Burkina : vers un échiquier constitutionnel ?

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Le président du Faso, le président du MPSR, le Lieutenant colonel Paul Henri Sandaogo DAMIBA

13 février 2022

Le Conseil constitutionnel a officiellement validé, lors de sa séance du 8 février 2022, la vacance de poste  de la Présidence du Faso. Une validation qui donne droit au Lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) de prêter serment en qualité de Président du Faso, devant le Conseil constitutionnel.

A cet effet, il assuré la continuité de la gestion des affaires étatiques en attendant la mise en place des organes de Transition.

Une telle décision a suscité des remous dans l’opinion publique burkinabe. Si certains pensent que c’est normal pour un régime d’exception de procéder ainsi, d’autres intellectuels prouvent qu’elle est anti démocratique.

 » La deuxième décision rendue le 8 février 2022 par le Conseil constitutionnel portant « dévolution des fonctions du Président du Faso » est une catastrophe constitutionnelle », s’est exprimé le Pr Abdoulaye Soma. Celui-ci a indiqué que l’acte de l’instance judiciaire  » tue le droit constitutionnel, en même temps qu’il tue l’autorité du Conseil lui-même ». Mieux, le constitutionnaliste SOMA,  a fait savoir qu’il faut éviter les erreurs techniques qui compromettent tout.

Le journaliste Adama Ouédraogo, tout en acceptant les propos du Pr Soma, s’est fait entendre en ces termes : << En 2014, c’est la volonté du peuple qui s’est exprimée ; autant on peut soutenir que le putsch du 24 janvier 2022 répond à la volonté populaire.

Dès lors que le Conseil constitutionnel a validé tous les actes de rafistolage juridique en 2014, il n’y a aucune raison que les juges constitutionnels ne fassent pas la même chose aujourd’hui pour valider les actes du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) >>.  A dit Adama Damiss.

Le journaliste poursuit son analyse dans les colonnes du Fasonet en rappelant la réflexion du Bâtonnier Mamadou Sawadogo dans la préface de son livre intitulé : << Le chemin de croix d’un prisonnier politique >> . Nous fermons les yeux quand il s’agit de nos amis, mais dénonçons avec force lorsque les mêmes faits sont commis par des personnes qui ne présentent pour nous aucun intérêt. La République doit être fondée sur l’égalité de tous devant la loi ».

Ce que l’on doit comprendre de cette décision du Conseil constitutionnel, c’est que dans un régime d’exception comme le MPSR, il faut des décisions exceptionnelles.

A quoi bon de critiquer un processus démocratique enclenché dans le seul but d’une refondation nationale? Retenons tout de même que chaque Burkinabè a droit à donner son avis, pourvu que cela soit dans l’intérêt supérieur de la nation.

Or, la genèse de cette institution spécifique est partie de l’éclatement de la Cour Suprême qui répondait au vœu du collège de sages et aux conclusions du forum national sur la justice. Elle succède à la chambre constitutionnelle qui a vu le jour à un moment où en Afrique, le paysage institutionnel était marqué par la floraison de juridictions constitutionnelles du fait de la transition démocratique. Son quitus au syndrome de l’avènement du MPSR est-il en faute quand on sait que l’Assemblée nationale est dissoute ?

La rédaction
Faso amazone.net

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