G5 Sahel-Union européenne: Ce que le président du Faso a dit aux médias. #terrorisme et #Covid19, une question de survie.

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(Ouagadougou, 28 avril 2020).

« Nous venons de terminer en visioconférence une rencontre entre le président du Conseil européen, la présidente de la Commission européenne, le Haut-représentant de l’Union européenne. Nous avions la participation des Nations unies, de l’Union africaine à cette rencontre.

Les échanges se sont passés par visio -conférence entre les chefs d’Etat

Je dois préciser, qu’hier déjà nous avons eu une concertation entre les chefs d’Etat du G5 Sahel pour préparer la rencontre de cet après-midi, qui, non seulement au-delà de la préoccupation que nous avions au niveau du G5 Sahel, qui est une préoccupation sécuritaire, posait également la question du Covid-19 et de ses conséquences aussi bien sur le plan social, économique, que sanitaire.

Il était prévu déjà une rencontre au mois de mars, entre l’Union européenne et les pays du G5, qui n’a pas pu se tenir pour les raisons que vous connaissez. Cette rencontre que nous faisons aujourd’hui visait à faire cette reconnexion, à nous permettre de discuter des préoccupations, mais dans un cadre qui est un peu décalé, puisqu’au moment où on devait tenir cette réunion, les préoccupations étaient essentiellement sécuritaires. Mais cette fois-ci, il était évident que le Covid-19, au regard de l’impact en moins d’un mois et demi, devenait une préoccupation essentielle.

Les médias présents bien mobilisés

Ça été l’occasion de faire le point d’un certain nombre de questions qui sont relatives aux décisions que nous avons prises au moment de la rencontre de Pau, et qui concernent aussi bien les questions de sécurité, les questions de la mise en œuvre du P3S, les questions également de financements complémentaires, supplémentaires que l’Union européenne doit mettre dans le déroulement de ses différents programmes, qui concernent la sécurité, la stabilisation des pays du G5, et d’insister sur le fait que la question de la pandémie demeure pour nous une question essentielle.

Parce que de façon globale, en termes de pourcentage, plus de 35% et parfois plus, de nos économies, sont fondées sur le secteur informel qui, comme vous le savez, a des difficultés inhérentes à cette situation que nous vivons, du fait des mesures que nous sommes tenus de prendre, pour permettre effectivement d’éviter la propagation de la maladie et de couper les chaînes de la contamination.

Nous avons insisté sur le fait également que le Covid-19 a des conséquences sur des aspects démocratiques parce que beaucoup de pays aujourd’hui dans le contexte doivent aller à des élections d’ici à la fin de l’année. Il y a des conséquences économiques, puisque nous avons la baisse du taux de croissance, nous avons des baisses de recettes, alors que déjà, dans le cadre de l’insécurité, nos pays consacraient entre 20 et 30% de leur budget à la défense nationale.

Donc c’est autant de préoccupations sur lesquelles l’Union européenne s’est engagée avec nous, à ce que nous puissions rechercher ensemble les solutions, et qu’elle puisse également contribuer à aider les pays africains de façon générale, le G5 en particulier, dans le cadre de cette crise, et surtout de la relance économique après Covid. P

arce que nous n’allons pas rester en permanence, sous le feu du Covid, il faut qu’à un moment donné nous puissions relancer l’économie, permettre à tous les acteurs de pouvoir reprendre les activités, et de pouvoir contribuer au développement du pays, car rester dans un tel état, c’est signer en même temps un arrêt de mort, plus ou moins à court et moyen terme.
Nous avons salué ensemble la bonne coopération qui existe entre l’Union européenne et le G5 Sahel, et individuellement également entre l’Union européenne et nos différents pays.

Il est prévu que ce dialogue, nous puissions le maintenir pour tous les trois mois, et de manière à ce que nous puissions avancer sur un certain nombre de questions. La nécessité d’élargir la coalition que nous avons mise en place dans le cadre de la défense et de la sécurité de nos pays à d’autres Etats, qu’uniquement à l’Union européenne, c’est une préoccupation qui a été posée.

Nous avons demandé à Monsieur Charles Michel de pouvoir continuer la discussion avec les chefs d’Etat et de gouvernement européens, pour qu’également les financements qui doivent être mis en place dans le cadre du Covid, puissent se mettre en place assez rapidement pour nous permettre d’accélérer les mises en œuvre de nos différents programmes.

Évidemment tout le monde a évoqué les programmes qui ont été mis en place. On a besoin également du soutien de ces différentes structures et chacun s’engagera à le faire en fonction des programmes que nous avons déposés, et de ce qu’ils peuvent concrètement faire pour nous. Voilà la quintessence des discussions que nous avons eues, et rendez-vous est pris dans trois mois pour poursuivre ce dialogue entre l’Union européenne et le G5 Sahel.

Question de la presse : Comment les pays du G5 Sahel comptent-ils continuer à lutter contre le terrorisme dans un contexte de COVID-19 qui impacte fortement la vie politico-socio-économique ?

Roch Marc Christian Kaboré : Vous savez, on n’a même pas le choix. C’est un choix cornélien qui nous est posé, mais nous sommes tenus de nous battre sur les deux fronts. Le front déjà de la sécurisation, de la lutte contre le terrorisme doit se poursuivre, évidemment dans un contexte particulier, mais en même temps nous devons mener le combat sur le front sanitaire. Il est évident que l’ensemble de ces actions ont des conséquences importantes au plan budgétaire, puisque je vous ai dit que les conséquences économiques sont certaines.

C’est pourquoi, au-delà des efforts que chaque pays doit assumer, nous devons solliciter la communauté internationale pour pouvoir également apporter des appuis, aussi bien dans le domaine sanitaire que des appuis également financiers pour nous permettre de stabiliser le budget et de pouvoir continuer à financer un certain nombre d’objectifs.

Je dois à ce titre d’ailleurs saluer la présence des Nations unies et de l’Union africaine qui, chacun dans son domaine, contribue à aider nos pays justement pour régler les questions humanitaires et pour nous aider également dans les cas de déplacements de populations (…). On n’a pas de choix que de nous battre pour la survie dans tous les deux cas. Ça devient une question de survie ».

Transcription : Direction de la Communication de la présidence du Faso.

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