Burkina: L’Opposition politique propose la levée du couvre-feu

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L’ Hebdomadaire point de presse du Chef de file de l’Opposition Politique du Burkina(  CFOP) a eu lieu ce mardi 19 mai 2020, à Ouagadougou. Les animateurs du jours, Maître Gilbert Noël OUEDRAOGO, Président de l’ADF/ RDA,  Monsieur Abdoulaye ARBA, Président du PMP, ont évoqué différents points à l’ordre du jour, dont sur l’ actualité nationale concernant: La mort de douze présumés terroristes à la Gendarmerie de Tanwalbougou, les tensions liées à la succession à la tête du Gulmu, l’ inauguration de la statue corrigée de Thomas SANKARA, le couvre-feu instauré dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, et l’affaire de don fait par la cellule MPP du Ministère de l’eau et de l’assainissement. 

Déclaration liminaire

Bonjour, chers journalistes, et merci pour votre participation au présent point de presse ! Nous sommes au 504ème jour du drame de Yirgou.

En ce douloureux souvenir, nous demandons toujours justice pour l’ensemble des victimes de ces massacres, et interpellons la conscience collective sur les risques que font courir l’ethnicisme et le radicalisme violent à notre cher pays.

Les sujets à l’ordre du jour sont les suivants :

– la mort de douze présumés terroristes à la Gendarmerie de Tanwalbougou ;

– les tensions liées à la succession à la tête du Gulmu ;

– l’inauguration de la statue corrigée de Thomas SANKARA ;

– le couvre-feu instauré dans le cadre de la lutte contre le Covid-19

– et l’affaire de don fait par la cellule MPP du Ministère de l’eau et de l’assainissement.

Mesdames et Messieurs,

L’Opposition politique a appris la mort de douze présumés terroristes détenus dans les locaux de la gendarmerie de Tanwalbougou, dans la province du Gourma. Avant tout propos, l’Opposition présente ses sincères condoléances aux familles éplorées.

La mort des douze personnes a créé la polémique. Le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés a déclaré en effet qu’il s’agit d’exécutions sommaires.

Cette association a demandé la démission du ministre de la défense. Une enquête est aussi ouverte par le Procureur du Faso pour déterminer la cause exacte de ces décès.

Notre position a toujours été le soutien ferme à nos vaillantes Forces de défense et de sécurité. Toutefois, nous rejetons les exécutions sommaires d’où qu’elles viennent.

Les exécutions sommaires ont toujours eu cette conséquence qu’en exécutant des présumés terroristes qui devraient être jugées, nous prenons inévitablement le risque de tuer des innocents.

Des gens pourraient en profiter pour accuser et faire éliminer leurs ennemis, leurs rivaux, leurs adversaires politiques, etc.

Si nous tuons des innocents, nous créons de nouvelles vagues d’ennemis internes assoiffés de vengeance qui travailleront contre l’Etat, donc en faveur des ennemis.

Les exemples à travers le Nigéria, la Somalie et l’Afghanistan, montrent à suffisance que les exécutions sommaires ne sont pas une solution.

En jugeant les présumés terroristes, on dévoile aussi des informations qui peuvent être utiles au grand public.
Les exécutions sommaires font courir d’énormes risques à nos vaillantes FDS.

En effet, l’Armée et les institutions sécuritaires regroupant les enfants de toutes les communautés et de toutes les régions, elles peuvent connaitre des divisions internes si certaines de leurs composantes se sentent victimes d’exécutions sommaires.

En outre, nous gagnerons à coup sûr cette guerre. Mais il ne faudrait pas que dans leur repos bien mérité, nos héros soient harcelés par des procès pour crimes de guerre ou pour crimes contre l’humanité.

De ce qui précède, l’Opposition politique, tout en renouvelant son soutien aux Forces de défense et de sécurité, les encourage à plus d’efforts dans la protection des droits humains.

L’Opposition exige que toute la lumière soit faite sur la mort des douze personnes à Tanwalbougou, et que les éventuels coupables soient punis conformément à la Loi.

Mesdames et Messieurs,

Toujours dans le Gourma, nous avons suivi avec regret les tensions liées à la succession de Sa Majesté le Koupiendiéli, rappelé à Dieu le 17 août 2019.

Deux rois ont été désignés, chacun par des notables qui lui sont proches. Ainsi, le jeudi 7 mai, Midierba THIOMBIANO a été désigné pour être le nouveau roi du Gulmu.

Trois jours plus tard, le successeur désigné a fait l’objet de contestations par une partie des notables qui ont désigné Tigué Mohamed THIOMBIANO, pour succéder au Kupiendiéli.
Les rites d’intronisation des deux rois ont eu lieu respectivement le 15 et le 18 mai 2020.

