
La fermeture d’Allah Ti Kouma marque une nouvelle étape dans un dossier qui a longtemps suscité débats et interrogations. Mais une question demeure : que devient le phénomène lorsque le lieu disparaît ? Entre prostitution, stupéfiants, précarité et vulnérabilités sociales, l’après-fermeture mérite d’être regardé au-delà du simple fait divers.
Une fermeture qui ouvre une nouvelle question
La fermeture d’un site peut constituer une réponse à des pratiques jugées illégales ou problématiques. Elle peut également répondre à des préoccupations de sécurité et d’ordre public.
Mais elle ne fait pas nécessairement disparaître les réalités sociales qui ont contribué à faire vivre le lieu.
C’est précisément là que commence la réflexion.
Allah Ti Kouma fermé, le phénomène est-il terminé ou risque-t-il simplement de changer de forme ?
Le lieu disparaît, mais les vulnérabilités restent
Derrière la prostitution et les problématiques liées aux stupéfiants peuvent se trouver des situations très différentes : précarité économique, absence de revenus stables, dépendance, exploitation, violences ou parcours personnels difficiles.
Toutes les personnes présentes sur un même site ne peuvent évidemment pas être placées dans la même catégorie.
C’est pourquoi l’après-fermeture doit être pensé avec discernement.
Une activité peut-elle se déplacer ?
Lorsqu’un espace physique disparaît, certaines activités peuvent chercher d’autres lieux ou d’autres modes de fonctionnement.
Les rencontres peuvent notamment passer par des espaces privés ou numériques. Mais il appartient aux autorités et aux acteurs de terrain d’établir, faits à l’appui, si de tels déplacements se produisent réellement.
La question mérite donc d’être surveillée plutôt que supposée.
Et maintenant ?
L’enjeu ne consiste pas seulement à fermer.
Il faut également prévenir, protéger et accompagner.
La lutte contre les trafics et l’exploitation doit aller de pair avec des réponses aux vulnérabilités économiques et sociales.
Fermer une porte peut mettre fin à une activité en un lieu. S’attaquer aux causes profondes permet d’éviter qu’elle ne réapparaisse ailleurs.
À Allah Ti Kouma, l’après-fermeture pourrait donc être aussi important que la fermeture elle-même.
Horossi
L’Information au Service du Genre
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