Congo: L’artiste musicienne Tshala Muana, « la reine du Mutuashi», n’est plus

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Tshala Muana est morte le samedi 10 décembre 2022,  à l’âge de 64 ans à Kinshasa. Mamu Nationale » quitte la terre des hommes à 64 ans, dont plus de 40 de carrière musicale. » Surnommée « Mamu Nationale » et « la reine du Mutuashi », un genre traditionnel du Kasaï, Tshala Muana était également très connue en Afrique de l’Ouest, notamment au Bénin.

« Elle savait magnifier cette culture de notre pays, témoigne le journaliste Jean-Marie Kassamba. C’était une grande dame, un cœur, une grande professionnelle, une femme de convictions. Personne ne parlera de la culture Luba [nom de la tribu de Tshala Muana, ] On l’appelait « Mamu Nationale« , parce qu’elle incarnait justement cette maternité. »

En 1997, Tshala Muana rentre au pays pour militer aux côtés du nouveau président Laurent-Désiré Kabila. Elle devient députée grâce à ce dernier et à son combat pour les femmes, mais elle est vite rattrapée par sa première passion, la musique. « L’album Malu qui annonce avec fracas son retour sur scène, explique Mamie Ilela, de la Radio télévision nationale congolaise. « Mamu Nationale » quitte la terre des hommes à 64 ans, dont plus de 40 de carrière musicale. »

Intronisée par les chefs coutumiers du Grand Kasaï pour sa contribution à la valorisation de la culture Luba, du nom de sa tribu, Tshala Muana a reçu plusieurs décorations tout au long de sa carrière musicale.

L’artiste congolaise Tshala Muana, ici aux côtés des chanteurs Koffi Olomide (droite) et Werrason lors des funérailles de la superstar de la rumba congolaise Tabu Leyy Rochereau, à Kinshasa le 9 décembre 2013. © Junior D. Kannah / AFP

À Cotonou, où elle s’est produite plusieurs fois en concert, Tshala Muana était omniprésente dans la programmation des radios et des boîtes de nuit. Son décès rappelle des souvenirs aux mélomanes des années 1980 et bien au-delà, rapporte notre correspondant à Cotonou, Jean-Luc Aplogan.

Tshala Muana quand est état jeune fille

« Mon papa m’a montré une photo avec Tshala Muana, c’était lors d’un concert à Cotonou », raconte un passant. « Quand on faisait les soirées, quand il n’y a pas de titres de Tsahala Muana, il n’y a pas de soirée », résume un autre. « Quand ma maman l’entendait chanter, elle nous demandait d’augmenter le volume de la radio » ; « tout d’abord, elle est belle, elle chante bien, elle danse bien… »

Pour les Béninois, une reine est morte : celle du Mutuashi, une danse avec jeu de bassin, coup de reins, nombril dévêtu, et jupe fendue sur le côté. Une chorégraphie ou une séquence Mutuashi sur scène était toujours parmi les moments forts des concerts de Tshala Muana, qui déclenchaient beaucoup de fantasmes dans le public.

Il n’y a pas que la danse. Dans un de ses tubes, la chanteuse rassure une rivale qui lui vole son homme et lui dit, « Amina, je ne vais pas te garder rancune, l’homme est comme un lit d’hôpital qui reçoit tous les malades, si c’est  pas moi, c’est toi », si c’est pas toi c’est moi. Walaî je m’en vais jeter cauris oho, je m’en vais jeter cauris. TOURÉ me reviendra lundi oho, me reviendra lundi…..

 

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