Piratage des œuvres audiovisuelles : l’Association Convergence en discussion

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L’Association convergence a organisé un panel le mardi 18 octobre 2021 au siège du FESPACO autour du thème : « Piratage audiovisuel en Afrique : une menace pour toute la filière ». Un panel qui a réuni les producteurs et les réalisateurs pour réfléchir sur la nécessité de protéger la création audiovisuelle. Les panelistes sont tous des membres de l’association Convergence.

Le piratage apparait comme l’une des entraves majeures au développement de la création audiovisuelle, surtout à l’heure du numérique. Avec l’arrivé de l’internet, l’on constate aux abords des rues, des boutiques de téléchargement à moindre coût au profit des clients.

Pour protéger et valoriser la création audiovisuelle contre le piratage, l’association Convergence fait de la lutte contre le piratage, son cheval de batail. Pour ce faire, les membres de ladite association se sont réunis le mardi 18 octobre 2021 dans le cadre du FESPACO pour trouver des solutions possibles au piratage audiovisuel. Un piratage qui intervient au niveau de la diffusion de l’œuvre à travers les chaines de diffusion et au niveau de la reproduction de son vidéogramme.

Oumar SANON, chef du BBDA

Il faut noter que le consommateur est impliqué dans le piratage à cause de l’autorisation que la loi lui offre de faire une copie privée pour sa propre consommation au cas où il n’arrive pas à avoir l’œuvre sur le marché. Une autorisation qui a permis aux gens d’abuser de la copie privée et qui nuire aux créateurs audiovisuels.

Le chef du service juridique du Bureau Burkinabè du Droit d’auteur (BBDA) Oumar SANON a indiqué que cette copie privée a été limitée à des cas spéciaux à l’exploitation normal de l’œuvre et que cela n’apporte pas un intérêt injustifié dommageable aux intérêt de l’auteur. « Malgré la limitation de la copie privée, les gens abusent toujours d’elle pour faire de la reproduction illicite », a-t-il déploré. Il conseille les producteurs à se battre pour insérer des mesures techniques de protection dans leurs supports par les verrouillages des œuvres.

N’Nguessan KOUAME, DG de AFRIKATOON

Abel N’Nguessan KOUAME DG AFRIKATOON intervient dans le même sens en disant que le travail va être au niveau des producteurs qui doivent s’intéresser aux nouvelles technologies car dit-il, le mode de payement par carte n’est pas très populaire. « Il y a des modes de payement qui ne sont pas disponible sur les plateformes. Il faut qu’on arrive à réfléchir et trouver une solution intelligente par rapport à cela », suggère M. KOUAME.

Il a souligné que de nos jours, il y a une disposition qui réprime la diffusion des œuvres dans l’espace numérique mais une question de principe de territorialité se pose.

Il s’agit de la diffusion des œuvres en ligne. Le pirate qui est installé au Mali par exemple en train de télécharger l’œuvre, et le site internet appartient à un camerounais qui est hébergé au Canada alors sur quel dispositif législatif faut-il réprimer le pirate ?

Quelles solutions pour des gens de boutique orange money qui téléchargent des œuvres et les vendre à moindre coût aux clients ? faut-il réprimer ou contractualiser avec ces pirates ?

Issouf SARE, DG de la télévision BF1

Le DG de la télévision BF1 Issouf SARE, membre de Convergence a proposé des pistes de réflexion pour permettre aux créateurs audiovisuels de vivre dignement de leur création. Pour lui, il est du rôle régalien de l’Etat, de créer un environnement favorable et sécurisant pour les acteurs qui évoluent dans l’audiovisuel. « Il faut que nos Etats adoptent des lois et les mettre en application. Ils ont l’obligation de protéger ces différents entrepreneurs de sorte à ce qu’ils puissent entreprendre de façon sereine. L’Etat peut aller sur la sensibilisation car beaucoup de personne pirate sans savoir que c’est un délit ou un problème moral qui est posé. Il faut sensibiliser les consommateurs sur la nécessité de consommer des produits licite pour donner des moyens aux acteurs, de continuer leurs activités », propose M. SARE.

Ensuite, il faut essayer de trouver des moyens de réparation pour ceux qui achètent la copie privée qui est une tentative de réparation.  « Au moment qu’on adoptait la loi sur la copie privée, il n’y avait pas encore des écrans, maintenant qu’on les a, arrêter la piraterie de façon complète serait un leurre. Par contre, les fournisseur d’accès internet sont des gens qui, du fait de leurs activités, facilitent les téléchargements illicites. Il faut que l’Etat met un dispositif pour qu’ils contribue à réparer les préjudices qu’ils font subir aux entrepreneurs » explique M. SARE.

Au niveau des consommateurs, il faut amener les consommateurs à avoir une certaine éthique dans la consommation des produits audiovisuels. Pour M. SARE, si les consommateurs savent qu’ils font de la consommation illicite, certains prendront conscience et à défaut d’anéantir totalement la piraterie, on pourrait juguler ce phénomène.

Béatrice DAMIBA, présidente de l’association Convergence

A la suite des différentes interventions, la présidente de l’association Convergence Beatrice DAMIBA s’est réjouie des échanges qui ont aboutis à trouver de nouvelles pistes de réflexion en vue de protéger les créateurs d’audiovisuels.  « Chaque fois que nous nous rencontrons, se sont de nouvelles pistes que nous découvrons et (…) nous essayons de porter ces idées que nous récoltons au niveau de qui de droit », a-t-elle mentionné.

En rappel, Convergence est une structure associative de protection et de valorisions de la création audiovisuelle en Afrique.

Jeanne Z. LAYA/wwwfasoamazone.net

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