Jeunes Activistes Pour l’Abandon du Mariage d’Enfants(JAPAME): Des membres outillés pour une campagne digitale

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La CONAMEB en collaboration avec l’UNICEF a initié un atelier de formation les 4, 5 et 6 septembre 2023, sur le lien « Education et Mariage d’Enfants » pour la réalisation d’une campagne digitale sur le maintien des filles à l’école à l’endroit des membres de la maison de la Femme de Ouagadougou. Une initiative dont l’objectif à terme est d’amener les membres du JAPAME à établir un programme de campagne digitale et enfin concevoir des slogans pour la campagne digitale.

Selon l’Enquête Démographique et de Santé (EDS 2010), au Burkina Faso 10% des femmes se sont mariées avant l’âge de 15 ans et 52% des femmes avant l’âge de 18 ans. Toutes les régions du pays sont concernées par le phénomène ; mais les plus touchées sont : la région du sahel 76%, l’Est 72 %, le centre Nord 62 %, les Cascades 60 % et la Boucle du Mouhoun 57%. Le mariage des enfants constitue une violation des droits humains.

Les participant(es)s

La pratique est tributaire de facteurs complexes et différents d’un contexte à l’autre, notamment les inégalités de genre, la pauvreté, les normes sociales discriminatoires à l’égard des filles, le droit coutumier ou religieux qui tolère la pratique et les lacunes du cadre législatif et du système d’enregistrement civil. En outre, selon le rapport de l’étude pays SIGI du Burkina, publié en 2018, « Le mariage précoce, répandu et persistant, discrimine particulièrement les filles ».

Egalement, l’UNICEF indique qu’au Burkina Faso, depuis 2015, l’accès à l’éducation a significativement décru pour les enfants : 1 enfant sur 2 entre 6 et 16 ans est en dehors de l’école, et cela représente plus de 3. 300  000 enfants.

Les raisons sont multiples mais l’UNICEF et ses partenaires, en appui aux autorités, accentuent le plaidoyer et les efforts afin que chaque enfant puisse bénéficier de son droit à l’éducation. Elle appuie la reprise de l’éducation pour les enfants en dehors de l’école, l’augmentation des capacités des écoles hôtes et à l’amélioration dispensée en situation d’urgence.

Mme Yerbanga Eulalie, championne nationale de la lutte contre le mariage d’enfants

Le lien entre le mariage des enfants et l’éducation des filles est à double sens et les décisions prises en la matière sont complexes et influencées par une variété de facteurs.

Par exemple, une fille qui abandonne l’école pour une raison ou pour une autre peut se retrouver face à un manque de possibilités autres que le mariage.

À l’inverse, une fille mariée pendant l’enfance peut être contrainte à abandonner l’école.

Les participant(es)s

La scolarisation des filles, leur maintien à l’école pour achever leur éducation constituent donc le meilleur moyen de prévenir, voir mettre fin au mariage des enfants.

Inversement, le mariage des enfants continue considérablement de restreindre l’accès des filles à une éducation de qualité.
Peu importe la raison de l’abandon scolaire d’une fille, une fois mariée, elle aura beaucoup de difficulté à reprendre ses études.

Noelie Sinaré, representante d’association membre de la CONAMEB

Pour prévenir et éliminer le mariage d’enfants qui est une violation des droits des enfants particulièrement des filles l’État Burkinabè a adopté en 2015, une politique nationale dont le but est d’éliminer à l’horizon 2025 le mariage d’enfants au Burkina Faso.

Et pour Eulalie YERBANGA, coordonnatrice de la Coalition Nationale contre le Mariage d’Enfants CONAMEB : « C’est une situation qui demeure préoccupante au Burkina Faso et qui a amené la coalition dont le souci est de contribuer à la mise en œuvre de cette stratégie, mener des actions dans plusieurs domaines: plaidoyers, formations, sensibilisation, prise en charge des victimes, à mettre en place en 2021, le JAPAME (Jeunes Activistes Pour l’Abandon du Mariage d’enfants).

Les participant(es)s

Ce réseau, par ses publications dans les réseaux sociaux contribue fortement à la lutte contre le mariage d’enfants. C’est ainsi qu’avec le soutien technique et financier de l’UNICEF, la CONAMEB va renforcer les capacités de 15 membres du JAPAME sur le lien qui existe entre l’éducation et le mariage d’enfants et les soutenir dans la réalisation d’une campagne digitale dont le but est de sensibiliser par les réseaux sociaux, les communautés à scolariser, accompagner les filles pour réussir.

Ben Abdoul Aziz Sawadogo, membre de JAPAME

Ce qui mettrait fin au mariage d’enfant dans notre pays ».
Une initiative dont les objectifs sont de : renforcer les capacités de 15 membres du JAPAME sur l’éducation en lien avec le mariage d’enfants(ME), afin qu’ils mènent une campagne digitale; former ces membres du JAPAME sur la politique en matière d’éducation au Burkina Faso en lien avec le ME ; faire l’état des lieux du phénomène du ME, la stratégie de lutte au Burkina aux participants et mettre en évidence l’éducation comme solution à la fin du mariage d’enfants; établir un programme de campagne digitale et enfin concevoir des slogans pour la campagne digitale.

Cette formation qui a été assurée par une équipe composée des membres de la CN-EPT, de la CONAMEB et de Amnesty Burkina a permis de présenter trois jours durant aux participants des communications sur les thématiques suivantes : la problématique du mariage d’enfants, la stratégie de lutte contre le mariage d’enfants au BF, la théorie de changement de la CONAMEB, la situation de la scolarisation des filles au BF, quelles réponses du gouvernement en vue d’améliorer l’accès, le maintien et la réussite des filles à l’école, bâtir une campagne digitale en lien avec le mariage des enfants.

Des travaux en atelier ont également permis d’élaborer des slogans et de faire la programmation de la campagne digitale.

Claudine Ouedraogo

Fasoamazone.net

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