Bobo-Dioulasso: Le kôkô donda, un gagne-pain pour plusieurs femmes

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21 mai 2022


Jadis considéré comme « pagne de galère », aujourd’hui le Koko Donda est très prisé par les populations. La production de ce pagne traditionnel koko donda est devenu un gagne-pain pour plusieurs femmes de la ville de Bobo-Dioulasso. Votre journal en ligne Faso amazone.net  a  effectué un tour dans les différents lieux de production et de commercialisation  pour vous, les 1 et 17 mai 2021.

Tantie Fanta en pleine production de pagnes kôkô- donda

Et ce n’est pas Tantie Fanta qui nous dira le contraireLe pagne Koko Donda tira sa source de Bobo-Dioulasso, deuxième ville du Burkina.

Depuis un certain temps, la commercialisation du Koko Donda est devenue un vrai business pour ces femmes, qui n’ont pas forcement besoin de gros moyens pour la fabrication même si la production relève d’un vrai parcours de combattant.

Dans le quartier kôkô de la ville, devant la devanture de chez Tantie Fanta, l’on peut apercevoir des tissus et des pagnes koko donda étalés sur des fils et à même le sol.

Ces pagnes de tous les motifs ou de toutes les couleurs attirent de nombreux clients qui se bousculent.  La demande est forte, très forte qu’elle n’arrive pas à tout couvrir.

Processus de production du pagne kôkô donda.

Pourtant la production de ces pagnes relève d’un parcours de combattant. Pour avoir des pagnes si beaux, (enfin aussi bien fait), il y a du chemin à parcourir, des employés à mobiliser, des sommes d’argent à réunir et enfin des dépenses à faire.

Selon la productrice de koko donda, Tantie Fanta, il faut d’abord disposer de tissu. C’est l’unité centrale dans son travail. Par la suite, ce tissu est attaché à l’aide de fils, pas n’importe comment avec minutie selon le type de motif (ou dessin) voulu sur le pagne. Les pagnes sont ensuite mis dans de grosses casseroles qui patientent tranquillement au feu. Selon le motif de koko donda voulu, l’encre est versée dans cette eau bouillante. « On laisse au feu pendant 30 à 40 minutes. Après, on descend les casseroles, on enlève les tissus, on coupe les fils. On trempe les tissus dans de l’eau (et on lave). Et on étale », détaille tantie Fanta. C’est un travail à la chaine. Et tout se fait manuellement. Les personnes qui attachent ne sont pas forcément ceux qui s’occupent de l’étape de l’encre et de la phase du feu. Obligation est faite de porter des gans pour ne pas subir la colère des eaux chaudes contenues dans les grosses poêles.

La commercialisation

Les pagnes koko donda de Tantie Fanta sont fortement demandés. C’est sur commande qu’elle produit ces pagnes depuis un certain temps. Des clients accourent mais la productrice est dans l’incapacité matérielle de couvrir la demande. « Nous avons un problème de tissus. Quand nous recevons des commandes de nos clients, on n’arrive pas à tout honorer à cause du manque de tissus.

Il y a des commandes qu’on est obligé de ne pas prendre parce qu’on sait qu’on ne pourra pas les honorer. Il y a des tissus qu’on peut chercher pendant des mois et des mois à Bobo-Dioulasso sans les avoir. On peut avoir un tissu de telle ou telle qualité aujourd’hui et faire un an sans avoir un tissu de même qualité. Pourtant, c’est en fonction de la qualité des tissus que les clients nationaux, et internationaux, viennent et font leurs commandes », souligne-t-elle.

Vers une labélisation

Sur le marché burkinabè, il n’y a pas que ces pagnes burkinabè, des acteurs internationaux produisent des tissus semblables au koko donda national. D’où l’existence d’une certaine concurrence sur le marché entre les produits. Selon nos informations, cette situation sera bientôt résolue, puisqu’ au niveau du ministère en charge du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat, des réflexions sont en cours pour labéliser ce pagne qui est une marque déposée des femmes de Bobo-Dioulasso et du Burkina Faso.

https://www.fasoamazone.net/2020/08/14/burkina-bientot-la-labelisation-du-pagnekoko-donda/

En attendant la concrétisation de ce projet de labélisation, la productrice Tantie Fanta se dit satisfaite d’apprendre cette nouvelle étant entendu que cette initiative permettra de protéger les produits burkinabè et de les distinguer des autres.

         Kalo Sanou.

Fasoamazone.net

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