique qui vise à renforcer le système judicaire en vue de l’éradication de l’apatride au Burkina Faso. « De plus, le pays a adhéré en 2017 à la Convention de 1961 qui visent à prévenir les risques d’apatridie. »

L’UNHCR apporte également sa pierre pour soutenir l’Etat burkinabè dans ses efforts. M. Nignan nous explique qu’en avril 2018 « l’UNHCR et le Gouvernement ont délivré 5000 actes de naissances dans la région des Hauts-Bassins à travers des audiences foraines ».
Avec une artiste engagée comme Pam Luster à ses côtés, l’UNHCR espère sensibiliser les personnes vulnérables au Burkina Faso sur l’importance d’obtenir des documents d’état civil.
« Un acte de naissance est un document de vie. Dans nos sociétés modernes, ne pas posséder un acte de naissance est similaire à ne pas exister. C’est un document de base pour tout projet en société, et tous les êtres humains devraient en bénéficier, afin que nous ayons des sociétés justes, sans laissés pour compte » renchérit Pam Luster.

Justino/www.fasoamazone.net

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