Révision du nouveau code pénal: « C’est un coup de massue porté sur la presse burkinabè et les leaders d’opinion », dixit le CFOP.  

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Conférence de presse ce l'Opposition politique burkinabè (CFOP), Me Gilbert Ouédraogo de ADF/RDA et Abdoulaye Arba du PMP
Le chef de file de l’opposition politique burkinabè était face aux journalistes dans la matinée de ce mardi 25 juin 2019, à l’occasion de sa traditionnelle conférence de presse. Comme sujets à l’ordre du jour, la révision controversée du Code pénal, les examens scolaires, session 2019, la question des déplacés internes et la probable suspension des concours de la Fonction publique cette année. Autre fait marquant de cette rencontre, c’est l’incarcération de Rasmata Diallo, plus connue sous le nom de Rama la slameuse. Le CFOP qualifie cet acte, « d’action de diversion ».

C’est sur le sujet relatif à l’adoption de la loi portant modification du code pénal au Burkina Faso que le chef de file de l’opposition politique burkinabè s’est prononcé d’entrée de jeu à sa traditionnelle conférence de presse tenue ce jour 25 juin 2019 à Ouagadougou. Selon le CFOP, cette loi n’est ni plus ni moins qu’un coup de massue porté sur la presse burkinabè et les leaders d’opinion, ce qui selon elle, prouve à souhait l’absence de vision et le tâtonnement du pouvoir MPP..

Pour l’opposition, il ne s’agit point de durcir la réglementation, encore moins de chercher à se voiler la face pour croire régler le problème et surtout pour apaiser sa conscience, il s’agit plutôt d’apporter sur le terrain la réponse qui s’impose et non de chercher des boucs émissaires ou à infantiliser la presse nationale et les leaders d’opinion, en leur imposant un silence absolu sur toutes les questions liées au terrorisme. L’opposition dit être consciente que toutes les informations pouvant porter atteinte au moral des FDS ne doivent pas être communiquées.

Cependant, ce qui la dérange le plus dans cette affaire, c’est le fait que le pouvoir du MPP, cherche à faire en sorte qu’on ne parle plus des Burkinabè des provinces qui meurent en silence, au détriment du mal dont souffrent les burkinabè. Selon Me Gilbert Noël Ouédraogo, l’un des conférenciers, l’adoption de cette loi s’est faite à la hâte, sans que les principaux concernés, c’est-à-dire, les organisations professionnelles de la presse, n’aient été associées. « Et même malgré le fait que l’Opposition parlementaire ait voulu manifester ses inquiétudes lors des débats, ce fut peine perdu », a regretté le Président de l’ADF/RDA

Et le CFOP de conclure, « Par cette révision, le régime du MPP pousse les journalistes et autres leaders d’opinion à la clandestinité, ce qui risque de conduire à une situation plus dangereuse que le mal qu’ils prétendent soigner. Cette loi qui est dirigée contre les médias nationaux réduit leur force dans la concurrence, et ouvre un boulevard à la presse internationale qui risque d’avoir le monopole de l’information nationale » a indiqué Me Gilbert Noël Ouédraogo.
Qu’à cela ne tienne, l’Opposition politique dit poursuivre le combat contre cette loi qu’elle juge « liberticide ».

Les examens scolaires
Le CFOP a dépeint la situation sécuritaire dans certaines régions du pays notamment au Sahel, au Nord, à L’Est, au Centre-Nord, dans la Boucle du Mouhoun et dans le Centre-Est, qui ont conduit à la fermeture de plus d’un millier d’école. L’opposition note avec désolation que cette année, le taux de succès au BEPC est de 26 %, contre 42 % en 2018. En ce qui concerne le CEP, certes, les résultats ne sont pas encore publiés, mais l’opposition note déjà ses inquiétudes et elle se demande si le taux de 67 % enregistré l’an dernier sera atteint. Pour l’Opposition politique, ceci n’est que le résultat de la négligence manifestée par le pouvoir en place envers les travailleurs de l’Education nationale tout au long de l’année scolaire. « Les syndicats de l’Education ont diagnostiqué de véritables maux dont souffre notre système éducatif, et ont exigé que lesdits maux aient des remèdes, sans être véritablement entendus. Le bras de fer a ainsi conduit à des grèves et à des sit-in, toute chose qui a abouti à ces résultats catastrophiques », explique Me Gilbert Noël Ouédraogo.

A cela, il faut ajouter la lancinante question de l’insécurité qui fait que de nombreux scolaires ont quitté contre leur gré les chemins de l’école. Sur cette question, l’Opposition politique exige plus de transparence et demande au Gouvernement de faire le point sur le nombre d’élèves qui n’ont pas pu passer les examens scolaires du fait de l’insécurité dans leurs zones, d’éclairer l’opinion publique sur leur démarche pour la session de rattrapage, et de situer le peuple en termes de perspectives. Tout en saluant le lancement d’un projet de construction de complexes scolaires par le Président du Faso, le CFOP invite le gouvernement faire le point des écoles saccagés ou incendiés, et d’élaborer une stratégie de réhabilitation, de réouverture urgentes et de sécurisation de ces écoles.
Les déplacés internes .

Le CFOP trouve inacceptable que le gouvernement, au lieu de créer les conditions de sécurité dans les zones où les populations ont fui pour venir dans la capitale, leur demande de retourner là d’où ils sont venus, parce que Ouagadougou n’aurait pas les commodités nécessaires pour les accueillir. Pour le CFOP, le Gouvernement veut éloigner la face visible de son échec de Ouagadougou. « Il veut éloigner des caméras, le visage de misère qu’ils ont pourtant façonné. Mais, ces pauvres femmes et hommes fuyant l’horreur viennent lui rappeler que le pays est en train de sombrer, du fait de leur gestion chaotique, et que nul n’est à l’abri », est convaincu Abdoulaye ARBA, Président du PMP.

Les burkinabè toujours dans l’attente du lancement des concours directs
Contrairement à la coutume, l’Etat n’a pas encore lancé les concours de la Fonction publique session 2019. L’on se rappelle que l’année passée déjà, le nombre des poste à pourvoir avait été réduit de 40%. L’opposition politique, suspecte le Gouvernement de vouloir annuler subtilement les concours de la Fonction publique cette année. Si cela s’avérait, l’Opposition dit combattre cette décision de toutes ces forces. « Nous demandons au Ministre de la Fonction publique de se prononcer, sans ambiguïté et dans les délais les meilleurs, sur cette question qui intéresse tant la jeunesse patriotique du Burkina Faso et le peuple tout entier », a lancé Abdoulaye ARBA.

Avant de terminer, l’Opposition constate que, alors qu’aucune suite n’est donnée aux enquêtes de l’Autorité Supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE/LC) et aux dénonciations faites par le Réseau national de lutte anti-corruption (RENLAC), des actions de diversion consistant à l’interpellation d’une artiste-musicienne. Pour l’Opposition, la Justice doit être la même pour tous, et elle doit user de la même célérité dans toutes les affaires.
Anaëlle K.

www.fasoamazone.net 

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