Saly Kièma : « Le Cauris d’or nourrit son homme au Burkina »

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Saly Kièma(en rouge), avec une de ses clientes de "Sig-yaar", de Bargho à Ouagadougou, avec son carnet et cachet en main,

Saly Kièma, est une passionnée du « Cauris d’Or « . Elle en a fait son activité principale, son gagne pain en somme. Nous l’avons rencontrée ce 26 février 2024, au marché Sig-yaar (assoies toi), situé dans le quartier de Bargho à Ouagadougou. C’est avec enthousiasme qu’elle nous explique ce que c’est le cauris d’or, et comment elle y procède.

Elle se nomme Saly Kièma, une jeune femme, de près de 25 ans, mère au foyer de trois enfants, entreprenante dans le domaine du Cauris d’or, à Ouagadougou, résidant dans le  quartier Bargho. Chaque soir de 14 à 18 heures, elle sillonne les yaars (marchés) des quartiers périphériques, vers la sortie Est de la capitale, comme Nioko1, Bargho, Sig-yaar,etc et certains domiciles, ateliers et salons de femmes à la rencontre de ses clientes. C’est dans ce cadre que nous l’avons rencontrée. Elle nous explique comment elle procède.

Mais tout d’abord qu’est ce que le « Cauris d’or »?

Pour Saly Kièma, » le cauris d’or » est une activité féminine, conçue par des femmes, qui a pour cible la gente féminine. Elle est une autre forme d’économie locale, de banque informelle, qui consiste à collecter de l’argent auprès de ses clientes, tous les jours de la semaine, ensuite de les garder et enfin à chaque fin de mois les rétrocéder à sa propriétaire moyennant un intérêt. « Il faut noter que ces clientes sont souvent des commerçantes, vendeuses, coiffeuses, couturières, ou exerçant dans le secteur informel ». Selon dame Saly.

Chaque jour certaines donnent 500FCFA, d’autres versent 1000FCFA, 2000FCFA, 2500FCFA, etc. Cela dépend des moyens de tout un chacun. Chaque fin du mois, la somme versée est totalisée pour la cliente. Si elle avait versé 250FCFA par jour, elle reçoit 9000FCFA avec un prélèvement de 500FCFA, comme frais de dépôt. Pour 1000FCFA, la cliente à 30.000FCFA, avec une rétention de 1000FCFA, pour 2000FCFA, elle repart avec 60.000FCFA, pour 5000FCFA par jour, 150.000FCFA, à la fin du mois. De nos jours, nous ne prenons plus la somme de 100FCFA, en plus il faut un cachet, parce que le carnet coûte déjà 100FCFA. Signalons que la cliente peut nous confier son argent durant 06 mois, mais pas au delà. Nous avons ouvert un compte dans une banque de la place pour épargne. Il n’y a pas de somme fixe, cela dépend des moyens et de l’avoir de tout un chacun.

Soulignons que les femmes fonctionnaires procèdent par des tontines d’argent, de pagnes, de 05 à 10 jours, de 5500FCFA par exemple. Les 500FCFA reviennent à la mère tontine. Tous ces procédés, pour dame Saly Kièma, sont une forme de solidarité à l’africaine. Pour elle le cauris d’or nourrit son âme au Burkina. En ce qui concerne les difficultés, certes elles ne manquent pas, mais il faut surtout être disponible, sérieuse dans la gestion des sous, respectueuse de ses clientes, avoir leur confiance, l’amour de la chose.., a t-elle expliqué.

Doloman

FasoAmazone.net

 

 

 

 

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