L’Opposition politique souhaite que la paix et la cohésion revienne dans la famille royale du Gulmu. Elle encourage donc les parties en conflit à trouver une issue pacifique à la crise, grâce au dialogue.

L’Opposition demande à l’Administration de jouer pleinement son rôle, dans un esprit neutre et non partisan, pour éviter que ces tensions n’aboutissent à des violences.

Comme le dit un adage bien connu, « si la pluie vous bat, ne vous battez pas entre vous. » Déjà que le Gulmu vit les affres du terrorisme, cette crise de la royauté n’est pas une bonne nouvelle.

Vivement, que les cœurs s’accordent, et qu’une solution pacifique soit trouvée.

Chers journalistes,

Hier 17 mai, dans l’après-midi, a été dévoilée au Conseil de l’Entente à Ouagadougou, siège du Mémorial Thomas SANKARA, la statue corrigée du Président Thomas SANKARA trônant sur un socle où figurent les effigies de ses douze malheureux compagnons du 15 octobre 1987.

C’était en présence de familles des victimes du 15 octobre 1987, de camarades de lutte, de membres du Gouvernement, de représentants de partis politiques et d’une jeunesse fervente acquise à la cause révolutionnaire.

L’Opposition salue les efforts de réhabilitation de la mémoire de ce digne fils du Burkina dans ce qu’il représente comme somme de valeurs qu’il a su incarner avec conviction pour son pays et pour le genre humain.

L’Opposition politique regrette de n’avoir pas été associée à cette initiative nationale. Mais elle souhaite plein succès au Comité pour la suite des travaux et pour un hommage mérité au Père de la Révolution.

Hommes et femmes de médias,

Depuis le 21 mars dernier, soit il y a environ deux mois, un couvre-feu a été instauré sur l’ensemble du territoire national, dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Initialement en vigueur de 19 heures à 5 heures, le couvre-feu a été réaménagé le 17 avril et va désormais de 21 heures à 4 heures.

Par-delà les débats juridiques sur la légalité de ce couvre-feu, l’Opposition politique se pose des questions sur l’utilité actuelle de la mesure, au regard des faits suivants :
-les transports de personne ont repris, et certains longs trajets sont perturbés par le couvre-feu ;

-Des sociétés (comme les entreprises de médias) qui continuent de fonctionner la nuit, subissent des préjudices ;

– les débits de boissons et les restaurants ont rouvert, et la plupart de ces établissements rentabilisent la nuit ;
– de nouvelles mesures comme le port obligatoire de masque ont été instaurées ;

– la tendance est à une amélioration de la situation, même s’il ne faut pas baisser la garde.

De ce fait, l’Opposition propose une levée du couvre-feu, pour permettre non seulement aux entreprises de se refaire une santé après la crise, mais aussi aux citoyens de souffler après que leur liberté ait été exceptionnellement réduite pour endiguer la propagation de la pandémie.

Mesdames et Messieurs,

Dans le même registre de lutte contre le Covid-19, à travers les canaux de communication officiels du Ministère de l’Eau et de l’Assainissement, nous avons appris que la cellule MPP dudit ministère a fait don de matériels de lutte contre la pandémie. La remise du don a été faite le 15 avril dernier au ministre.

L’Opposition politique dénonce-là une politisation à outrance de l’Administration publique par le MPP. Cette politisation est d’ailleurs un frein à l’efficacité, à la cohésion et la neutralité de notre Administration. Elle est source de nominations par copinage, de laisser-faire et de corruption dans la Fonction publique.

D’ailleurs, la Loi N° 081-2015 / CNT portant statut général de la Fonction publique d’Etat, stipule en son article 44, je cite: « Le fonctionnaire doit, en toutes circonstances, assurer ses fonctions en toute impartialité et se garder de toutes attitudes discriminatoires à l’égard des usagers du service public ainsi que de tous comportements de nature à faire douter de la neutralité du service public. A ce titre, il est interdit notamment d’organiser des activités politiques ou d’installer dans l’administration publique, de manière formelle ou informelle, des cellules ou toutes formes de représentation à caractère politique. » Fin de citation.

De ce fait, l’Opposition demande le démantèlement de toutes les cellules MPP illégalement installés dans les ministères et autres structures étatiques. Elle demande aux syndicats des différents ministères et institutions de dénoncer ces cellules qui n’ont pas de raison d’être dans une Administration au service exclusif des citoyens.

CFOP / Burkina Faso 

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