
Le Comité national de lutte contre la drogue (CNLD) a tenu ce vendredi 29 mai 2026 sa 21e assemblée générale ordinaire dans la salle de délibération de la mairie centrale de Ouagadougou. Une rencontre stratégique placée sous la présidence du ministre de la Sécurité, représenté par le gouverneur de la région du Kadiogo, Abdoulaye Bassinga.

Cette session a réuni les principaux acteurs engagés dans la lutte contre le trafic et la consommation de drogues au Burkina Faso, dans un contexte marqué par la montée des défis sécuritaires et sociaux liés aux stupéfiants.

Une menace sécuritaire, sociale et économique
Dans son discours d’ouverture, le gouverneur Abdoulaye Bassinga a dressé un tableau préoccupant de la situation.
« Le phénomène de la drogue constitue une menace transversale qui affecte profondément nos sociétés. Au-delà des conséquences sanitaires et sociales, il représente un véritable défi sécuritaire et économique », a-t-il déclaré.

Le gouverneur a également mis en garde contre les liens entre trafic de drogue, criminalité organisée et terrorisme dans la sous-région.
« La circulation des stupéfiants et des médicaments illicites alimente les réseaux criminels, favorise le blanchiment de capitaux, entretient la délinquance et contribue au financement des groupes armés terroristes », a-t-il ajouté.
Selon lui, les jeunes restent les principales cibles des réseaux de trafic, profitant souvent de leur vulnérabilité sociale et économique.
Plus de 400 000 personnes sensibilisées en 2025
Le directeur de cabinet du ministre de la Sécurité, le commissaire divisionnaire de police Emmanuel Zongo, a qualifié la drogue de « pandémie complexe » aux lourdes conséquences socio-économiques.

De son côté, le secrétaire permanent du CNLD, le commissaire divisionnaire de police Boukary Traoré, a présenté le bilan des activités menées en 2025.
Selon ses explications, le CNLD a intensifié ses actions de prévention, de répression et de prise en charge des personnes affectées.
« Plus de 400 000 personnes ont été sensibilisées à travers des émissions radio et télévisées sur les conséquences de la drogue », a-t-il indiqué.

Une nouvelle stratégie nationale pour 2026-2030
Face à l’ampleur du phénomène, le Burkina Faso se dote désormais d’une Stratégie nationale de lutte contre la drogue 2026-2030.
Élaborée de manière participative, cette stratégie repose sur quatre axes prioritaires :
.le renforcement de la sensibilisation des populations ;
.l’amélioration de la prise en charge médico-psycho-sociale et de la réinsertion ;
.le renforcement de la lutte contre l’offre et la demande de drogue ;
.et l’amélioration de la gouvernance ainsi que du financement du dispositif national de lutte.

Prévention, répression, prise en charge et mobilisation collective sont au cœur de cette nouvelle vision.
Un appel à une mobilisation collective
Les autorités ont insisté sur la nécessité d’une synergie d’action impliquant l’État, les collectivités territoriales, les organisations de la société civile, les communautés locales ainsi que les partenaires techniques et financiers.
À l’issue de cette 21e assemblée générale, de nouvelles recommandations sont attendues pour renforcer la lutte contre un phénomène considéré comme l’un des fléaux majeurs menaçant la jeunesse burkinabè.
Au Burkina Faso comme ailleurs dans le monde, la lutte contre la drogue apparaît désormais comme un enjeu crucial de sécurité, de santé publique et de stabilité sociale.

Pascal K.














