4 Août 1984 – 4 Août 2020: La Révolution Démocratique et Populaire proclamée par Thomas Sankara plus que d’actualité au Burkina Faso

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4 Août 1984 – 4 Août 2020
La Révolution Démocratique et Populaire !

Il y a trente six ans, le 4 août 1984, Thomas Sankara renommait l’ancienne Haute-Volta en Burkina-Faso, le “Pays des hommes intègres“.

Un changement de nom officiel et très symbolique, destiné à rompre avec le passé colonial et à concrétiser les objectifs de la révolution sankariste dont l’objectif était « la défense des intérêts du peuple burkinabè, la réalisation de ses profondes aspirations à la liberté, à l’indépendance véritable et au progrès économique et social », c’est-à-dire libérer véritablement le pays.

C’était il y a trente six ans. En vertu d’une ordonnance du 2 août 1984, le capitaine Thomas Sankara, désireux de faire table rase du “passé réactionnaire et néocolonial“, rebaptise la Haute-Volta en République démocratique et populaire du Burkina Faso.

Le premier mot signifie “homme intègre” en langue mooré et le second “terre natale” en dioula, soit “le pays des hommes intègres“. Ses sept millions d’habitants ne sont plus des Voltaïques mais des Burkinabès.

Le drapeau de l’ancienne Haute-Volta, composé de trois bandes noire, blanche et rouge, est aussi remplacé.

Le nouvel étendard national est désormais composé de deux bandes horizontales rouge et verte, frappées d’une étoile jaune à cinq branches.

Le tout représentant respectivement les idéaux de révolution, de travail de la terre, et d’espérance.

Autre transformation : l’hymne national. La chanson Volta laisse la place au Ditanyé, ou “chant de la victoire“.

La devise nationale est elle aussi modifiée, passant de “Unité-travail-justice” à “La patrie ou la mort, nous vaincrons“.

Ce changement de nom de l’ancienne colonie française est célébré deux jours plus tard, le 4 août, jour du premier anniversaire de la révolution de Thomas Sankara.

Ce jour-là, le Conseil national révolutionnaire (CNR) organise des festivités dans tout le pays en l’honneur du nouveau Burkina Faso.

Outre les cérémonies officielles, des matchs de football et de boxe, ainsi qu’une course cycliste, sont organisés.

À Ouagadougou, les festivités sont menées par le capitaine Sankara en personne. Le jeune leader de 36 ans, qui a pris le pouvoir avec un groupe d’officiers un an plus tôt, jubile.

Au petit matin du 4 août, après une nuit de fête avec une vingtaine de proches dans son quartier général, il attrape une guitare dont il commence à gratter les cordes. Un de ses ministres et un sergent-chef lui emboîtent le pas. Le petit groupe tire l’assemblée de sa somnolence.

Parmi les convives, un invité de marque : le président ghanéen John Jerry Rawlings, dont les grandes lunettes sombres ne masquent pas l’étonnement face aux talents cachés de son hôte.

Muni de son inséparable revolver incrusté d’argent et d’ivoire, le capitaine anti-impérialiste expliquera avoir changé le nom de son pays “pour mieux appliquer notre conception révolutionnaire“.

Selon lui, « il fallait prendre des initiatives audacieuses et radicales, entre autres effacer les traces du colonialisme.

À commencer par l’appellation donnée par celui-ci à notre pays. Le nom Haute-Volta ne répondait ni à des critères géographiques ni à des critères sociologiques ou culturels ».

Trente six ans plus tard, le Burkina Faso reste connu dans le monde entier comme le “Pays des hommes intègres“.

Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara fut assassiné, dans des « circonstances troubles », lors d’un coup d’État organisé par celui qui était considéré comme son frère, l’ancien président, Blaise Compaoré.

Mais Sankara est devenu une légende, adulé bien au-delà des frontières de l’ancien berceau de la révolution sankariste. T

Sankara, assassiné pour avoir voulu véritablement décoloniser son pays, est devenu le Che Guevara de l’Afrique.

Anaelle K.

Faso amazone.net

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